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La violence faite aux enfants : Une réalité banalisée

Un rapport de l’Unicef livre un diagnostic accablant




La violence faite aux enfants : Une réalité banalisée
Un phénomène interplanétaire. C’est ainsi qu’on peut qualifier la violence faite aux enfants, objet  du dernier rapport de l’Unicef. Intitulé «Cachée sous nos yeux», le document fait part de chiffres révoltants au sujet de cette violence physique, psychique voire sexuelle qui, banalisée, fait partie du quotidien au point de mener parfois à la mort. Mais pour l’Unicef, c’est loin d’être une fatalité. «La violence envers les enfants n’est pas inévitable, souligne Anthony Lake, directeur général de l’Unicef. On peut la prévenir si nous refusons qu’elle reste dans l’ombre. Les faits contenus dans ce rapport nous obligent à agir, dans l’intérêt de chacun de ces enfants et pour renforcer les sociétés partout dans le monde». Bien que le Maroc ne figure pas parmi les 190 pays concernés par le rapport, il n’en demeure pas moins que la réalité décrite s’applique aisément, certes à des degrés différents, au Royaume à travers les agressions sexuelles, les mariages précoces, entre autres. 
On apprend ainsi que dans le monde, environ 120 millions de filles de moins de 20 ans (environ 1 sur 10) ont subi des rapports sexuels forcés ou d’autres actes sexuels forcés et une sur trois des adolescentes mariées âgées de 15 à 19 ans (84 millions) ont été victimes de violences émotionnelles, physiques ou sexuelles perpétrées par leurs maris ou partenaires. Pire encore,  il semblerait que, près de la moitié des filles de 15 à 19 ans dans le monde (environ 126 millions) pensent qu'il est parfois justifié qu'un mari ou un partenaire frappe ou batte sa femme. Cette proportion est plus importante chez les femmes que chez les hommes dans les pays qui possèdent des données sur les deux sexes. 
Les garçons, bien que moins exposés aux violences sexuelles, «sont également en position de risque», rappelle l'UNICEF, qui précise ne pas disposer d'estimation mondiale à «cause de l'absence de données comparables dans la plupart des pays». 
L’autre violence évoquée par le document onusien n’est autre que l’homicide qui touche les enfants notamment dans les pays les plus pauvres. Il s’avère ainsi que sur les 95.000 enfants victimes d'homicide en 2012, la grande majorité, soit 85.000, vivait dans des pays à faible revenu ou intermédiaire. L’exemple donné pour illustrer cet état de fait est celui du Nigeria, où les homicides d'enfants ont été les plus nombreux, avec 13.000 cas recensés en 2012. L'Amérique latine et les Caraïbes avec 25.400 cas, l'Afrique de l'Ouest et centrale (23.400) et l'Afrique de l'Est et australe (15.000) ont été également cités. Quant aux Etats-Unis, toujours d’après les conclusions de l’organisme onusien, ils comptent le plus grand nombre d'homicides chez les moins de 20 ans, par rapport aux pays d'Europe occidentale et d'Amérique du Nord. 
Le rapport souligne également la prévalence des violences subies au domicile familial : 6 enfants sur 10 âgés de 2 à 14 ans (soit près d'un milliard) subissent des châtiments corporels infligés par les personnes qui s'occupent d'eux. Mais ces données ne représentent qu'une «estimation minimale du problème», prévient l'Unicef, car elles ne proviennent que de personnes ayant accepté de s'exprimer. 
Que propose l’Unicef pour réduire, autant que faire se peut la violence contre les enfants ? Aider les parents, enseigner aux enfants des aptitudes à la vie quotidienne, changer les mentalités ou encore renforcer les systèmes judiciaires, pénaux et sociaux, autant de  stratégies qui ont été avancées. Il faudra de même collecter des éléments de preuve concernant la violence et ses coûts humains et socioéconomiques et surtout sensibiliser le public, afin de changer les mentalités et les normes sociales.
 Une œuvre de longue haleine, car le phénomène a la peau dure et ne peut donc disparaître du jour au lendemain.
 

Nezha Mounir
Mercredi 10 Septembre 2014

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