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Le décret du transfert des agences de développement adopté en Conseil de gouvernement ce jeudi

Les personnels protestent contre une décision précipitée sans plan d’accompagnement social




Le décret du transfert des agences de développement adopté en Conseil de gouvernement ce jeudi
 
Les dés en sont-ils jetés ? C’est aujourd’hui que le décret modificatif portant sur le transfert des trois agences de développement économique et social des provinces  du Nord, du Sud et de l’Oriental doit être adopté lors du premier Conseil de gouvernement de la rentrée. 
On s’en souvient, cette décision est tombée sans prévenir le 25 mai dernier. Le chef du gouvernement a signifié, par écrit, aux patrons des trois agences la décision du transfert de leurs sièges respectifs à Tanger, Laâyoune et Oujda. Le ministre de l’Intérieur est venu prêter main forte à la décision. Mohamed Hassad est en effet l’auteur du décret qui fait déménager les agences et les place sous l’autorité des walis.  
Et depuis, c’est le ciel qui est tombé sur le personnel de ces agences dédiées à la promotion et au développement économique et social des provinces du Sud, du Nord et de l’Oriental. Très vite, la mobilisation s’organise. Elle se fait à l’ombre de la centrale syndicale UMT. Dès le mois de juillet, les cadres et employés de l’Agence pour la promotion et le développement du Nord créent leur syndicat. En août, c’est au tour de ceux de l’Agence pour la promotion et le développement économique et social des provinces du Sud du Royaume de franchir le pas et de créer leur propre syndicat. Aujourd’hui, les deux syndicats font front commun pour défendre les droits  et préserver les acquis des personnels et tenter de surseoir à une décision que les employés des agences du Nord et du Sud considèrent comme précipitée. « Comment peut-on prendre une telle décision relative à un changement de siège sans prévoir le moindre plan d’accompagnement social ? Un pays qui respecte ses cadres ne peut pas faire l’économie d’un plan d’accompagnement.  Il faut le savoir, ce sont près de 500 familles qui sont concernées », s’indigne Khalid Modaffar, patron du Syndicat national des cadres et employés de l’Agence du Sud.
 
Un sit-in à Rabat, Tanger 
et Laâyoune ?
Des courriers ont été adressés aux directeurs des trois agences. Un communiqué a été publié pour demander que le transfert des sièges des agences fasse l’objet d’une transition. Si la décision n’est pas remise en cause, c’est son exécution qui pose problème. Visiblement, le gouvernement Benkirane n’y a pas pensé. «Le délai de trois mois imparti par la Présidence du gouvernement, annoncé dans la lettre du 25 mai 2014, qui a pour objet le transfert des sièges des trois agences de développement hors de Rabat, est insuffisant pour la gestion de toutes les répercussions familiales et matérielles de ce transfert.  Le Syndicat national, qui fait porter à la Présidence du gouvernement la responsabilité des répercussions désastreuses de cette opération, insiste sur la nécessité de surseoir à cette décision de transfert des sièges des trois agences, le temps qu’il faudra pour trouver une solution aux problèmes sociaux des employés. Pour  être efficace, la mise en œuvre de cette décision devra s’étaler sur une durée d’au moins une année et non sur trois mois, afin de permettre au personnel de se préparer et de préparer l’environnement familial à cette nouvelle situation», fait-on savoir du côté du syndicat. 
Pour l’heure, le gouvernement préfère occulter une  contestation qui n’en finit pas de gronder. Il y a une semaine, le ministre d’Etat Abdallah Bahaa a bien reçu MM. Hajji, M’barki et Brini, les directeurs des trois structures. Une conseillère  du chef du gouvernement a été désignée pour ouvrir le dialogue avec le Syndicat national des agences de développement économique et social.  « Nous n’avons pas encore été contactés. Et les pouvoirs publics n’ont pas encore donné suite à notre demande d’ouverture d’un dialogue responsable », indique K. Moudaffar. Les revendications sont aussi claires que précises. Le syndicat appelle les  pouvoirs publics  à sursoir à la décision pour mieux en préparer l’exécution.  L’ouverture de directions régionales à Guelmim et à Dakhla  est aussi une demande forte émanant du personnel de l’Agence du Sud.
Le transfert  des trois agences est effectif depuis le lundi 1er septembre. A Tanger et Oujda, le personnel a rejoint des locaux sans eau ni électricité alors qu’à Laâyoune, les employés de l’Agence du Sud squattent les locaux de la région en attendant que leur siège soit prêt.
Le bureau national du Syndicat du personnel des agences de développement est en réunion ouverte. «Si le gouvernement n’ouvre pas le dialogue avec nous, nous allons organiser un sit-in aussi bien à Rabat qu’à Laâyoune et Tanger ce vendredi », préviennent les membres du Syndicat national des agences.  

Narjis Rerhaye
Jeudi 4 Septembre 2014

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