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Les Assises du tourisme sous le joug islamiste : Les travaux s’ouvriront lundi à Rabat pour ne durer qu’une seule journée




Les Assises du tourisme sous le joug islamiste  : Les travaux s’ouvriront lundi à Rabat pour ne durer qu’une seule journée
 
C’est ce lundi que doit se tenir la 11ème édition des Assises nationales du tourisme à Rabat, et ce après une pause inopinée de trois ans. Et c’est aussi la première fois que cet événement ne sera pas placé sous le Haut patronage de S.M le Roi Mohammed VI comme en attestent les différents documents transmis à la presse. 
Ce constat a été corroboré par un professionnel de la place, requérant l’anonymat, qui accuse le gouvernement pjdiste d’être la cause de ce retour de manivelle. Il va au-delà du constat, en l’expliquant par une perte de leadership avérée aussi bien du côté du secteur privé, que de sa représentation, en l’occurrence la Confédération nationale du tourisme (CNT) mais également Celui du public.
Cette même source rappelle, en effet, que le contrat-programme (CP) qui s’étale sur une décennie, est destiné à donner une meilleure visibilité du secteur mais aussi à lui permettre de ne pas souffrir des changements de la majorité au pouvoir. «Aujourd’hui, on a l’impression que le gouvernement dirigé par le PJD supporte plus le tourisme qu’il ne l’aime. Il fait avec, plus qu’il ne l’encourage», tonne-t-il, avant d’ajouter que l’actuel Exécutif a envoyé un signal très négatif en réduisant d’une manière drastique le budget de l’Office du tourisme, même si derrière ce signal sont tapies des contraintes budgétaires, des décisions malencontreuses comme la taxe sur l’aérien et tutti quanti. Ce professionnel attise plus le feu, en mettant en exergue une perte de cohérence et de logique, de manière globale. Il explique cet état de fait par un secteur privé, devenu de moins en moins représentatif et par le fait même qu’il n’y ait pas eu les Assises pendant trois ans ! «Rien que cela est, quand même, significatif en soi», martèle-t-il, scandalisé, avant de poursuivre : «Le constat est patent : on a perdu en crédibilité, on a perdu en force de lobbying. Et ce quand bien même la raison de création de l’Association nationale des investisseurs touristiques (ANIT), il y a 4 ans, n’était pas le fruit du hasard mais bel et bien, parce qu’un besoin s’en était fait ressentir suite à la restructuration en 2007-2008 du secteur privé, la remise à niveau de la Fédération nationale du tourisme (FNT) qui a satisfait certains et non plusieurs d’autres.»
De fil en aiguille, un membre de l’ANIT attire l’attention sur le fait que la naissance de l’Association a été mal vécue mais que par la suite, ses membres sont arrivés à un terrain d’entente et que pour finalement arriver à travailler de manière plus consensuelle, ils ont accepté d’adhérer à la CGEM et à la CNT pour ne former qu’une seule et même famille, quoique chacun ayant ses prérogatives.
A ce sujet, notre source anonyme affirme que l’ancienne FNT, en l’occurrence l’actuelle CNT, est une coquille vide qui ronronne avec des caisses vides et qui, ainsi, ne représente plus personne. «Quid donc de la crédibilité et du militantisme d’antan?», s’interroge-t-il, avant de relever une situation critique avec un Exécutif, tous ministères confondus, qui n’ont pas de vis-à-vis, une entité crédible pour les challenger, leur demander des comptes et faire pression. Résultat des courses, nombre de professionnels concernés craignent que le gouvernement pjdiste n’œuvre en catimini pour provoquer un mécontentement royal s’agissant du secteur du tourisme et à ce titre, certains d’entre eux sont restés cois quant au sujet du secteur passé sous silence par le dernier discours Royal. 
«En fait, il a été question de l’industrie et de l’agriculture, deux grands secteurs, mais le tourisme nada! Et quand on cite deux secteurs majeurs et qu’on omette un autre tout aussi primordial, ça veut dire qu’on n’est pas satisfait. C’est la première fois en 13 ans, depuis le CP de 2010, que des assises ne se tiennent pas sous l’égide du Souverain. Quand on additionne toutes ces données, on constate qu’il y a une forme d’insatisfaction non explicite de l’Etat quant aux résultats du secteur», résument-ils non sans émoi.
