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Le port de Tan Tan menacé de mort

Le département d’Akhannouch interdit la pêche des poissons pélagiques




Le port de Tan Tan menacé de mort
 
Le ministère de la Pêche maritime a-t-il condamné à mort le port de Tan Tan ? C’est ce que pensent plusieurs acteurs économiques, associatifs, politiques et syndicaux de la ville après la publication le 1er août courant d’une décision interdisant provisoirement la pêche des poissons pélagiques. Une décision qui a provoqué l’ire des opérateurs puisqu’elle ne se base sur aucune étude scientifique et qu’elle a été prise sans consultation préalable.
«Le ministère n’a fait que ressortir de ses tiroirs une décision prise l’année dernière. Il s’est contenté d’en changer la date (le 1 août 2014 au lieu de 28 février 2013) et en laissant son contenu et sa forme tels quels et sans qu’une étude scientifique n’ait été effectuée par  l’Institut national de recherche halieutique chargé, entre autres,  d’évaluer les ressources halieutique et d’assurer le suivi de leur exploitation », nous a expliqué un professionnel sollicitant l’anonymat avant de poursuivre : « Pis, les professionnels constatent quotidiennement, et de visu, que  les poissons pélagiques qu’ils pêchent ne sont nullement des juvéniles, comme le prétend le ministère. En outre, la délégation de la pêche maritime à Tan Tan nous laisse commercialiser ces poissons».   
Notre source estime que la décision du département d’Akhannouch est injuste  et sera lourde de conséquences tant au plan économique que social. En effet, le port de Tan Tan connaît une activité économique assez dynamique, avec des quantités débarquées des produits de la mer estimées à plus de 200.000 tonnes et dont la valeur se monte à plusieurs centaines de  millions de dirhams. Une production marquée par une prédominance des captures de la pêche côtière qui constitue 88% du volume débarqué.  Les poissons pélagiques et industriels représentent 95% de la pêche côtière commercialisée tandis que le poisson blanc n’en constitue que 4%.
 « Le port de Tan Tan a été en cessation d’activité pendant deux années et il vient de retrouver son dynamisme comme en atteste l’importance des activités économiques. Un dynamisme  qui a été fort bien accueilli par les habitants de cette ville qui avait sombré dans le marasme économique », nous précisé notre source avant d’ajouter : «Je me demande quelle mouche a piqué les  responsables de ce département d’autant que le port est en pleine effervescence économique  et qu’on est à quelques mois de la cessation des activités de la pêche à cause du mauvais temps prévisible».       
Pour certains observateurs, la décision du département de la Pêche maritime n’est que l’arbre qui cache la forêt. Elle dissimile l’incapacité du ministère à gérer la crise afférente à la commercialisation des produits halieutiques et notamment les conserves. «Aujourd’hui, le Maroc subit une rude concurrence de certains pays en matière d’exportation des conserves de poissons, notamment le Brésil, le Chili et la Russie. Cette dernière pêche dans nos eaux territoriales  et vend ses conserves à nos propres clients à des prix qui défient toute concurrence. Ainsi au lieu de s’attaquer  directement au problème et de jouer la transparence, le ministère a préféré interdire la pêche sans expliquer pour autant les vraies motivations ayant sous-tendu sa décision», nous a expliqué une source proche du dossier. Cette dernière estime que la décision du ministère atteste de l’improvisation qui caractérise la gestion du secteur. «Pourquoi le ministère a-t-il agi de la sorte  alors que l’offre en produits pélagiques au niveau national ne répond pas à la demande  comme en témoignent  les prix des sardines qui ont atteint 30 DH/kg dans certaines villes?».
Toujours d’après notre source, le ministère n’a pas voulu dévoiler ses intentions puisque ce faisant, il sera obligé de résoudre un autre problème, à savoir le chômage de milliers d’armateurs et de pêcheurs. «Cela a un coût social et économique et le ministère ne veut pas assumer ses responsabilités», a-t-elle conclu
 
 
 
 
 
 
 

. Hassan Bentaleb
Vendredi 15 Août 2014

Lu 1206 fois


1.Posté par abbas le 14/08/2014 17:51
un journal plein de" bon sens" et d'odeurs de cylottes courtes
une analyse pointue, digne des meilleurs canards
une compétence à la mesure de ceux qui le dirignent !!!!!
quel temps ! A Belal où est tu ? tu devrais te retourner dans ta tmobe
reposes en paix Yata ! Où es tu ?

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