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Les coups de canon, un symbole lié au mois sacré




Les coups de canon, un symbole lié au mois sacré
Les Tétouanais réservent au mois sacré de Ramadan une place de choix dans leurs cœurs et leurs coutumes, en témoigne leur attachement à certaines traditions liées au climat de piété et de spiritualité qui marque leur quotidien au cours de ce mois béni, notamment les coups de canon annonçant le début et la fin de la période de jeûne. 
Certains historiens indiquent que cette tradition, présente également dans d’autres villes du Maroc, remonte à une décision officielle prise au niveau de la ville de Tétouan avant la fin du 19ème siècle sous l’influence de certains pays islamiques où l’usage des tirs de canon pour marquer des évènements religieux est apparu dès le 9ème siècle de l’Hégire. 
Cette tradition a été préservée de génération en génération à Tétouan, malgré les évolutions enregistrées dans l’ensemble des domaines et les mutations ayant touché le mode de vie des Marocains. 
Les coups de canon sont tirés habituellement lors de certains événements religieux, à savoir l’avènement du mois sacré de Ramadan, la fin de ce mois béni (annoncée avec deux tirs de canon) et la 27ème nuit du Ramadan pour la célébration de la Nuit du Destin (tir de 21 coups de canon). 
Durant tout le Ramadan, un coup de canon est tiré chaque jour au coucher du soleil pour annoncer la fin de la période de jeûne, alors qu’un autre informe, à l’aube, les fidèles de la levée du jour. 
L’opération, qui consiste en des tirs sonores à base de combustion de poudre à canon (baroud), est effectuée traditionnellement à partir du site de la Grande Kasbah, située au sommet de Jbel Derssa, surplombant le nord de la ville de Tétouan. 
On peut entendre le son produit depuis la région de Gherghiz, au sud de Tétouan, et jusqu’aux zones côtières de l’est, ce qui explique le choix porté sur le site de la Grande Kasbah, située à une haute altitude et dans une zone jadis déserte, mais devenue aujourd’hui l’un des quartiers les plus peuplés de la ville. 
Le son du canon, audible à plusieurs kms à la ronde, était alors célébré de façon spontanée par les enfants, des souvenirs qui sont restés dans les mémoires de génération en génération et qui font partie des traditions familières du mois sacré de Ramadan. 
Le canon de Ramadan est devenu, au fil des années, un symbole patrimonial pour les habitants de Tétouan, étroitement lié au mois du jeûne qui introduit dans la vie quotidienne de nombreux us et coutumes contribuant à l’animation de cette période particulière pour les fidèles. 
Si certaines coutumes sont, hélas, en voie de disparition en raison des mutations de la société, les tirs du canon résistent à cette tendance et continuent de faire partie de l’univers de Ramadan à Tétouan et dans d’autres villes marocaines. 

Jeudi 10 Juillet 2014

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