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Le mouvement féminin manifeste devant le Parlement au nom de la parité : Stop à l'exclusion organisée par la loi




Le mouvement féminin manifeste devant le Parlement au nom de la parité : Stop à l'exclusion organisée par la loi
Elles sont venues dire « stop à la discrimination », rappeler que 50 femmes ne pouvaient qu'égaler 50 hommes et scander la nécessaire démocratisation de la parité. Ce lundi 19 septembre après-midi, le mouvement féminin marocain, rassemblé dans une large coordination nationale, s'est donné rendez-vous devant le Parlement, réuni en session extraordinaire, pour manifester leur rejet d'une liste nationale devenue mixte avec l'introduction d'un quota de jeunes de sexe masculin âgés de moins de 40 ans. « Le principe de la discrimination positive a été balayé et l'acquis qu'a représenté la liste nationale n'en est plus un. Pire encore, c'est l'esprit même de la nouvelle Constitution qui est aujourd'hui violé. Le mouvement féminin ne peut se taire devant une telle dérive. Si le Parlement n'écoute pas notre voix, nous ne devons exclure aucune hypothèse, y compris celle de voir les Marocaines boycotter ces élections législatives », menace une activiste de la coordination nationale.
Associations féminines, organisations de défense des droits humains, militantes de partis politiques -avec une forte présence de celles dont le cœur est à gauche- jeunes du Mouvement du 20 février, ont battu le pavé pour défendre une même cause : la démocratisation de la parité,  l'égalité efficiente dans les droits politiques, économiques, sociaux et culturels et l'égal accès aux centres de décision et de pouvoir. Les projets de lois électorales, actuellement en débat parlementaire, n'ont pas fait cas d'une telle exigence démocratique où la moitié de la société accède à la pleine citoyenneté. La présidente de l'Organisation marocaine des droits humains et membre de la commission Menouni  en charge de la révision de la Constitution le dit sans ambages : il faut renforcer la discrimination positive pour tendre à la parité. « La parité est une disposition claire de la Constitution adoptée le 1er juillet dernier. Mais il faut bien l'admettre, l'environnement sociétal, culturel, politique n'a pas été préparé dans ce sens. Ni les partis ni les associations n'ont travaillé le plaidoyer et l'advocacy. Il est aujourd'hui urgent de renforcer les dispositions portant sur la discrimination positive pour que les Marocaines accèdent aux fonctions électives. Politiquement, cela n'a pas été malheureusement fait ».  
Une manifestation de femmes pour interpeller fortement  les pouvoirs publics et la classe politique marocaine.

Le Maroc doit honorer ses engagements

Le Maroc peut-il valablement prôner le principe de l'égalité, œuvrer à la parité et instaurer  la démocratisation de l'espace public dans le seul discours officiel ? Comment aussi accepter que l'esprit de la Constitution profondément égalitaire soit ainsi bafoué sans autre forme de procès parce que pouvoirs publics et partis politiques en ont décidé ainsi lors de leurs conciliabules préparatoires aux lois électorales ? « Notre pays doit honorer ses engagements. Il y a d'abord un engagement de principe, celui de la Constitution qui a désormais enlevé tout obstacle à la discrimination positive et à la parité. On peut aujourd'hui prendre des mesures d'actions affirmatives pour combler le déficit de l'accès des femmes aux mandats électifs et mettre fin à leur exclusion. Il ne faut pas non plus oublier un deuxième engagement du Maroc, les objectifs du millénaire. Notre pays s'est engagé à un très haut niveau à les mettre en œuvre et parmi ces objectifs figurent la participation des femmes à la gestion des affaires publiques et leur place dans les fonctions électives. Le Maroc s'était même engagé à leur réserver  le 1/3 des sièges et ce avant 2015. C'est ce que prévoit également le rapport sur la régionalisation élaboré par la commission à laquelle j'ai eu l'honneur de participer en prévoyant le 1/3 de tous les mandats électifs aux Marocaines. C'est un pas vers la parité parce qu'un tiers constitue la masse critique pour que la présence des femmes ait vraiment un impact », fait valoir Amina Lemrini, l'une des fondatrices de l'association démocratique des femmes du Maroc (ADFM) et membre de la Commission consultative de la régionalisation.
Seront-elles entendues ? Leurs slogans traverseront-ils les murs de l'enceinte parlementaire ? Le personnel politique les écoutera-t-il?  Les interrogations sont nombreuses. Les inquiétudes aussi. « Les femmes ont toujours été le maillon faible dans toutes les négociations ayant pour enjeu le pouvoir. Et celles qui ont accédé au pouvoir législatif, ces femmes devenues députées pour la plupart d'entre elles grâce à la liste nationale, ne se sont mobilisées que tardivement, c'est à la veille des élections, pour que justice politique soit rendue aux Marocaines », conclut dans un soupir une militante.

Narjis Rerhaye
Mercredi 21 Septembre 2011

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