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Le dossier de nos provinces sahariennes s’invite au débat à Safi

Journée d’étude à la Faculté polydisciplinaire




Le dossier de nos provinces sahariennes s’invite au débat à Safi
La Faculté polydisciplinaire de Safi a abrité une journée d’étude consacrée aux développements liés au dossier du Sahara marocain à la lumière de la dernière résolution du Conseil de sécurité de l’ONU.
La rencontre initiée par la Fédération des associations de Safi en étroite collaboration avec la Faculté polydisciplinaire, a été entamée par une intervention du doyen de la faculté qui a appelé à une mobilisation académique pour la défense du dossier du Sahara marocain sous un angle scientifique en fournissant des efforts au niveau de la recherche et la communication autour de la juste position marocaine. “Toute forme d’extension des attributions de la Minurso représente une atteinte à la souveraineté du Maroc sur son Sahara”, a-t-il affirmé.
Le représentant de la commission régionale des droits de l’Homme a mis en avant les avancées relatives au respect des droits de l’Homme réalisées par le Maroc. L’intervenant a projeté un documentaire qui a revisité la chronologie des propositions de résolution du dossier du Sahara, la mission de la Minurso et les budgets qui lui sont alloués, la proposition d’extension de la mission de la Minurso et la position ferme du Maroc à cet égard, ainsi que les risques et les menaces contenus dans la proposition américaine qui met en péril un partenariat historique et stratégique avec le Maroc.
Mustapha Sophi, professeur des sciences politiques à la FP de Safi, a considéré que la position américaine, malgré les risques qu’elle représentait, avait cependant démontré, la position unanime et la mobilisation nationale autour du Sahara marocain.
Il s’est interrogé sur les dessous et les perspectives de la proposition américaine qu’il préfère lier à des facteurs conjoncturels marqués surtout par les mutations dans le monde arabe et la situation au Sahel.
La stratégie de gestion de ce dossier longtemps monopolisé par le Roi et le ministère de l’Intérieur, a-t-il affirmé, devrait être révisée pour plus de réactivité et d’implication des composantes de la société marocaine. Toute résolution du dossier du Sahara devrait découler d’un projet de société incluant partis politiques et société civile, car ce dossier revêt un intérêt stratégique au-delà de la question des droits de l’Homme. D’autre part, M. Sophi a appelé à une diplomatie offensive optimisant le dialogue  entre le Nord et le Sud, car personne ne peut imaginer le Maroc sans son Sahara.
Pour Abdellatif Bakkour, professeur des sciences politiques à la même Faculté, l’Algérie est fortement impliquée dans le dossier du Sahara bien qu’elle prétende adopter une position neutre. Pour lui, la diplomatie marocaine n’a pas fourni suffisamment d’efforts auprès des Nations unies afin de mettre en échec les manœuvres du Polisario qui profite actuellement de l’appui de plusieurs institutions américaines qui ont un impact sur la prise de décision au niveau de l’administration américaine. Bakkour a  appelé  d’une part à l’optimisation et au renforcement de la diplomatie parallèle impliquant chercheurs, partis politiques, syndicats et associations des droits de l’Homme, et d’autre part, la constitution d’un Conseil suprême composé de professeurs et chercheurs et chargé du suivi de ce dossier. Les chantiers de démocratisation et d’enracinement de la bonne gouvernance devraient continuer, a-t-il ajouté, tout en élargissant les possibilités de participation politique et la concrétisation du projet d’autonomie.
Abdelkader Azria a situé l’actuelle situation dans le cadre d’une crise d’identité héritée du Protectorat et aggravée par le processus de mondialisation. Sachant que la nouvelle Constitution avait inclu de manière anticipative la culture Hassanie comme principale composante de la culture multiple marocaine. Pour Azria, la position américaine devrait faire l’objet de débats impliquant chercheurs et acteurs politiques et civils, car le Maroc avait adhéré volontairement aux conventions et chartes internationales des droits de l’Homme tout en mettant en place le Conseil national des droits de l’Homme qui se réfère dans son action aux principes de la Déclaration universelle. L’intervenant a appelé à une nouvelle approche dans la gestion du dossier du Sahara  tout en insistant sur la conjugaison des contenus de la nouvelle Constitution et des rapports du Conseil économique, social et écologique.
 Said Khoumri, professeur des sciences politiques, a souligné que la diplomatie marocaine était toujours confrontée à une diplomatie  appuyée par de grandes stratégies au niveau international. Les efforts des ONG marocaines ainsi que ceux du Conseil national des droits de l’Homme, a-t-il ajouté, avaient finalement réussi à infléchir la position américaine.
Selon lui, le dernier rapport de l’envoyé onusien au Sahara  qui s’est contenté d’évoquer la question des droits de l’Homme au Sahara sans soulever les pratiques répressives perpétrées à Tindouf, n’était pas équilibré: comment peut-il signaler le rôle avant-gardiste du Conseil national des droits de l’Homme dans la région tout en appelant à l’instauration d’un nouveau mécanisme de contrôle? s’interroge-t-il. Et de remarquer que le rapport avait omis les efforts des associations des droits de l’Homme et des médias dans les provinces du Sud. Toutefois, ledit rapport contient des points positifs censés être capitalisés par le Maroc tels l’ouverture du pays sur les organisations internationales des droits de l’Homme, les efforts consentis pour le développement social de la région et la nécessité de l’ouverture des frontières entre le Maroc et l’Algérie.
Pour conclure, Khoumri a exhorté les partis politiques et les syndicats à assumer leur mission d’encadrement, d’organisation et d’ouverture sur l’approche des droits en vue de créer les conditions requises pour la mise en œuvre du projet de régionalisation avancée.
Quant à Jmiai, il a mis en avant le rôle avant-gardiste de la société civile comme stipulé dans la nouvelle Constitution. Les acteurs associatifs, a-t-il ajouté, sont appelés à défendre l’intégrité territoriale du Royaume et mettre en échec les manœuvres qui risquent de porter atteinte à la souveraineté nationale dans les provinces du Sud.

Abdelali Khallad
Mercredi 15 Mai 2013

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