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Le nouveau ministre de l’Intérieur promet une police plus policée

Les militants des droits de l’Homme demeurent sceptiques




Le nouveau ministre de l’Intérieur promet une police plus policée
Les interventions musclées des forces de l’ordre contre les manifestants feront désormais partie du passé. C’est ce qu’a laissé entendre Mohamed Hassad, le nouveau ministre de l’Intérieur, qui estime que le temps  de la répression abusive est révolu.
Intervenant lors de la discussion du budget sectoriel de son département, lundi dernier devant le Parlement, le ministre a expliqué que les interventions des forces de l’ordre ont aujourd’hui pour mission  d’assurer les droits des citoyens  et non la répression. « La police travaille aujourd’hui sous le contrôle de la justice, a-t-il précisé, tout en indiquant que les garanties assurées par le Code pénal marocain comptent parmi les meilleures au niveau mondial.
D’après lui, le  mot d’ordre adressé aux forces de l’ordre est de calmer les esprits puisque la politique répressive a démontré ses limites et nuit à leur image.  
Le ministre a appelé, par ailleurs, au respect de la loi par tout un chacun en précisant que la logique d’occupation des administrations, des institutions, des ministères et de la voie publique n’est plus acceptable et le gouvernement  compte appliquer la loi.
Des propos qui ne semblent pas convaincre les acteurs œuvrant dans  le domaine des droits de l’Homme  qui estiment que les déclarations du ministre de l’Intérieur sont loin de la réalité. Pour eux, la répression violente et l’utilisation de la force demeurent les maîtres mots des  méthodes employées par les forces de l’ordre quand il s’agit de disperser ou de déloger des manifestants. « Je ne sais pas si le ministre parle du Maroc ou d’un autre pays puisque les arrestations et les blessures corporelles subies par les manifestants  n’ont pas cessé pour autant. Preuve en est la violence qui s’abat régulièrement et d’une façon aveugle sur les militants du Mouvement du 20 février, les diplômés chômeurs, les militants des droits de l’Homme, etc.», nous a lancé Mohamed Abou Naser, membre du bureau central de l’Association marocaine des droits de l’Homme (AMDH) avant d’ajouter : « Le pire, c’est qu’il s’agit de manifestations pacifiques et autorisées ».
D’après ce dernier, l’Etat semble bien garder ses méthodes d’intervention musclée notamment dans un contexte social et économique morose marqué par l’amplification des mouvements de contestation.   
Mais il n’y a pas que les faits réels qui suscitent la colère de ce militant des droits de l’Homme, le langage même utilisé par le ministre pose également problème. « Le ministre parle de consignes et de mots d’ordres. Mais personne ne sait qui donne ses ordres et qui en assume la responsabilité.  Une démarche qui va à l’encontre des fondamentaux d’un Etat de droit où seule la loi doit régner», nous a-t-il souligné.
Une appréciation que partage Allal El Bassraoui, avocat, qui pense que si le Maroc dispose d’un arsenal juridique d’une excellente qualité, notamment celui régissant  les libertés publiques,  sa mise en œuvre demeure cependant limitée.  «Il est souvent difficile d’appliquer les lois relatives aux libertés publiques puisque les parties intervenantes sont nombreuses et la délimitation des responsabilités  demeure compliquée », nous a-t-il expliqué. Une difficulté qui a persisté malgré l’évolution du corpus juridique et les différentes modifications apportées par la nouvelle Constitution.
Pourtant, notre source reste confiante. Selon elle,  les interventions des forces de l’ordre contre les manifestants  n’auront plus lieu d’être notamment après les derniers changements prévus par la réforme de la justice. En effet, le nouveau dispositif propose de soumettre les activités de la police nationale au contrôle de la justice. « Il y aura plus de contrôle sur les policiers, ce qui va sûrement aider à changer leurs méthodes de travail», a-t-il conclu.

Hassan Bentaleb
Jeudi 7 Novembre 2013

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