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Le coût des importations pourrait se révéler prohibitif : Une campagne céréalière fortement déficitaire




Le coût des importations pourrait se révéler prohibitif : Une campagne céréalière fortement déficitaire
Toutes les prévisions se sont révélées exactes. Les chiffres de la production des trois principales céréales viennent de tomber. Sans trop de surprise, une nette diminution a été enregistrée. D’un volume de 88 millions de quintaux en 2010-2011, la campagne agricole est passée à 51 millions de quintaux pour 2011-2012. Une régression de près de la moitié. Ces chiffres qui ont été rendus publics via un communiqué du ministère de l’Agriculture et de la Pêche maritime, interpellent le gouvernement et devraient l’inciter à prendre d’autres  mesures que celles relatives à l’exonération des droits de douane. 
Depuis le début de la saison agricole, les pronostics n’auguraient rien de bon. Tout s’y prêtait. De mauvaises conditions météorologiques se traduisant par un déficit en pluviométrie et de basses températures ont sérieusement impacté la production céréalière  notamment le blé dur plus sensible au froid. Les responsables parlent « d’une saison agricole moyenne », une litote en fait .
 En effet, la consommation annuelle du Maroc s’établit à 100 millions de quintaux de céréales. Ce qui représente pas moins de 322 kg consommés par habitant, à en croire des chiffres du Haut commissariat au plan. Cette très forte consommation, qui dépasse largement la moyenne mondiale et  également supérieure à la production nationale, place le Maroc parmi les plus gros consommateurs de blé au monde. Afin de combler ce déficit, le Maroc n’a d’autre choix que de se tourner vers les importations. Les dernières données disponibles sur les importations présentées par l’autorité céréalière contrôlée par l’Etat «ONICL», montre que le Maroc a importé 2,44 millions de tonnes de blé, y compris 1,96 million de tonnes de blé tendre, dans les 10 mois jusqu’à la fin mars 2012.
Le département américain de l’Agriculture, pour sa part, a prévu une importation de blé par le  Maroc avec un  besoin de plus de 5 millions de tonnes pour cette année, contre 3,2 millions de tonnes pour la campagne précédente. Les importations d’orge devraient presque doubler pour atteindre 1 million de tonnes. Des chiffres qui devraient être revus à la hausse. De ce fait, des mesures sont prises afin de limiter l’impact de la hausse vertigineuse sur le marché international du prix des céréales, le blé dur en particulier, pour assurer l’approvisionnement des marchés.
Toutes ces importations risquent de peser lourd sur les finances de l’Etat qui sont déjà mises à mal. Ceci d’autant plus que les prix du blé au niveau international  atteignent des pics assez importants ces derniers temps. Le Maroc connaît actuellement une conjoncture économique et financière très difficile. Et pour cause, tous les indicateurs économiques ne sont pas très rassurants. Bank Al-Maghrib annonçait récemment que le déficit budgétaire pour l’année 2011 a atteint les 7% du PIB, son plus haut niveau depuis les années 80. Le taux de croissance économique  n’est pas en reste puisqu’il a été revu à la baisse par les institutions financières et devrait osciller entre 3 et 4% en raison des difficultés financières de la zone Euro.
Le décor est bien planté. De quoi provoquer des insomnies. Mais l’essentiel n’est-il pas d’éviter de procéder pareillement à ce qui a été fait concernant les hydrocarbures afin qu’il n’y ait pas de flambée du prix de la farine?
 
 

Nezha Mounir
Mardi 10 Juillet 2012

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1.Posté par pioto le 11/07/2012 16:59
Depuis bien longtemps j'entends sur tous les toits des performances et de grand développent de l'agriculture au Maroc,mais apparemment il n'y a pas de quoi pavoiser,une pluviométrie pas au rendez-vous est le vrai visage tant vanté se révèle au grand jour.Pourtant pas moins de 5 millions de hectares emblavés alors qu'en Algérie ils sont à peine à 3.1 millions ce qui explique des productions brutes marocaines plus importantes.Mais j'estime que lAlgérie est aussi performante d'autant qu'elle ne bénéficie pas pas de réserves hydrauliques estimées à 17 milliards de mètre cubes au Maroc ,contre, depuis récemment, 7.4 milliards en Algérie,sensées couvrir une grande partie des besoins en irrigation de l'agriculture marocaine.Sans parler de l'avantage naturel de la topographie du Maroc ,proche de l'océan Atlantique,avec de meilleurs facteurs climatiques dont une pluviométrie annuelle et pérenne meilleure.A décharge de l'agriculture marocaine moins mécanisé.
Il est intéressant que votre journal publie un article ou carrément une enquête sur le sujet et tirer au clair le vrai du mythe.
A mon avis il doit pas y avoir un grand écart,sachant que l'Algérie a toujours négligé ce secteur stratégique jusqu'à des temps récents tout le contraire du Maroc,qu'il en a fait la priorité des priorités depuis les années 70

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