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Les combattants islamistes fuient l’avancée des militaires français


Sous les acacias de la vallée d’Inaïs au Mali, les bivouacs jihadistes renferment d’étranges trésors de guerre



Les combattants islamistes fuient l’avancée des militaires français
Des campements spartiates, bivouacs de miséreux écrasés de chaleur: dans leur ratissage de la vallée d'Inaïs, les soldats français ont eu la confirmation que leurs ennemis jihadistes savent vivre de peu, dans des conditions terribles.
S'ils n'ont pas, lors de leur fouille de cet oued asséché à 100 km au nord-est de Gao, affronté de combattants islamistes qui avaient fui leur avancée, les hommes de l'opération Serval ont découvert d'innombrables traces de leur présence.
C'est sous les plus grands acacias et leur ombre en rotonde qu'ils prennent leurs quartiers, au plus touffu des bois dans le lit de l'oued. A l'écart des rares villages et de leurs habitants, qu'ils terrorisent, enrôlent et dont toujours ils se méfient.
L'ombre des plus grands arbres abrite les bivouacs. Souvent les branches d'acacias aux longues aiguilles ont été rabattues pour former des murs opaques. On peut passer à quelques mètres sans rien remarquer.  Dans leur retraite, les jihadistes ont laissé des traces. Toute la nourriture ou presque vient d'Algérie: cartons de gâteaux "Choco Dream", spaghetti "Gusto", lait en poudre "Veronica". Il y a des boîtes de dattes, des conserves de tomates pelées. Des menus frugaux, dans une chaleur dépassant les 40 degrés à l'ombre l'après-midi.
Pour le couchage, ce sont des nattes à même le sol ou des lits artisanaux, parfois des modèles pliants de l'armée. Une paire de chaussures de marche en bon état, des outres à eau dans les arbres, de vieilles théières en fer blanc, des couverts made in China. Les bidons d'eau, pour rester aux frais, sont entourés de toile de jute. Les dépôts de munitions, des obus ou roquettes de gros calibre, découverts par le contingent français, sont souvent situés à l'écart des campements, par sécurité.  Quand ils sont pleins, les fûts sont le plus souvent enterrés, invisibles si un autochtone n'en désigne pas l'emplacement. Les combattants islamistes notent et s'échangent les coordonnées de leurs points GPS. Les groupes islamistes qui écument le Sahel ont compris que les gros moteurs V8 essence de leurs pick-up Toyota leur donnaient en vitesse de pointe un avantage crucial face aux moteurs diesels des mêmes pick-up des armées de la région.
Après avoir noté les références des munitions, récupéré celles qui peuvent l'être pour l'armée malienne, les soldats français font un tas de toutes les affaires, arrosent d'essence et mettent le feu.

Libé
Vendredi 12 Avril 2013

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