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Le Maroc s’abstient de voter le moratoire onusien sur la peine de mort




Le Maroc s’abstient de voter  le moratoire onusien sur la peine de mort
Lors de la tenue de sa soixante-neuvième session, la troisième Commission, chargée des questions sociales, humanitaires et culturelles a adopté par 114 pour 36 contre et 34 abstentions un projet de résolution intitulé « Moratoire sur l’application de la peine de mort» demandant « à tous les Etats » de limiter progressivement l’application de la peine de mort et de ne pas l’imposer aux personnes de moins de 18 ans, aux femmes enceintes ni aux personnes atteintes de déficiences mentales ou intellectuelles.
Contrairement à toute attente, le Maroc a fait partie du peloton des abstentionnistes.
Pour Abderrahim El Jamai, président du Collectif marocain contre la peine de mort, cette position «n’honore pas le Maroc qui observe depuis presque 17 ans un moratoire de facto» et «n’a aucun sens alors que notre pays abrite le Forum mondial des droits de l’Homme, et après que la Constitution de 2011 a consacré le droit à la vie». 
«Ce vote n’est pas fondé et marginalise le Maroc dans son environnement immédiat. Des pays comme le Sénégal ont  déjà voté en faveur de cette résolution et l’Algérie a fait de même en 2012, et tous les pays de l’Union européenne la soutiennent », a-t-il souligné dans une déclaration à Libé. Et de poser quelques questions auxquelles il ne trouve pas de réponses convaincantes : « Qui a pris cette décision : le gouvernement, le chef du gouvernement, le ministère des Affaires étrangères, les partis de la majorité ou autres institutions constitutionnelles ? Comment expliquer l’hésitation des autorités marocaines? Est-ce sous la pression des pays du Moyen-Orient ou des Etats-Unis ? ».
Abderrahim El Jamai a, par ailleurs, critiqué la position du PJD et notamment du ministre de la Justice et des Libertés à l’égard de l’abolition de la peine de mort, affirmant que d’autres pays islamiques comme la Turquie et Djibouti ont soutenu  cette résolution, ce qui prouve, selon lui, que « le PJD s’appuie sur la religion pour justifier sa politique punitive». Il a également tancé d’autres partis de la majorité comme le PPS qui gardent le silence et n’osent pas afficher leur position en ce qui concerne ce sujet.
Ce fervent défenseur des droits de l’Homme au Maroc a affirmé que Rabat n’était pas obligé de prendre cette décision concernant l’adhésion au deuxième Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, visant à abolir la peine de mort, mais seulement d’officialiser une règle non écrite qu’il observe depuis plusieurs années, et ce en votant pour le projet de résolution de la troisième Commission.
Il a, par ailleurs, exprimé son souhait que les autorités marocaines rectifient le tir quand ce projet sera présenté à l’Assemblée générale de l’ONU.
Si le Maroc confirme son vote initial, ce sera la cinquième fois qu’il votera contre cette résolution à l’instar de ce qu’il a fait en 2007, 2008, 2010 et 2012. 
A noter que le Collectif contre la peine de mort au Maroc comprend l'Association des barreaux du Maroc, l'Association marocaine des droits de l'Homme (AMDH), l'Organisation marocaine des droits de l'Homme (OMDH), la section marocaine d'Amnesty International, le Forum marocain pour la vérité et la justice, l'Observatoire marocain des prisons et le Centre des droits de l'Homme.
Le Réseau des parlementaires contre la peine de mort au Maroc a, quant à lui, exprimé sa préoccupation et sa déception après ce vote négatif du Maroc. Cette position, d’après un communiqué du Réseau, contredit les dispositions claires de la nouvelle Constitution, les attentes des associations marocaines défendant les droits de l’Homme, et l’appel du CNDH lors de son dernier rapport présenté au Parlement.  Il a souligné que par cette abstention, «les autorités gouvernementales placent le Maroc en marge du processus mondial de renforcement des droits de l’Homme et à leur tête la défense du droit à la vie et la préservation de la dignité humaine».
Pour le Réseau des parlementaires contre la peine de mort, le gouvernement dispose encore de temps pour rectifier le tir en votant en faveur de cette résolution qui sera soumise à l’Assemblée générale au mois de décembre. 

Mourad Tabet
Lundi 1 Décembre 2014

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1.Posté par driss le 30/11/2014 23:27 (depuis mobile)
Le Maroc a bien fait ,je ne peux pas supporter voir l''assassin de mon fils ou de ma mère libre même après 30 ans. Cette question mérite une consultation du peuple tous les 10 ou 15 ans. Les associations ne représentent que leurs adhérents .

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