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Le mea-culpa des industriels marocains à la veille de la COP22


Selon un sondage du CMC, 75% des opérateurs affirment que l’activité de leur secteur a un impact négatif sur l’environnement



Si l’opinion des populations sur l’environnement et le changement climatique est importante, celle des opérateurs économiques l’est encore plus. Il est d’autant plus important qu’il est communément admis que les activités des industriels ont en général un impact négatif sur l’environnement.
C’est donc peu dire que l’étude réalisée par le Centre marocain de conjoncture (CMC) auprès des patrons des entreprises marocaines et dont les résultats ont été rendus publics récemment est vraiment utile.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’avis de ces derniers sur la question  «environnement et changement climatique » est édifiant à bien des égards et éclaire l’opinion publique à l’approche de la COP22, prévue du 7 au 18 novembre à Marrakech.
En effet, selon les résultats de l’enquête, réalisée entre septembre et octobre 2016, une grande majorité des industriels marocains, soit 75% des patrons, affirment que l’activité de leurs secteurs a un impact négatif sur l’environnement. Près de la moitié (45%) sont tout à fait d’accord avec cette confirmation et 30,2% sont tout simplement d’accord. Les autres avis sont partagés entre pas d’accord (5,7%) et pas tout à fait d’accord (5,7%).
Notons que les avis varient selon les domaines. Ainsi, il ressort de l’étude que les domaines dans lesquels cette influence est la plus importante sont la production des déchets (28,3%), les émissions des gaz à effet de serre (18,9%) et la pollution de l’air (18,9%).
Dans le même cadre, le Centre marocain de conjoncture fait observer que les effets négatifs sont considérés comme modérés sur la biodiversité (3,7%), l’utilisation ou génération de substances toxiques ou dangereuses (3,8%), la pollution de l’eau (7,6%) et la pollution des sols (1,9%).
L’étude traite aussi des objectifs que se sont fixés les entreprises en matière d’environnement. En effet, lors de cette enquête, les patrons marocains ont tous déclaré qu’ils ont un objectif en matière d’environnement. Selon le CMC, «ces objectifs sont fixés dans une logique de gestion économe des ressources pour 56% des patrons, de l’amélioration de l’efficacité énergétique pour presque autant et dans une optique de prévention et de recyclage des déchets pour 45% des responsables des unités industrielles marocains». 
En revanche, l’objectif de transition pour les énergies renouvelables n’a été fixé que par 26% des industriels. 
Sur la question de savoir qui a le plus grand rôle à jouer en matière de protection de l’environnement, la réponse des opérateurs économiques marocains est des plus claires. Ils estiment que l’Etat et les pouvoirs publics ont un rôle important à jouer en la matière. Sur ce point, l’enquête relève que cette responsabilité est mentionnée par 60% des industriels enquêtés. 
Pour près de la moitié des patrons (47%), cette tâche incombe aux entreprises et pour 37% elle relève de la responsabilité des consommateurs.
Les opérateurs économiques se sont aussi exprimés sur les enjeux du développement durable qui leur paraissent les plus importants. Il ressort ainsi que la gestion de l’eau (58%), la préservation des ressources naturelles (58%) et  la gestion des déchets (49%) constituent à leurs yeux des enjeux importants. 
La majorité des chefs d’entreprises marocains le pensent véritablement alors que plus de 50% des sondés les ont soulignés. 
Quand bien même ils sont considérés comme importants, les autres aspects comme la lutte contre le réchauffement climatique, le recyclage des produits, la préservation de la faune et de la flore ne semblent pas constituer une priorité urgente pour les patrons. En effet, moins de 40% des enquêtés les ont considérés comme des enjeux importants.
Une chose est cependant sûre : plus de 90% des patrons marocains sont favorables à l’adoption d’une réglementation contraignante dans le domaine de l’environnement. «Selon presque 70% des chefs d’entreprises marocains, la responsabilité sociale des entreprises en matière d’environnement est une conviction et non une contrainte. Elle est aussi une opportunité pour 20% des décideurs industriels.
Enfin, en ce qui concerne la responsabilité sociétale des entreprises (RSE), la majorité (69,8%) la considère comme une conviction, 20,8% comme une opportunité et 5,7% comme un axe de communication. En revanche, 1,9% estime qu’elle est avant tout une contrainte.
 

Alain Bouithy
Vendredi 21 Octobre 2016

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