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La radicalisation des musulmans en débat

Des imams formés en France pour prévenir l’extrémisme en islam




La radicalisation des musulmans en débat
Depuis quelques mois, une nouvelle formation est dispensée aux imams de France. Subventionnée par l’Etat français, elle entend  lutter contre l’extrémisme en islam et parer à la radicalisation des musulmans dans l’Hexagone. 
Une promotion d'imams diplômés avait été approuvée en octobre dernier par Manuel Valls. Les élèves avaient été formés pour faire face au radicalisme musulman et comprendre les enjeux liés à l’extrémisme en l’islam. 
Depuis peu, l'Etat français se penche sur une compréhension plus transparente de l'islam en instruisant les imams à travers des séminaires portant sur les lois de la République, la laïcité, le port du voile ou encore le mariage. Les chefs religieux suivent cette formation de 4 à 6 heures par semaine, et reçoivent des enseignements sur le droit musulman, l'histoire des religions et de la laïcité tout en étant informés des "dérives sectaires" et de la "dé-radicalisation". Une volonté de former les imams aux connaissances externes de la Toile et aux possibles applications des textes religieux. 
Seulement, la République française semble omettre que la religion est par essence globalisante et transpersonnelle. Cette formation serait-elle réellement la bonne solution pour opérer un changement des mentalités? Certes, la frontière poreuse entre le «haram» et le «halal» se doit d’être délimitée, notamment sur la question du vote qui n’est pas un acte «haram», mais cette sensibilisation aux problèmes à travers l’enseignement des imams, est-elle véritablement une méthode fonctionnelle? 
Le radicalisme n’est pas un phénomène religieux, mais un remède pour grand nombre de jeunes qui se sentent abandonnés et délaissés. Ainsi, le radicalisme n’est pas un pur produit de l’islam, mais bien une synthèse de plusieurs composantes sociales, économiques et familiales. Par conséquent, la radicalité ne semble pas avoir pour cause première la réflexion spirituelle, mais bien des conditions de vie qui poussent l’individu à se radicaliser. 
Evidemment, l’imam se doit d’être sensible aux enjeux et problèmes actuels, mais le religieux est bien trop souvent pris en otage par le radicalisme et non le contraire. En outre, les personnes qui envisagent de passer à l’acte s’éloignent bien souvent des mosquées ou «standardisent» leur comportement en vue d’être moins visibles, donc plus anonymes. Ces radicalistes sont communément en marge de la communauté musulmane mais aussi de la société. 
L’investissement de l’Etat français donnera la possibilité aux imams de s'enquérir des problématiques contemporaines, mais ne permettra pas de sitôt de résoudre le problème du radicalisme musulman en France. 

Danaé Pol
Mercredi 7 Mai 2014

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