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Les cumuls très halal du PJD








Cinq ministres et des poussières en lice pour les régionales



La bataille menée il y a quelques mois par le PJD pour le cumul des mandats a fini par révéler ses secrets. En effet, cinq ministres du parti de la Lampe ont été désignés comme candidats aux élections régionales prévues prochainement.  Il s’agit de Abdelaziz Rabbah, ministre de l’Equipment et du Transport , Bassima Hakkaoui, de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement social, Driss El Azami, ministre délégué auprès du ministre de l'Economie et des Finances chargé du Budget, Abdelaziz El Ammari, ministre chargé des Relations avec le Parlement et la Société civile et Lahcen Daoudi, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Formation des cadres. Un ancien ministre fait également partie de cette liste. Il s’agit de Habib Choubani, en l’occurrence de l’homme qui a annoncé,  et à la surprise de tous les parlementaires lors de la deuxième lecture du  projet de loi organique 31-065 sur l’organisation et la gestion des travaux du gouvernement et le statut juridique de ses membres,  que le « gouvernement avait apporté un amendement à l’article 32 de ce projet de loi qui permettrait désormais qu’un ministre puisse siéger à la présidence d’une commune ou d’une collectivité territoriale». 
En fait, le gouvernement avait ainsi taillé une loi à sa mesure en décidant d’annuler, à la dernière minute,  la disposition interdisant aux ministres  de cumuler  leurs fonctions avec celles de présidents de communes territoriales. Une aberration selon  plusieurs députés de l’opposition puisque ledit article ainsi que l’ensemble des modifications apportées au texte ont été adoptés à l’unanimité lors d’une deuxième lecture à la Commission de la justice, de législation et des droit de l’Homme à la première Chambre. Ceci d’autant plus que le parti de la Lampe a été parmi les premiers partis à se positionner contre le cumul des mandats, et ce en 2011.
Mais, le PJD n’est pas le seul à avoir changé son fusil d’épaule et placé les siens sur les listes des prochaines échéances électorales. Le RNI lui a également emboîté le pas. Il vient, en effet, de désigner M'barka Bouaida, ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération,  comme candidate à la présidence de la région de Guelmim-Oued Noun. Pour sa part, Lahcen Haddad, ministre  du Tourisme, représentera le Mouvement populaire dans la région de Béni Mellal-Khénifra contre Lahcen Daoudi. Le patron du MP et actuel ministre de la Jeunesse et des Sports, pourrait également se présenter aux élections dans la région de Fès-Meknès. Ces candidats rejoindront ceux qui sont présidents de communes et qui continuent à exercer leurs fonctions en tant que ministres. Tel est le cas de Aziz Rebbah (ministre Pjdiste de l’Equipement et du Transport et président de la commune de Kénitra); de Mohamed Moubdii (ministre haraki de la Fonction publique et de la Modernisation de l'administration et président de la commune de Fqih Bensaleh); de Mohamed Abbou (ministre RNI chargé du Commerce extérieur et président de la commune de Bni Oulid); et de l'ex-ministre MP de la Jeunesse et des Sports, Mohamed Ouzzine, qui préside aux destinées de la commune de Oued Ifrane.
Pour les partis de la majorité, le cumul des maroquins avec les postes de présidents de commune, de province ou de région n’a rien d’inconvenant. L’expérience et le savoir-faire d’un ministre sont plutôt requis pour la gestion des collectivités territoriales. D’autant que les nouvelles lois organiques sur la région, la commune ou la province exigent des élus hautement qualifiés.  Faux, rétorquent les partis d’opposition qui estiment que le cumul des mandats est une pratique qui n’a que trop duré et qu’il est temps d’y mettre fin. Et ces partis ne manquent pas d’arguments pour fustiger cette façon de faire: mauvaise gestion au niveau local et national, conflits d’intérêts, absentéisme, dégradation de la qualité du suivi et de l’évaluation des politiques publiques par les parlementaires et les ministres, etc.   En effet, les édiles locaux de l’opposition en savent quelque chose et leur expérience dans la gestion des affaires locales leur permet de toucher du doigt les tares du cumul des fonctions. En fait, il est difficile, selon eux,  de concilier entre  deux mandats à la fois. La gestion quotidienne des villes, et notamment celles qui sont de taille moyenne ou grande, exige une présence permanente du président de la commune vu l’importance des dossiers à traiter et le temps imparti à leur mise en œuvre.  
 

Hassan Bentaleb
Samedi 8 Août 2015

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