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Les chiens errants courent les rues à Tafraout




Les chiens errants courent les rues à Tafraout
La prolifération des chiens de rue prend des proportions inquiétantes à Tafraout. On ne peut plus mettre pied dans un coin de la ville sans se faire surprendre par la présence frappante de hordes de ces indésirables compagnons. On les croise dans les avenues où ils disputent le chemin  aux passants, sur les places et jardins publics, près des cafés et restaurants… Au  moment où d’autres meutes squattent même les devants des portails d’accès à certains établissements publics. Rien ne peut plus les arrêter lors de leurs «pérégrinations» à travers les différents coins de la ville  ou essayer de les pourchasser des lieux ombragés où ils se prélassent.
Il faut dire qu’ils sont devenus ainsi   maîtres des lieux et sèment la panique parmi les habitants qui se voient perturbés dans leur quiétude et liberté de circulation. «L’année dernière, mon enfant a piqué une peur bleue lorsqu’il a vu une meute de chiens errants se battre entre eux près de la porte de l’école; depuis, il n’ose plus y aller tout seul; je l’accompagne maintenant chaque matin et je retourne toujours le récupérer à la sortie», nous raconte Fatima, mère d’un élève en troisième année du primaire à l’école Mohammed V, que nous avons rencontrée près de cet établissement dont les portes sont prises d’assaut aux heures de sortie et de rentrée des élèves par leurs parents craignant pour leurs progénitures. Les fidèles se rendant à l’aube à la mosquée, vivent mal la présence de ces cohortes  près  du marché municipal attenant à cet édifice religieux du centre ville. Pour Abdellatif .R, habitant d’Adad : «Comme tous les gens qui font la prière d’Alfajr, je suis contraint de me munir d’un gourdin en prévision d’éventuelles attaques des chiens qui s’attroupent dans les environs de la mosquée, car on ne peut pas contourner cet accès».
Outre ces nuisances qui empoisonnent la vie des habitants en les contraignant à la méfiance lors de leurs déplacements ainsi que leurs enfants, ces bêtes canines constituent aussi un danger potentiel pour la santé publique. Et ce, en raison de leurs présence massive dans les marchés de la médina où viandes,  poulets et abats de bétails abattus  sont exposés à même les étals. Ces chiens  galeux et puants infestent ces lieux de nuées de mouches et puces qui les poursuivent. «Cela risque de favoriser facilement des contaminations », s’alarme un médecin de la ville. Les aboiements nocturnes de ces hordes n’en constituent pas moins une source de nuisances   sonores dont se plaignent les habitants aussi bien dans le centre-ville que dans les quartiers périphériques. Comme Douar Rja Fellah à titre indicatif, en raison de sa proximité des abattoirs de la ville. «Des attroupements énormes de chiens errants envahissent les alentours de cet édifice municipal. Pendant la nuit, il est impossible de fermer l’œil  à cause de leurs cris bruyants qui ne cessent qu’au lever du soleil», se plaint Mahfoud, père de famille habitant de ce quartier. Si jusque-là aucun cas de rage n’est encore déclaré officiellement auprès des services sanitaires, les risques que cela arrive planent comme une épée de Damoclès sur les habitants. Pour la simple raison que ces chiens sans maîtres ne sont pas vaccinés  contre la rage.
Il faut savoir que ce phénomène n’est pas l’apanage de Tafraout seulement qui n’est qu’un exemple révélateur d’un phénomène dont l’ampleur est plus grand qu’on ne peut l’imaginer. En fait, le pullulement effrénée de ces canidés touche toutes les villes de la province et en particulier ses campagnes  et les villages des plus reculés. Les campagnes d’abattage de ces animaux se font rares, sinon carrément inexistantes dans la plupart des communes qui rechignent à budgétiser les dépenses afférentes à ces opérations. Les services compétents de ces nombreuses communes rurales  que nous avons contactées n’ont pas pu fournir de statistiques se rapportant aux éliminations de ces bêtes nocives. Et même s’il y en a , elles sont loin d’être régulières.
D’où les ruptures constatées au niveau de la régulation requise des opérations d’éliminer ces canidés. Nous avons appris que, faute d’interventions de la part des services concernés, de guerre lasse, ce sont alors les habitants qui se chargent de la mission de se débarrasser de ces compagnons de trop par leurs propres moyens. Et avec ce que cela peut provoquer comme risques par la  mauvaise manipulation de produits létaux procurés ou ces préparations empoisonnées à base de viandes ainsi que d’autres solutions traditionnelles toxiques pour leur extermination. Qui sont laissés par la suite en plein air à la portée de tous.
Une action concertée au niveau de tous les intervenants dans ces opérations pour  l’élaboration d’un programme provincial de ramassage et d’élimination de ces animaux doit donc être entreprise. On doit respecter un calendrier régulier qui prend en considération les cycles d’accouplement et de reproduction de ces bêtes. Et de ce fait les périodes de recrudescence de la rage afin de mieux circonscrire ce fléau. Au lieu d’attendre les interpellations de la presse sur le sujet ou que des morsures de chiens enragés se déclarent parmi les populations pour qu’enfin les responsables sortent de leur léthargie, comme ils ont pris l’habitude de le faire.

IDRISS OUCHAGOUR
Lundi 21 Septembre 2009

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