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Les députés interpellent Abdelilah Benkirane sur la crise économique : L’USFP dresse le bilan d’une séance de contrôle «loin d’être parfaite»




Les députés interpellent Abdelilah Benkirane sur la crise économique : L’USFP dresse le bilan d’une séance de contrôle «loin d’être parfaite»
Et de trois pour le chef du gouvernement face aux questions des députés. Lundi 13 août, quelques heures avant la clôture de la session de printemps de la première Chambre, les députés devaient accueillir Abdelilah Benkirane  pour la désormais traditionnelle séance de questions au chef du gouvernement.
L’interpellation du chef du gouvernement sur la politique générale suivie par son Exécutif est, à la faveur de la réforme de la Constitution, une disposition de la Loi fondamentale. A la troisième séance, l’opposition parlementaire est prompte à dresser un premier bilan de ces séances constitutionnelles où M. Benkirane répond aux interpellations du Parlement qui en contrôle la politique générale. A l’Union socialiste des forces populaires, un premier constat tombe : «peut mieux faire». «Cette séance est importante. Le processus de contrôle du chef du gouvernement est un acquis indéniable et il faut le mettre en œuvre malgré tous les défauts d’une telle séance consacrée aux questions au chef du gouvernement. Le Groupe parlementaire de l’USFP a émis des réserves quant à la gestion de cette séance mais nous nous interdisons de faire du blocage, parce que le contrôle du chef du gouvernement et de l’Exécutif par le Parlement est un maillon essentiel de la démocratie», explique Ahmed Zaidi, le président du Groupe parlementaire socialiste à la Chambre des députés.
Les réserves usfpéistes ont d’abord trait à la forme. «En lieu et place d’une séance figée car réglée à l’avance par des questions-réponses, nous aurions préféré un vrai dialogue avec le chef du gouvernement. Un dialogue libre qui verrait la participation de tous», indique le député usfpéiste Ahmed Zaidi.
La question du temps de parole continue, elle aussi, de diviser majorité et opposition. Au commencement, le gouvernement et sa majorité se sont accaparé la part du lion en s’accordant les _ du temps de parole laissant seulement _ à l’ensemble des groupes de l’opposition. «Pouvons-nous sérieusement  débattre de la crise économique  par exemple en 7 minutes ? Nous avons protesté contre cette inéquité et ce déséquilibre et exprimé de nouveau nos réserves en refusant toutefois que le processus soit bloqué», affirme celui qui préside aux destinées du Groupe parlementaire socialiste à la Chambre basse.
Une légère modification a été apportée à la gestion «temps» de la séance de contrôle du chef du gouvernement : gouvernement, majorité et opposition devaient disposer, chacun, du tiers du temps de parole. Sauf qu’Abdelilah Benkirane a réclamé 15 minutes supplémentaires pour ses réponses. Ce que sa majorité s’est empressée de lui accorder !

Fini le mythe d’un Maroc
épargné par la crise !


Forme, gestion du temps mais aussi jour choisi pour la tenue de cette séance où Abdelilah Benkirane est la guest star à la chambre des députés. Là encore, les socialistes ont exprimé leur désaccord. Le chef du gouvernement se rend chez les députés les lundis. Problème : lundi est le jour consacré pour la séance des questions orales au gouvernement. «C’est une atteinte à la Constitution.
Les questions orales à l’Exécutif sont une séance constitutionnelle. En faisant intervenir le chef du gouvernement un lundi, on se retrouve avec trois séances de questions orales mensuelles au lieu de quatre. Et qu’on ne vienne surtout pas nous dire que l’interpellation du chef de l’Exécutif est également un contrôle du gouvernement. Celui-ci est contrôlé sur des questions de politique générale. Quant aux ministres, ils le sont, eux, au niveau sectoriel», précise le député de Bouznika.
Ce lundi 13 août, le chef du gouvernement est de nouveau devant les députés sur une thématique qui s’est imposée d’elle-même. C’est sur la crise économique et financière qui frappe le Maroc que M. Benkirane est interpellé. Après les dernières déclarations alarmistes du ministre de l’Economie et des Finances faites en commission parlementaire des finances, la crise, et surtout les solutions pour en sortir, ne pouvaient plus être tues, occultées, gommées. «Des déclarations ministérielles, un tableau de bord avec des clignotants au rouge et  des chiffres officiels qui disent combien la situation est catastrophique. Fini le mythe selon lequel notre pays est épargné par la crise internationale !», soupire Ahmed Zaïdi avant de noter que cette déclaration a été faite six mois après que le gouvernement Benkirane a pris les commandes du pouvoir. A cette séance, l’USFP a bien l’intention de se comporter en opposition «constructive et citoyenne». «Le diagnostic est connu, nous n’allons pas le faire. Nous allons faire au contraire des propositions concrètes pour contribuer à sortir le Maroc de la crise. Majorité et opposition, nous sommes tous concernés. Nous sommes dans le même bateau».
 Pour ce membre du Bureau politique du parti de la Rose, la reconnaissance d’une crise annoncée s’est faite bien tardivement. «Mais plus inquiétant encore, on a l’impression que cet Exécutif n’a pas encore pris conscience de la gravité de la situation. Crise ou pas crise, il continue d’utiliser les mêmes méthodes, les mêmes procédés, avec des déclarations irréfléchies et des menaces de démissions. Sans parler de M. Benkirane qui n’en finit pas d’affirmer à qui veut l’entendre qu’il n’est qu’un simple Premier ministre. Alors pourquoi avons-nous procédé à une réforme de la Constitution qui consacre la séparation des pouvoirs et accorde de larges prérogatives au chef du gouvernement ? Pourquoi avons-nous organisé des élections ?  Et à quoi ont servi ces années de militantisme, de combat, de sacrifices pour que la démocratie permette à M. Benkirane d’accéder au pouvoir ?», s’interroge avec amertume A. Zaidi.

Narjis Rerhaye
Mardi 14 Août 2012

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