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Le droit à l’éducation obéré par l’enseignement privé

Le rapide développement du secteur accentue les inégalités, selon le Comité onusien des droits de l’enfant




Le droit à l’éducation obéré par l’enseignement privé
Protéger et promouvoir les droits des enfants de survivre et de se développer, d’apprendre et de s’épanouir. Telle était la promesse faite, il y a 25 ans, par la communauté internationale.
Pourtant, plus de deux décennies plus tard et malgré des avancées globales, l’Unicef estime que de « nombreux enfants restent encore à la traîne » et que, constate-t-elle, des « défis anciens se sont combinés à de nouveaux problèmes et privent de nombreux enfants de leurs droits et des bienfaits du développement ».
Ce constat est tout aussi vrai pour le Maroc qui, en dépit de quelques avancées observées en matière de droits des enfants, semble n’avoir pas tout réglé, notamment en matière d’éducation. Pour rappel, le Comité des droits de l’enfant (relevant des Nations Unies) a exprimé sa préoccupation concernant les différentes lacunes dans le Plan d’action national pour l’enfance (2006-2015), dans un rapport publié en octobre dernier.
Tout en considérant comme positive l’élaboration en cours d’une politique intégrée de protection de l’enfance, le Comité avait jugé préoccupant que cette politique ne couvre pas tous les domaines visés par la Convention.
Ce dernier avait alors exhorté le Maroc à faire en sorte que sa politique intégrée en faveur de l’enfance englobe la protection des enfants et s’étende à tous les domaines visés par la Convention et tous les enfants, d’établir les stratégies requises pour son application et de consacrer suffisamment de ressources humaines, techniques et financières à cet objectif.
Il est à noter que les observations finales concernant les troisième et quatrième rapports périodiques du Maroc de l’année 2014 faisaient état d’avancées en demi-teinte sur bien des domaines dont celui de l’éducation.
En effet, le Comité notait avec préoccupation que le système éducatif marocain continue de se heurter à de graves problèmes, malgré les progrès réalisés dans « le domaine de la scolarisation, les mesures prises pour assurer l’égalité entre les sexes au niveau primaire et l’augmentation du montant des ressources publiques allouées au secteur de l’enseignement », entre autres.
Le Comité observe aussi que « l’enseignement privé se développe très rapidement, en particulier au niveau primaire, sans que soit exercée la supervision nécessaire sur les conditions d’inscription et la qualité de l’enseignement fourni, en sorte que les inégalités dans l’exercice du droit à l’éducation s’accentuent et les enseignants donnent de plus en plus souvent des cours privés dans les écoles publiques et accordent la priorité au travail qu’ils accomplissent dans les écoles privées ». Autre préoccupation du Comité des droits de l’enfant : l’enseignement préscolaire demeure peu développé et quasi inexistant dans les zones rurales. Face à cette situation, le Comité a formulé plusieurs recommandes. Parmi celles-ci : redoubler d’efforts pour assurer la scolarisation de tous les enfants aux niveaux primaire et secondaire en prenant des mesures ciblées pour toucher les enfants privés d’enseignement; procéder à une évaluation correcte des lacunes du programme d’urgence pour 2009-2012 et adopter toutes les mesures nécessaires pour assurer une utilisation et un contrôle effectifs et efficaces des ressources financières allouées au système éducatif ainsi qu’évaluer et mesurer les conséquences du développement rapide de l’enseignement privé dans l’Etat partie. Le Comité estime que cela permettra « d’y faire face et faire en sorte que les enseignants du secteur public contribuent à l’amélioration du système éducatif au Maroc plutôt que d’être utilisés par le secteur privé ».
S’agissant des mesures nécessaires à prendre pour améliorer la qualité de l’enseignement, il préconise de dispenser notamment aux enseignants une formation de qualité, « et de développer et promouvoir la qualité de la formation professionnelle pour améliorer les qualifications des enfants et des jeunes, en particulier de ceux qui ont abandonné l’école ».
Enfin, le Comité dont les observations et recommandations vont être au centre d’une conférence de presse organisée aujourd’hui à Rabat, juge indispensable d’ « allouer des ressources financières suffisantes au développement et à l’expansion de l’éducation à la prime enfance dans les zones rurales ». Cette initiative devrait toutefois se faire « selon une approche globale et intégrée du développement et de la prise en charge de la petite enfance », pense-t-il.

Alain Bouithy
Mardi 13 Janvier 2015

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