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Les défenseurs des droits de l’Homme appellent au respect des migrants




Les défenseurs des droits de l’Homme appellent au respect des migrants
La nouvelle politique migratoire marocaine trouve grâce aux yeux des défenseurs des droits de l’Homme. Michel Tubiana, président du Réseau euro-méditerranéen des droits de l'Homme (REMDH) s’est dit satisfait de la politique de régularisation des migrants irréguliers entamée depuis quelques mois par le Royaume. Il estime que cette politique constitue une autre réponse à la question migratoire à l’opposé de la solution sécuritaire adoptée par l’UE basée sur la méthode forte (la mise en place du Frontex et la fermeture des frontières). Notamment, dans un contexte où les flux migratoires s’opèrent à 50% entre les pays du Sud entre eux et non entre le Sud et le Nord. «L’image des migrants entassés aux frontières attendant le moment opportun pour envahir l’Europe, ne sont aujourd’hui que des fantasmes et je suis très heureux que les fonds de l’UE servent à assurer l’intégration de la population régularisée par les autorités marocaines», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse organisée vendredi dernier en marge du Forum mondial des droits de l'Homme tenu à Marrakech. 
Pourtant, Michel Tubiana a tenu à préciser que la gestion des flux migratoires n’est pas chose aisée. Pour lui, la liberté de circulation mentionnée par les conventions internationales peine à se concrétiser et demeure jusqu’à aujourd’hui un objectif lointain. Mais, cela n’empêche pas, selon lui, de respecter les droits des gens qui cherchent d’autres horizons et surtout ne pas instrumentaliser leurs drames. «Il y a des droits minimums qu’on ne peut pas ignorer, quels qu’en soient le coût ou les conséquences», a-t-il précisé.  
Même constat de la part de José Luis Zapatero, ancien Premier ministre espagnol, qui estime que la gestion des flux migratoires demeure très difficile. C’est pourquoi, il a appelé à davantage de prudence et de vigilance concernant ce dossier.  Cependant, il pense que la résolution de ce problème ne réside pas dans la fermeture des frontières mais plutôt dans la coopération pour le développement. « Lors de mon mandat en tant que Premier ministre, on a mis un plan visant à renforcer les investissements dans les pays africains d’où viennent les migrants comme le cas pour le Sénégal et le Mali et les résultats ne se sont pas fait attendre puisque on est arrivé à faire baisser le flux des migrants », a-t-il expliqué. Pour lui, financer le développement dans les pays africains notamment ceux de départ des migrants est une obligation pour l’Europe qui semble échouer à assumer ce devoir comme en atteste l’insuffisance des fonds alloués, a-t-il  conclu. 
La thématique de migration et les droits de l’Homme a été également discutée intensément lors d’un atelier sur les dynamiques migratoires au croissement des expériences et des perspectives, organisé le samedi. Les participants à ce forum thématique sont partis d’un constat : les morts et les violences envers les migrants, particulièrement aux frontières, ont atteint un niveau inacceptable et  que les 15 dernières années ont été marquées par une prolifération des législations qui, paradoxalement, ont conduit à réduire les droits des migrants, voire à les retirer («droits négatifs»). Le recours à la détention lié au statut des migrants n’a cessé d’augmenter.
Pour faire face à cette situation, les intervenants à cette table ronde ont recommandé de ratifier la Convention sur travailleurs migrants, garantir l’égalité d’accès au marché du travail, assurer l’accès aux soins et à l’éducation et lutter contre les discriminations. Ils ont également appelé à mettre en place des mécanismes contraignants de protection des droits des migrants aux frontières et des mécanismes de protection des victimes de la traite d’êtres humains, à commencer par la délivrance de titres de séjour, pour leur donner les moyens de se soustraire aux réseaux mafieux et d’accéder aux mécanismes et structures de protection.    

DNES : Hassan Bentaleb
Lundi 1 Décembre 2014

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