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Le PJD cherche à museler les partis politiques avant les prochaines élections

Les présidents des conseils communaux dénoncent les poursuites judiciaires sélectives




Le PJD cherche à museler les partis politiques avant les prochaines élections
 
Les présidents des conseils communaux haussent le ton contre la campagne visant à porter atteinte à leur image et à leur statut.  Rassemblés samedi dernier à Rabat dans le cadre de la réunion ordinaire du bureau exécutif de leur association (AMPCC), ces présidents ont exprimé leur mécontentement face aux poursuites judiciaires sélectives diligentées à la veille des élections communales contre certains présidents.  
Dans un communiqué publié à l’occasion, le bureau de l’AMPCC a tiré la sonnette d’alarme contre toute implication de la justice dans ce dossier et contre le fait de chercher à entraîner les juges dans des règlements de comptes à caractère politique. 
 «Le communiqué de l’AMPCC fait allusion à la dernière décision prise par le ministre de la Justice et des Libertés ordonnant aux parquets généraux l’ouverture d’enquêtes judicaires concernant 21 établissements publics et collectivités territoriales »,  a précisé Abdelhamid Ennajih, analyste politique de la gestion locale, avant d’ajouter  que cette « mesure n’a rien de fortuit  puisqu’elle vise à museler les partis politiques et à monter l’opinion publique contre certains présidents de communes afin de détourner l’attention de la situation politique, sociale et économique inquiétante du pays».  
Mais, ces présidents ne sont pas dans le viseur du seul ministère de la Justice et du PJD, note l’analyste politique. Ils sont également dans le collimateur du ministère de l’Intérieur qui exerce beaucoup de pressions sur eux. «La première mouture du projet de loi organique sur les communes risquera de faire de ces derniers des proies faciles pour les  gouverneurs, voire pour les édiles des conseils communaux», a-t-il indiqué. Abdelhamid Ennajih poursuit à ce propos  : «En effet, le nouveau texte prévoit la possibilité de présenter des motions de démission signées par au moins le tiers des membres du conseil à mi-mandat sans oublier que les décisions de ces conseils ne sont exécutables qu’une fois que les autorités en sont informées». L’article 82 va plus loin et exige le visa du gouverneur ou du wali lorsque les décisions du conseil ont un impact sur les finances de la commune.    
Pis, un président de commune ne pourra plus prétendre devenir parlementaire ou membre du gouvernement. Pour les nombreux députés qui cumulent les fonctions, il faut dorénavant faire le choix entre un mandat local ou national. 
«Le ministère de l’Intérieur a essayé de placer la barre très haut et cela n’a rien d’innocent. En agissant comme il le fait actuellement, ce département entend se donner le moyen de s’offrir l’occasion de mener des négociations moins ardues que prévu et de faire le moins de concessions possibles», estime notre source, considérant que le projet de loi en question induit  une régression dans le processus d’édification de la démocratie locale et qu’il a, de ce fait, besoin d’être modifié. «La mouture de ce projet de loi organique reste en deçà des ambitions de la Constitution de 2011 et c’est là que le bât blesse», a-t-il conclu. 
 

Hassan Bentaleb
Mardi 30 Septembre 2014

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