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La société turque chargée de la gestion des abattoirs de Casablanca prend la poudre d’escampette


Un nouveau scandale qui s’ajoute au passif du Conseil de la ville



La société turque chargée de la  gestion des abattoirs de Casablanca prend la poudre d’escampette
 
La société gestionnaire turque des abattoirs de Casablanca, Unuër, a pris de court tout le monde en rompant unilatéralement le contrat qui la liait au Conseil de la ville.
Cette décision a été notifiée aux édiles locaux au cours de la semaine dernière et c’est le vice-président du Conseil de la ville, Mohamed Brija, qui gère actuellement les abattoirs en attendant qu’une autre société gestionnaire puisse être engagée en collaboration avec les autorités locales.
Les responsables de la ville de Casablanca ne s’attendaient pas à cette décision. Selon les mêmes sources, cette rupture du contrat de manière unilatérale constitue une violation des clauses de ce document censé n’arriver à échéance qu’en 2018. 
Des réunions d’urgence ont été organisées après la notification de cette décision aux responsables du Conseil de la ville et aux autorités locales afin que soit assuré l’approvisionnement du marché en viandes rouges, et que les abattoirs puissent continuer à fonctionner normalement jusqu’à signature d’un nouveau contrat avec une nouvelle société gestionnaire.
Pour Mohamed Dahbi, secrétaire général de l’Union générale des entreprises et professions (UGEP), les responsables de la société turque «ont pris la fuite» et n’ont pas, comme le prétendent les responsables de la ville, rompu le contrat. Car, selon les termes de celui-ci, la société gestionnaire avait le droit de le résilier unilatéralement, mais elle devrait en même temps assurer la gestion des abattoirs jusqu’à ce qu’un nouveau gestionnaire prenne la relève. «Cela n’a pas été le cas, ce qui veut dire que les responsables de la société turque ont pris la fuite au sens propre du mot», a-t-il affirmé dans une déclaration à Libé. Et d’affirmer : «Depuis six mois, on n’a pas cessé de dire aux édiles et aux autorités de Casablanca que les responsables de cette société sont en train de baliser le terrain à une éventuelle fuite».
Depuis 2008, Mohamed Dahbi et le Bureau syndical de chevillards (UGDP) n’ont cessé de mettre en garde les autorités de Casablanca contre l’incapacité de la société turque à gérer les abattoirs, que celle-ci ne respectait pas les cahiers des charges et que des dysfonctionnements financiers entachaient sa gestion. Mais ils prêchaient dans le désert, car, selon Mohamed Dahbi, il y avait des connivences entre la société et quelques personnalités de la capitale économique. En l’occurrence, un ancien responsable du Conseil de la ville qui avait joué un rôle prépondérant pour que la société turque remporte le marché en 2008, et une fonctionnaire qui avait une «relation familiale» avec lui et qui était chargée de la commission de coordination et de suivi avec les  abattoirs (composée de la commune urbaine, de la préfecture de Moulay Rachid, des services vétérinaires, de la société gestionnaire et de deux représentants des professionnels). Cette fonctionnaire a paralysé tout fonctionnement normal de cette commission  en vue de «camoufler les violations du cahier des charges par la société gestionnaire», selon un communiqué de presse de l’UGEP.
Pour Mohamed Dahbi, l’affaire ne doit pas être close sans une enquête afin que toute la lumière soit jetée sur les dysfonctionnements de la société turque au cours des six années où elle avait géré les abattoirs. Dans ce sens, l’UGEP a exhorté le ministère de l’Intérieur à diligenter  une enquête urgente et à écarter la présidente de la commission de coordination et de suivi, et a décidé de poursuivre en justice la société turque pour violation des dispositions du cahier des charges.
«La première société (espagnole) a volé de l’argent et elle est partie sans rendre des comptes, et actuellement la société turque a fait la même chose. On ne va pas garder le silence», a martelé Mohamed Dahbi.
 
 


Mourad Tabet
Lundi 11 Août 2014

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