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Lancement d’un nouveau programme de projections-débats à Rabat

«C’est eux les chiens» en ouverture du projet, initié par l’Association Ciné 2050




Lancement d’un nouveau programme de projections-débats à Rabat
Dans le but d’accompagner le développement permanent du secteur cinématographique marocain, l’Association Ciné 2050 a donné, jeudi dernier, le coup d’envoi d’un nouveau programme de projections-débats, en partenariat avec la Fondation Hiba. 
Un programme  mensuel qui offrira, chaque dernier mardi du mois, au Cinéma Renaissance de Rabat,  un espace favorisant les rencontres, les échanges et le rapprochement entre les amateurs du 7ème art et les professionnels. 
La soirée inaugurale a été marquée par la projection de « C’est eux les chiens », un film qui raconte l’histoire de Majhoul, un sexagénaire qui vient de passer 30 ans dans les geôles marocaines pour avoir manifesté en 1981, lors des "émeutes du pain". Il retrouve la liberté en plein Printemps arabe. Une équipe de télévision en quête de sensationnel décide de le suivre dans la recherche de son passé. Ulysse moderne, Majhoul les entraîne dans une folle traversée de Casablanca, au cœur d'une société marocaine en ébullition. Ou comment un perdant magnifique se fraie un chemin pour regagner sa place dans une société arabe moderne tiraillée entre un conservatisme puissant et une soif de liberté.
Ce film, qui a été écrit en un an et tourné en trois mois, et qui dégage une certaine conscience politique du réalisateur, semble très improvisé mais en réalité, c’est un film qui a demandé un sacré travail au niveau du scénario ou du repérage très précis, entre autres. Et d’une manière générale, tout ce qui est fait avec les tripes finit par remporter le succès escompté. A cet égard, le réalisateur du film, Hicham Lasri, a expliqué, lors du débat passionnant, qui a suivi la projection, qu’il est vraiment quelqu’un de très formaliste. « Ce qui m’amuse, c’est la recherche, être dans l’artisanat de la fabrication d’images étranges, inventer des émotions sans être dans une musique poussée ou des dialogues trop théâtraux. Je crois avoir fait un film youtubien : il joue avec les codes de la téléréalité, du documentaire, de la théâtralité et avec ceux des vidéos spontanées mises en ligne, parfois très scotchantes!», a-t-il précisé. 
Interrogé sur la liberté des comédiens dans leurs expressions et leur rapport à l’espace, Hicham Lasri a indiqué que «l’idée était de donner l’impression que ça se passe devant nous. C’est la caméra de télévision qui filme. Il fallait du hors-champ et de la frénésie, cela a été un gros travail de montage pour garder cette intégrité. Sur le scénario, Nabil Ayouch, le producteur, me demandait toujours “qui filme?”. Alors j’ai décidé d’écrire le scénario en précisant dans chaque séquence qui filme et pourquoi il filme en essayant d’y apporter des réponses logiques et précises. Cela me permettait de voir les choses plus clairement et d’être cohérent. J’ai fait le choix de travailler en équipe réduite. La plupart des figurants dans le film sont des badauds et un travail compliqué a été fait pour mélanger nos comédiens professionnels et amateurs… ».
Au sujet du va-et-vient courant, de la caméra qui filme et la caméra où on est filmé, Lasri a souligné qu’il joue avec le côté «making off» du film. «Mais il y a tellement de hors-champ que cela nous éloigne de la télévision. On est proche de la téléréalité, mais la réflexion sur l’outil caméra et la gestion de l’espace est permanente. La caméra comme outil d’oppression est centrale. J’ai voulu que la lumière crue banalise les personnages, que les intuitions baignent ce monde fiévreux en accentuant le côté désabusé du film», a-t-il dit.
Concernant le travail de montage, le jeune réalisateur a souligné qu’il y avait beaucoup de possibilités, des choses rajoutées au fur et à mesure du tournage. « L’errance du personnage converge vers un point central. On a beaucoup coupé, ce fut complexe mas sans grand flottement, en six semaines », a-t-il conclu. 
 

Mehdi Ouassat
Samedi 27 Septembre 2014

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