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Les chiffres en trompe-l’œil de Rebbah : Des recrutements à la pelle et des chantiers en panne




Abdelaziz Rebbah est un ministre qui aime les chiffres. Notamment ceux qui mettent en valeur son bilan à la tête du département de l’Equipement et des Transports. D’après lui, 1.299 fonctionnaires dont 527 ingénieurs ont été recrutés durant  son mandat contre 245 fonctionnaires dont 190 ingénieurs sous l’ère de son prédécesseur.
Il a précisé, également, selon le site du PJD, que le ministère a embauché 489 techniciens contre zéro embauche lors de l’ancien mandat et 149 administrateurs contre 46. Mais faut-il prendre ces chiffres pour de l’argent comptant ?  
« Ces chiffres sont un peu surestimés et restent incomplets. On se demande comment le ministre a fait ces calculs. On se demande également si ces chiffres concernent uniquement le département de l’Equipement et des Transports ou l’ensemble des services annexés à ce ministère (port, aéroports, ONCF…).  Car il est impossible que ce dernier recrute un tel nombre pour son propre fonctionnement », nous a indiqué un ingénieur du ministère sous le seau de l’anonymat. Et de poursuivre : « Les chiffres en question ne précisent pas non plus le nombre de recrutés embauchés lors de l’ancien mandat comme stagiaires et régularisés lors de l’actuel mandat ».
Même son de cloche de la part de ce chef d’entreprise œuvrant dans le domaine de l’équipement et des transports. « D’après notre expérience, ces chiffres semblent exagérés. Le ministre n’a fait que balancer ces données en vrac sans faire de distinction ni donner des précisions », nous a-t-il souligné.  Et de préciser : « Mais je pense qu’une grande partie de ces fonctionnaires et notamment les ingénieurs ont été recrutés dans le cadre des projets de l’ADM soit comme intérimaires avec des contrats déterminés, soit comme stagiaires ».
Notre source est catégorique. Les chiffres du ministère sont exagérés puisqu’un déficit en ressources humaines est fortement constaté sur le terrain. « Le rythme de travail de plusieurs grands projets est aujourd’hui au point mort vu le manque d’ingénieurs. Pis, plusieurs d’entre eux travaillant actuellement sont en âge de retraite », nous a-t-il indiqué. Et d’ajouter : « La comparaison avec l’ancien mandat ne tient pas la route puisqu’elle demeure incomplète. En effet,  une lecture objective doit intégrer le nombre de projets lancés et le nombre des nouveaux recrutés. Ceci d’autant plus que cette lecture doit prendre en compte également le nombre d’ingénieurs fraîchement  diplômés. A noter que le Maroc a donné le coup d’envoi de plusieurs projets de long terme depuis les années 2000 (Tanger MED, TGV, autoroutes…) ».
Un haut responsable au fait de ce qui s’est passé et de ce qui se passe dans ce département, tient à préciser, arguments irréfutables à l’appui, que le vrai débat est ailleurs. C’est celui du bilan du ministre à la tête de ce département. D’après lui, l’actuel ministre ne fait qu’achever les chantiers initiés par son prédécesseur.  C’est le cas notamment des autoroutes. Notre source nous a précisé que depuis le départ de Karim Ghallab, aucun nouveau chantier n’a été lancé par Abdelaziz Rebbah. «Les autoroutes qui ont vu le jour ces cinq dernières années ont été déjà conçues, programmées et lancées auparavant comme le cas de la rocade Rabat-Salé, l’autoroute El Jadida-Safi ou celle de  Beni Mellal. Idem pour le chantier du deuxième programme des routes rurales qui n’a pas bougé d’un iota. En effet, le rythme de réalisation des travaux a beaucoup régressé passant de 2.000 km par an à 600 km », a-t-il fait savoir. Et de poursuivre: «Le même constat est remarqué au niveau des aéroports. Lors de l’ancien mandat, plusieurs aéroports ont vu le jour comme c’est le cas à Essaouira et  à Oujda. Il y avait également l’élargissement de ceux de Marrakech et Tanger. Sous l’actuel mandat de Rebbah, rien n’a été fait. Pis, les travaux du terminal 1 de l’aéroport Mohammed V de Casablanca sont encore en stand-by et ce depuis cinq ans ».
Mais ce haut responsable estime que le point noir marquant l’actuel mandat de Rebbah reste celui de la lutte contre la prévarication et la rente. «Au-delà de la publication des listes des agréments des carrières et des taxis, rien n’a été fait alors qu’il avait à sa disposition tous les moyens pour s’attaquer à ce phénomène. Mais, apparemment, le ministre n’a eu ni la volonté ni le courage politique pour aller de l’avant », a conclu notre source.

Hassan Bentaleb
Mardi 6 Septembre 2016

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