L’on comprend dès lors le souci de ces derniers qui, en trêve de remontrances, souhaitent juste dépasser une espèce d’autosatisfaction béate constatée et soulever certains questionnements. En fait, c’est parce qu’ils ont pris le pli, à l’époque d’Adil Douiri déjà, qu’il y ait une certaine complicité entre et le ministre du Tourisme et des Finances et celui du Transport ! En effet, ils rappellent qu’outre le fait que ce dernier soit brillant, il avait l’oreille de Karim Ghellab, à l’époque, ministre de l’Equipement et des Transports, et la pleine confiance du Premier minstre Driss Jettou. Par conséquent, les arbitrages et les doléances ont été écoutés avec une oreille favorable. Aujourd’hui, la donne a changé et toutes ces conditions sont loin d’être réunies. Et ils donnent l’exemple, à ce titre, de la fois où le chef du gouvernement a reçu officiellement la Confédération regroupant tous les professionnels du secteur à la Primature, après la fameuse sortie de Mustafa Ramid, ministre de la Justice et des Libértés, sur la ville ocre et ce sans que le ministre du Tourisme n’en ait été informé! C’est dire que la communication ne règne absolument pas ! Quoi qu’il en soit, il paraît qu’elle règne, en tout cas, au niveau de l’invitation pour la couverture médiatique des Assises du lundi. Ainsi, les initiateurs se disent être «convaincus de l’intérêt qu’ils portent au secteur du tourisme, et comptent vivement sur les supports médiatiques qui ne manqueront pas de contribuer à renforcer la mobilisation et l’adhésion de l’opinion publique nationale et internationale autour de la stratégie du tourisme marocain «Vision 2020»».
Et justement en parlant de la Vision 2020, plusieurs professionnels avertis relèvent un principal défaut à la base lors de la conception de ladite vision, celui, tout de go, d’aller un peu trop vite en besogne. En décodé, ils estiment que cette stratégie est trop optimiste en insistant sur le fait que des rentrées importantes peuvent être enregistrées quand on met en place une station et qu’on attende 3-4 ans pour qu’elle s’épanouisse au lieu d’en planter 4-5 d’un coup!
En évoquant les chiffres et pour aller au-delà de la langue de bois véhiculée ici et là avec soi-disant tous les indicateurs au vert pour la destination Maroc, les dernières statistiques restent, tout de même, en deçà des projections ainsi caressées. En réalité, si le secteur touristique a enregistré, à fin 2013, une progression de 8% des arrivées par rapport à l’année 2010, franchissant ainsi le cap des 10 millions de touristes annuels, il n’en demeure pas moins que cette « performance » n’a pas respecté le deadline imposé préalablement.  Dans la foulée, même si les nuitées totales réalisées dans les établissements d’hébergement touristique classés, au terme des sept premiers mois de 2014, ont enregistré une hausse de 5% en comparaison avec la période de 2013, et si les recettes touristiques en devises ont progressé de  4,3% pour la même période, cela ne veut absolument pas dire que l’objectif a été atteint et qu’il y a lieu de sortir tambour battant et de dormir sur ses lauriers! 
Pavé dans la mare, moult hics subsistent encore dans le secteur et qui ont trait principalement à la formation du personnel qui reste encore à désirer.
A ce tableau noir viennent s’ajouter des affres ressenties par plusieurs citoyens : «Nous regrettons les décisions du chef du gouvernement et non celles de Abdelillah Benkirane, secrétaire général d’un parti politique islamiste. Les Marocains aspirent à un chef du gouvernement qui soit à l’écoute de toutes les franges de la société, même celles qui n’ont pas envie de porter le voile, parce qu’au train où vont les choses,  celles-ci craignent, à juste titre, qu’on les y oblige!».
 

Meyssoune Belmaza
Samedi 27 Septembre 2014

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1.Posté par stark745 le 26/09/2014 18:11
C'est bien d'ouvrir la 11ème édition des Assises du tourisme, mais il faut aussi faire participer à ces débats des citoyens qui vivent au Maroc depuis des années, qu'ils soient touristes ou résidents ils ont souvent des choses à dire, pour améliorer l'accueil. Parfois au moment de l'entrée au Maroc il y est de situations ou on se trouve confronté à des moments pénibles. Il est normal que tous citoyens respectent la réglementation douanière et les règles établies. Mais parfois au passage on, est souvent considéré plus comme un délinquant avéré plutôt qu'un simple touriste venant gouter au doux climat Marocain. Certaines obligations de séjour, notamment lorsqu'on vient au Maroc avec un véhicule pourrais être assouplies ou, peut être aménagées de façons moins arbitraires et ne pouvant pas être interprétées de différentes manières par les personnels qui exercent ces contrôles. Le Maroc est un pays bien situé pour recevoir des touristes, il faut donc s'employer à améliorer l'accueil et continuer à assurer la sécurité et conserver le plaisir d' y vivre.

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