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La petite place réservée à la femme par les médias

La campagne électorale conjuguée au féminin




A la radio comme à la télévision et sur  les colonnes de nos journaux, les femmes ont été sous-représentées lors de la campagne électorale des scrutins communaux et régionaux. Elles ont été faiblement évoquées en tant que témoins ou experts. C’est ce qui ressort des résultats préliminaires d’un rapport de l’Association démocratique des femmes du Maroc (ADFM) en partenariat avec le réseau associatif d’observation des élections.
Visant à observer l’adoption de l’approche genre par les médias nationaux lors des élections communales et régionales du  4 septembre courant, le rapport a révélé que les femmes n’ont représenté, en effet, que moins de 56% dans les journaux partisans et indépendants publiés en arabe ou en français. A ce propos, le document de l’ADFM a indiqué que seuls 9% des articles publiés entre le 22 août et le 2 septembre ont été rédigés par des femmes en notant l’augmentation du traitement neutre qui a atteint les 76% contre 26%  pour le traitement positif de la participation des femmes dans ces échéances électorales.
Même constat a été observé au niveau des sites d’information. Le rapport a démontré que le traitement positif  de la présence des femmes n’a pas dépassé les 12% et que le nombre de journalistes femmes chargées de la question électorale  a été seulement de 30%.  Les femmes ont été également  moins représentées en tant que témoins et experts.
La présence des femmes dans les radios n’a pas été non  plus réjouissante. Le rapport a enregistré un traitement faible de la participation des femmes dans ces scrutins.  Dans ce sens, il a indiqué que le traitement positif n’a pas dépassé les 17%  contre 18% pour le traitement négatif. Le taux de femmes en tant que productrices de l’information a atteint les 39% mais ce taux est faible  concernant les femmes en tant qu’experts.   
Evoquant  les chaînes de télévision nationale, le rapport a indiqué que le respect des dispositifs légaux encadrant la campagne électorale a rendu faible son traitement. Le document en question a enregistré une diversité dans les programmes présentés et un taux important au niveau de traitement positif qui avoisine les 30%. Le taux de l’approche genre a été également important au niveau des journalistes femmes traitant le sujet des élections (33%) par rapport à d’autres médias.      
Pour Khadija Errabah, membre de l’ADFM, ces résultats ne sont que préliminaires et il faut attendre la mise à jour de cette étude pour avoir une idée claire sur l’adoption de l’approche genre dans les médias nationaux. Pourtant, elle nous a déclaré que ces premiers résultats permettent de constater qu’il y a une évolution au niveau de la présence des femmes dans les médias par rapport aux législatives de 2007, des communales de 2009 et des législatives de 2011. « Il y a deux observations qui s’imposent. La première est relative à une évolution positive au niveau du traitement de ce sujet par les journalistes. On a observé que ces derniers consacrent de plus en plus d’articles aux femmes politiques.   La deuxième concerne les journaux partisans qui ont consacré plus de papiers à leurs femmes candidates aux élections et à leurs militantes », nous a-t-elle indiqué avant d’ajouter : « Mais cela n’empêche pas qu’il y a plusieurs déficits qui persistent encore. Les femmes restent encore victimes des clichés et des stéréotypes véhiculés par certains médias».
Autre déficit et non des moindres, le faible nombre de femmes journalistes spécialistes de questions politiques, selon  Khadija Errabah. « Dans cette étude, on a ajouté le volet femmes journalistes chargées des dossiers politiques et on a constaté que leur taux oscille entre 6% et 10% dans les médias », nous a-t-elle déclaré avant d’ajouter qu’il faut une révision du cadre législatif, juridique et institutionnel et inciter les  formations politiques ainsi que les médias et la société civile, à une meilleure prise en compte de l’approche genre à l’avenir. Une recommandation qui se pose avec acuité puisqu’il y aura davantage de femmes dans les conseils communaux et régionaux qui ont vu leur taux de représentativité passer de 12 à 27%. Ce seuil minimal était passé de 0,5% en 2009 à 12% en 2011. Et cette fois, les femmes doivent représenter  également le tiers des membres du conseil régional.

Hassan Bentaleb
Samedi 5 Septembre 2015

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