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Le calvaire des victimes de l’effondrement de l’immeuble de la rue d’Agadir à Casablanca

Malgré un jugement de première instance et un autre en appel, les sinistrés attendent toujours d’être indemnisés




A l’heure où l’effondrement des immeubles de Bourgogne suscite encore beaucoup d’émoi, d’autres affaires non moins importantes mais plus anciennes traînent encore devant la justice. C’est le cas d’un immeuble sis rue Houdhoud (près de la rue Agadir) datant d’une cinquantaine d’années et qui s’est effondré en juin 2011 à cause de travaux d’excavation entrepris dans une villa mitoyenne provoquant des dégâts matériels importants. La justice a dit son mot mais l’exécution du jugement relève encore du parcours du combattant.
L’immeuble abritait cinq familles qui se sont retrouvées subitement à la rue. Elles ont perdu tous leurs biens. Une vraie descente aux enfers. Les victimes ont intenté un procès pour demander réparation des dommages subis. L’arrêt de la Cour d’appel de Casablanca a confirmé le jugement du tribunal de première instance de Aïn Sebaâ. Ce dernier avait condamné la propriétaire de la villa en question à six mois de prison avec sursis, le responsable du chantier incriminé à dix mois de prison ferme et l’architecte à trois mois de prison avec sursis et ordonné l’indemnisation de toutes les victimes. Les sommes allouées au titre des dommages et intérêts oscillaient entre  40.000 DH et 250.000 DH. La notification a bien eu lieu sauf que jusqu’à présent, à leur grand dam, les victimes, n’ont pas vu la couleur de l’argent qui leur revient.  C’est la sempiternelle question de l’exécution des jugements qui se pose ainsi avec une acuité certaine. Une autre affaire qui vient allonger la liste, ô combien longue, des dossiers en souffrance. «C’est à se demander à quoi sert réellement un procès. Pourquoi se donner tant de peine, engager des procédures, débourser des frais si au final la décision du tribunal n’est pas exécutée?», se demande avec beaucoup de dépit ce plaignant dont l’affaire traîne depuis trop longtemps à son goût. Procédures lentes, voire parfois inadéquates, atermoiements, «la notification et l’exécution des jugements constituent aujourd’hui le point noir du système judiciaire», de l’avis des spécialistes. D’aucuns pointent du doigt les huissiers de justice et recommandent de revoir le montant de leurs rétributions afin qu’ils ne soient pas tentés d’arrondir leurs fins de mois ailleurs.  Il va sans dire que ce sont les victimes qui paient le prix fort de tous ces dysfonctionnements. Tel est le cas de Abdelhaq Younès, l’une des victimes de l’immeuble susmentionné. En plus du dommage moral qu’il a dû subir ainsi que les siens, ce retraité a perdu tous ses biens personnels. Les 100.000.00 DH de dommages intérêts alloués par le tribunal auraient pu lui permettre, autant faire se peut, de remonter la pente. Lui qui habitait un appartement dans l’immeuble sinistré moyennant un loyer modeste d’un montant de 742 DH, a dû  en chercher un autre à 2.000 DH.  Un montant qui dépasse bien ses moyens. Le bout du tunnel est-il à entrevoir? 

Nezha Mounir
Vendredi 7 Novembre 2014

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