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Le mouvement amazigh monte au créneau : La loi organique vivement attendue




Le mouvement amazigh monte au créneau : La loi organique vivement attendue
Basta ! C’est le cri poussé par tous les activistes amazighs pour exprimer leur indignation et leur mécontentement  face à la marginalisation que continue à subir la langue amazighe. Et pour cause : la nouvelle Constitution qui a consacré le caractère officiel de cette langue a soufflé sa première bougie. Mais le processus est toujours figé. Aucune initiative n’a été entreprise pour le déclencher. On se cache derrière une loi organique qui se fait désirer et tarde à pointer le nez. Trop, c’est trop, tempêtent-ils. Ils ne comptent pas de ce fait rester les bras croisés. C’est dans ce cadre qu’un atelier à été organisé ce vendredi à Rabat. Cette rencontre à été initiée par l’Organisation marocaine des droits humains en partenariat avec la Fondation Friedrich Ebert Stiftung. L’occasion pour bon nombre de participants d’expliquer la nécessité de  l’élaboration d’une loi organique qui consacre les droits linguistiques et culturels de l’amazigh.
Les participants sont donc unanimes. Il faut passer à la vitesse supérieure et exercer des pressions sur le gouvernement qui, rappelons-le, a bien intégré la question de l’amazigh dans son programme. «Avant, nous étions « hors la loi », car aucun texte juridique ne nous protégeait, mais aujourd’hui les données ont changé, et nous comptons bien nous imposer », insiste cette participante.
Ce qu’attendent les activistes, c’est l’application des dispositions de la Constitution. Tous les principes qui y sont annoncés ne devraient pas rester des coquilles vides dès qu’il s’agit de les appliquer à la langue et à la culture amazighes. Le principe de l’égalité, de la lutte contre toute sorte de discriminations prennent ici leur sens. «Nous appelons à une égalité au vrai sens du terme et au même titre que la langue arabe», s’insurge cet activiste. Et d’ajouter : «La  nouvelle Constitution a réalisé une grande avancée en officialisant la langue amazighe. Mais cela reste en deçà de nos revendications». 
D’aucuns se demandent même pourquoi passer par une loi organique. Mais qu’à cela ne tienne, puisque c’est le processus qui a été choisi, il faut le respecter. Et au bout, il faut des décrets d’application. Le chemin est encore long. Rien n’a donc gagné.
En attendant et à  l’instar de la langue arabe, la langue amazighe  devrait investir l’espace public à commencer par l’enseignement où elle devrait devenir obligatoire.  Comme le rappellent les activistes, l’intégration de la langue amazighe dans l’enseignement n’a jamais été traitée de manière sérieuse depuis 2003. Malgré les différentes circulaires ministérielles, elle est actuellement en situation de blocage total. Tous leurs espoirs restent donc fondés sur  l’élaboration d’une loi organique  qui définira les modalités de cette intégration. Autre sujet qui fâche, celui des médias publics qui ne jouent aucunement le rôle de promoteur de la diversité culturelle. En effet, ces médias restent dominés, selon eux, par l’idéologie arabo-islamique qui ne reflète pas la réalité de la société marocaine dans sa diversité, notamment la culture amazighe dans toutes ses expressions. Le volet de l’état civil a été également évoqué par les participants. Ainsi malgré la circulaire du ministre de l’Intérieur, en date du 29 avril 2010, qui stipule qu’aucune interdiction ne doit frapper les prénoms amazighs, quelques bureaux d’enregistrement nationaux ou dans les ambassades du Maroc à l’étranger continuent de refuser certains prénoms amazighs sous prétexte qu’ils sont interdits ou qu’ils n’en connaissent pas le sens. 
«C’est tout simplement aberrant», dénonce une autre activiste L’espace des juridictions n’est pas en reste. On ne peut guère parler d’une vraie égalité des justiciables. Les Amazighs d’entre eux sont parfois confrontés à  des décisions prises à leur encontre et dont ils ne comprennent pas le sens  faute d’interprète.
Sur tous les fronts, les activistes appellent l’Etat marocain à afficher une volonté sérieuse d’intégration de la langue amazighe dans la vie publique. Pour ce, il devrait en faire une priorité nationale et adopter une politique de discrimination positive en faveur de son inclusion au sein des institutions administratives tout en lui allouant les fonds nécessaires. C’est ce que  traduirait obligatoirement la  loi organique qu’ils appellent de tous leurs vœux.
 
 

Nezha Mounir
Lundi 13 Août 2012

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