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Les Frères musulmans décimés promettent une guerre d'usure

Sissi remporte la présidentielle organisée pour les Egyptiens de l’étranger




Les Frères musulmans décimés promettent une guerre d'usure
A l'aube d'une présidentielle en forme de plébiscite pour le maréchal Abdel Fattah al-Sissi, tombeur du président islamiste Mohamed Morsi qui a décimé leurs rangs dans une répression implacable, les Frères musulmans se terrent mais promettent une guerre d'usure en Egypte. 
Depuis que l'ex-chef de l'armée Sissi a destitué et fait emprisonner le président Morsi il y a près de 11 mois, plus de 1.400 manifestants pro-Morsi ont été tués et 15.000 Frères musulmans dont la quasi-totalité de leurs leaders emprisonnés, des centaines ayant déjà été condamnés à mort ou à de lourdes peines de prison.
La confrérie de M. Morsi avait pourtant remporté toutes les élections depuis la chute de Hosni Moubarak début 2011. Mais, forte d'une organisation interne et d'une discipline quasi-militaire, elle a passé l'immense majorité de ses 86 années dans la clandestinité, alternativement durement réprimée ou tolérée par les présidents Nasser, Sadate et Moubarak, tous issus de l'armée.
 Rien d'étonnant donc que ses cadres s'organisent aujourd'hui pour revenir à cette lutte clandestine. Ils prônent la guerre d'usure mais avertissent qu'une frange des Frères musulmans ou de sympathisants est en passe de se radicaliser et prêche pour l'action violente contre le régime du maréchal Sissi, assuré de remporter haut la main la présidentielle de lundi et mardi.
Dès que le chef de la moindre cellule de quartier périt ou est arrêté, il est aussitôt remplacé, expliquent à l'AFP plusieurs d'entre eux.
 Lorsque M. Morsi a été destitué, les Frères "ont pensé pouvoir renverser le nouveau pouvoir en quelques mois, mais maintenant, ils ont réévalué la situation et estiment qu'il faudra des années", analyse Issandr el-Amrani, directeur de l'International Crisis Group (ICG) pour l'Afrique du Nord. 
Mais certains sont plus pressés et veulent en découdre, se référant aux nombreux attentats de groupes jihadistes s'inspirant d'Al-Qaïda, visant désormais quasi-quotidiennement policiers et soldats en représailles à la répression.  Ces insurgés revendiquent les plus gros attentats mais le pouvoir en accuse systématiquement les Frères musulmans, décrétés "organisation terroriste".
 Certaines petites bombes ont même probablement été posées ou lancées par des Frères musulmans, concèdent des cadres des Frères. "Je suis chargé de recueillir des informations sur des policiers", assure ainsi un des leurs, ajoutant: "Soit ils seront traduits un jour en justice, soit, si le chaos s'installe, les gens s'en chargeront". Selon Sayyed, un nombre croissant de Frères "chevronnés" estiment que les décennies de lutte d'influence pacifique qui a marqué l'action de la confrérie ont conduit à sa perte, mais ce quadragénaire le déplore: "Le coût humain des manifestations est déjà élevé, il le sera bien plus si nous menons des attaques".
Il faut continuer à manifester, "les auteurs du coup d'Etat ne pourront pas arrêter et tuer des manifestants plus de deux ans, l'Etat va s'effondrer", renchérit un membre du Conseil de la guidance, le "politburo" des Frères, un des rares principaux leaders encore libres, dans un entretien téléphonique avec l'AFP depuis un pays d'exil.
L'ex-chef de l'armée égyptienne et candidat à la présidentielle Abdel Fattah al-Sissi a obtenu 94,5% des voix, lors des élections organisées pour les Egyptiens de l'étranger, a annoncé le comité électoral mercredi.
M. Sissi, extrêmement populaire depuis la destitution par l'armée du président islamiste Mohamed Morsi en juillet, est largement donné gagnant du scrutin présidentiel des 26 et 27 mai.

AFP
Vendredi 23 Mai 2014

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