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Le mouvement des médecins résidents et internes se durcit : La grève des urgences en riposte aux violences policières de mercredi




Le mouvement des médecins résidents et internes se durcit : La grève des urgences en riposte aux  violences policières de mercredi
Longue, très longue nuit pour les médecins résidents et internes, ce mercredi 25 mai 2011. Les plaies de la  répression des forces de l’ordre dont ils ont fait l’objet dans la matinée du mercredi sont vivaces. « Plusieurs de nos collègues ont été victimes d’une violence policière inouïe. Nous avons enregistré des traumatismes crâniens, des doubles fractures, une fracture du col du fémur. Ce qui témoigne bien de la violence extrême des coups reçus par les blouses blanches », témoigne un rescapé venu de Casablanca, la voix étranglée par la colère.
Au sein de la Commission nationale des médecins résidents et internes, l’incompréhension est à son paroxysme. L’indignation aussi. Au cœur de Rabat, face au ministère de la Santé, 6000 médecins sont violemment dispersés. « Comme si nous étions des casseurs ou que nous représentions une menace pour l’ordre public. Nos revendications n’ont rien de politique. Elles sont éminemment sociales. Ce que nous réclamons depuis l’enclenchement de notre mouvement procède de la justice sociale et de l’exercice digne de la médecine. Nous demandons une couverture sociale, l’intégration dès la première année d’internat, la rémunération des gardes et l’équivalence du doctorat de médecin en tant que doctorat d’Etat », rappelle avec force un médecin interne.
Depuis le début de leur mouvement, les médecins résidents et internes n’ont pas réussi à faire entendre leurs voix et, disent-ils, la ministre de la Santé est restée sourde à leurs revendications. Une marche de protestation – de nombreuses blouses blanches ont même parlé de marche de la colère- a été annoncée lors d’une conférence de presse donnée par la Commission nationale. Prévue le 25 mai, elle devait s’ébranler depuis le ministère de la Santé jusqu’au Parlement.
Mercredi matin, les médecins résidents et internes, mais aussi médecins de la santé publique se retrouvent donc devant le département ministériel aux destinées duquel préside Yasmina Baddou. « Des représentants de l’autorité sont venus nous voir pour nous demander poliment d’annuler la marche et d’observer un simple sit-in. Ils nous ont également annoncé que nos représentants allaient être reçus par Madame la ministre. Nous avons répondu favorablement à toutes ces demandes et avons par conséquent annulé notre marche pacifique. Nos représentants ont rencontré la ministre de la Santé. Il y avait également des représentants du ministère de l’Intérieur. Mme Baddou s’est montrée très agressive et a tenu des propos désobligeants. La réunion a tourné court. Nous n’avions plus aucune raison de ne plus marcher, pacifiquement, en direction du Parlement », fait valoir l’un des participants à cette marche durement réprimée.
Bousculades, panique, violence… Les images de la dispersion très musclée des médecins marocains ont fait le tour de la Toile. Les coups ont plu, souvent de manière insoutenable et aveugle. « Comment peut-on traiter des médecins de la sorte ? Ce ne sont quand même pas des Baltaguiya », s’indignait ce jeudi matin un célèbre médecin casablancais.
L’indignation est unanime. Le  Syndicat national des médecins du secteur libéral a, dans un communiqué rendu public le jeudi 26 mai, condamné avec vigueur la répression qui s’est abattue sur les médecins résidents et internes, en incombe la responsabilité au gouvernement d’Abbas El Fassi et en appelle enfin à l’ouverture d’une enquête.
En attendant, les médecins résidents et internes ont décidé d’observer une grève des urgences dans les CHU ainsi que les centres hospitaliers périphériques du Maroc. Ce sont désormais les enseignants qui les assureront. « Des médecins, des chefs de service ont rejoint notre mouvement pour témoigner de leur solidarité et de leur soutien », annonce un membre de la Commission nationale, laquelle va tenir une assemblée générale dans les tout prochains jours. Autant dire que les problèmes de Yasmina Baddou sont loin d’être terminés. 

Narjis Rerhaye
Vendredi 27 Mai 2011

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1.Posté par Doc le 27/05/2011 12:11
C'est la honte extrême pour un pays très cher et très connu par sa paix dans les yeux de tout le monde que ces lâches (bac – 13 ) se sont acharnés sur des cadres supérieurs. Des médecins, les SAGES comme les décrit notre culture arabe qui consacrent leur vie à respecter tous les Marocains. Il sont éduqués et ils sont fiers à donner de leur mieux même quand leur salaire mensuel bien sur ne dépassait guère 140 euros par mois (100 fois moins leur homologues Européens et 10 fois moins de stress et de charge de travail. On ne compare pas mais la mondialisation l’oblige en quelques sortes. Le médecin marocain est parmi les espèces rares dans le monde qui effectuent encore des gardes successives pour des semaines sans aucune humanité.
Ces victimes vont toutes porter plainte devant des tribunaux nationaux et internationaux. Ces lâches sans aucune citoyenneté, on va les voir entrain d’être punis sur et certain, tôt ou tard, comme ce qu’on voit en ce moment dans des pays voisins !.
Les médecins Marocains sont parmi les plus appréciés en Europe et partout dans le monde vu leur qualité humaine et leur disponibilité pour leurs patients, mais ils aiment leur Pays et leur citoyens. Ils ne veulent pas laisser leur pays aux lâches(incompétents, ignorants, trahisants de leur peuple et leur pays…) et ils sont déterminés à aller jusqu’au bout (Victoire pour notre Maroc contre ses lâches).

2.Posté par SZ le 27/05/2011 20:33
Tres bon article, qui explique (enfin!!) les réelles motivations de cette grève des urgences. Si le Medecin Marocain, qui a porté serment, en est arrivé là, c'est que le point de non retour avait été atteint!
Si d'etre medecin nous place sur un piedestale, qui nous oblige a faire passer le malade avant nos propres besoins, il ne fallait pas nous tabasser!!!!
Si le medecin a des devoirs, il a aussi des droits inébranlables qui vont de pair, la dignité en fait partie. Sans elle, nos fonctions ne peuvent etre remplies.
Et le seul responsable a blamer, c'est le gouvernement, et a sa tete Mme la Ministre: qu'elle prenne en considération nos doléances, et qu'elle commence surtout a s'excuser au nom du pouvoir en place de nous tabasser comme du vulgaire betail

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