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Les OGM, une menace pour la santé des Marocains

Alors que la France vient de les interdire, les organismes génétiquement modifiés seraient encore commercialisés au Maroc




Les OGM, une menace pour la santé des Marocains
Le ministère de l’Agriculture français a annoncé, il y a quelques jours, avoir émis un arrêté interdisant la commercialisation, l’utilisation et la culture du maïs génétiquement modifié MON 810, produit par le groupe américain Monsanto. Le texte souligne  que «le principe de précaution justifie l’adoption de mesures restrictives », indiquant qu’ « au vu de données scientifiques fiables et de résultats très récents de la recherche internationale, la mise en culture de variétés de semences de maïs MON 810 sans mesures de gestion adéquates présenterait des risques graves pour l'environnement ainsi qu'un danger de propagation d'organismes nuisibles devenus résistants".  
Cette décision a relancé la polémique sur la toxicité des OGM car ces produits, qui sont classés toxiques, seraient, selon certaines associations de consommateurs, commercialisés au Maroc sans qu’une quelconque mesure radicale ne soit prise à ce propos. «Depuis que les OGM ont commencé à envahir les marchés internationaux, le Maroc a pris la précaution de les interdire, mais cette décision n’a jamais été respectée. Car ces OGM existent bel et bien sur le marché national », nous a affirmé Bouazza Kherrati, président de la Fédération de protection des consommateurs. 
De fait, le ministère de l’Agriculture avait en septembre 2012, publié un communiqué dans lequel il avait indiqué qu’ « au Maroc et en application du principe de précaution, les aliments transgéniques sont interdits à la consommation humaine et aucune présence d'OGM n'est admise dans les produits importés destinés à la consommation humaine », précisant que ces produits « sont absents dans la production agricole nationale et également dans tous les intrants utilisés dans les cultures agricoles marocaines (semences, etc.)».
Néanmoins et d’après Bouazza Kherrati, des produits contenant des organismes génétiquement modifiés seraient mis en vente libre sur le marché national. « Les citoyens ne sont pas protégés contre ces aliments à risque. On en trouve partout sur les étals des supermarchés nationaux », a-t-il déclaré à Libé. « Le gouvernement marocain doit prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité sanitaire des citoyens. Il y a urgence à  s’équiper en laboratoires spécialisés et performants et de mieux contrôler les importations. Car, tant que les producteurs ne fournissent pas de preuves tangibles que les OGM ne présentent aucun danger pour l’homme, ces produits seront toujours considérés comme des aliments à risque. Et par conséquent, ils doivent être interdits », souligne-t-il.
Il y a quelques années, rappelle notre interlocuteur qui est aussi vétérinaire de profession, avait «soumis au gouvernement des recommandations au sujet des OGM. Mais il n’en avait pas tenu compte. Pourtant, on continue de voir des OGM sur nos marchés. Sachant que le risque que ces produits dangereux pour la santé  des citoyens est là. Les responsables sanitaires doivent soumettre toutes nos importations à des analyses sérieuses et approfondies».
Contactées par Libé, des sources à l’ONSSA ont tenté d’apaiser les craintes des consommateurs.
 « Aucune présence d’organismes génétiquement modifiés (OGM) n’est admise dans les produits importés destinés à la consommation humaine », assurent nos sources à l’ONSSA. Lesquelles affirment que les OGM sont absents dans la production agricole nationale ainsi que  dans tous les intrants utilisés dans les cultures agricoles. 
Pour rappel, en 2012, et suite à une étude réalisée par des chercheurs français soulignant la dangerosité de la consommation de certains maïs transgéniques (OGM), le département de l’Agriculture  et de Pêche maritime avait souligné, dans un communiqué, qu’« au Maroc, et en application du principe de précaution, les aliments transgéniques sont interdits à la consommation humaine ». Le communiqué avait rappelé  que « la pratique et la législation à travers le monde admettent la présence d’OGM dans certains aliments destinés à l’alimentation animale ». Mais selon les mêmes sources officielles, les variétés de maïs transgéniques ciblées par l’étude française « ne sont pas autorisées au Maroc, même à des fins d’alimentation animale».
Pour Bouazza Kherrati, certes, on peut ne pas avoir de preuves que les aliments OGM sont dangereux pour le consommateur. Mais le risque zéro n’existe pas. Par conséquent, il est essentiel qu’il y ait une surveillance  avant et après la mise sur le marché national des produits alimentaires, a-t-il lancé. Mais, pour l’heure, a-t-il relevé, «au Maroc, il n’y a pas encore de laboratoires performants. On n’a pas non plus les moyens techniques nécessaires pour assurer le contrôle au niveau de l’importation. Or si on ne dispose pas de ces moyens techniques, on ne peut surveiller nos frontières à l’importation. C’est ce qui explique en fait l’entrée de manière illégale de produits OGM sur le marché national ». 


Naîma Cherii
Mardi 13 Mai 2014

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1.Posté par Michel Naud le 14/05/2014 08:38
Bonjour,
Je suis français ; je travaille et réside au Maroc depuis plusieurs années.
Je suis un auditeur de l'Institut (français) des Hautes Etudes pour la Science et la Technologie.
Je suis un ancien président de l'Association Française pour l'Information Scientifique.
Je suis toujours membre du conseil d'administration de cette association.
Il est FAUX, scientifiquement faux, de dire que les OGM constituent une menace pour la santé des marocains comme pour la santé de quiconque sur la planète.
Vérifiez : depuis les décennies que les plantes biotechnologiques sont cultivées et consommées dans le monde il n'a pas pu être imputé une seule parthologie, pas même un mal de tête, à la consommation par un humain d'une plante génétiquement modifiée autorisée pour la culture ou la consommation.
Oui, le parlement français, avec une majorité écolo-socialiste sous influence écologiste, a interdit la culture de maïs génétiquement modifié, que ce soit pour être résistant aux parasites ravageurs du maïs et/ou pour être tolérant au glyposate (herbicide) mais ce n'est NULLEMENT pour des raisons sanitaires. La France, pour des raisons exclusivement politiques, je n'hésite pas écrire de "politique politicienne", et en contradiction avec les avis de toutes les agences de service public de sécurité sanitaire et environnementale française, européennes et mondiales, a réalisé ce choix politique.
Le Maroc peut évidemment réaliser le même.
Mais ne grâce : pas de désinformation.
Il n'y a aucun fondement scientifique, aucun, ni sanitaire ni environnemental, à ces choix politiques.

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