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La majorité vit son automne en pleine session du printemps

Les appétits électoralistes accentuent les divergences au sein de l’équipe Benkirane




La session parlementaire du printemps, qui s’est ouverte ce vendredi, sera marquée par l'examen et  le vote de plusieurs projets de lois surtout ceux ayant trait aux prochaines échéances électorales et elle sera également marquée par des dissensions au sein de l’équipe gouvernementale.
Pour Rachida Benmasoud, vice-présidente du Groupe socialiste à la Chambre des représentants, cette session doit relever plusieurs défis sur le plan législatif. En effet, nombre de projets de lois organiques essentiels doivent être adoptés, comme c’est le cas pour la loi organique définissant le processus de mise en oeuvre du caractère officiel de la langue amazighe ou celle concernant les attributions, la composition et les modalités de fonctionnement du Conseil national des langues et de la culture marocaine.
La parlementaire usfpéiste a également critiqué le retard dans l’élaboration et l’adoption de ces lois organiques, car le gouvernement n’a pas respecté les dates qu’il a fixées dans son plan législatif. Cela induira une forte pression sur le travail du Parlement.
«La question qui se pose maintenant est de savoir si le gouvernement a respecté ou non l’approche participative dans l’élaboration des projets de lois organiques qui complètent la Constitution et jusqu’à quel point il a répondu aux amendements de l’opposition?», s’est-elle interrogée dans une déclaration à Libé.
Elle a, en outre, déploré que les propositions de loi déposées par l’opposition et notamment  par l’USFP, aient été mises au placard comme ce fut le cas pour la proposition de loi relative à la création de l'Instance des affaires d'Etat dont la valeur et l’importance ont été mises en exergue par nombre de ministres de la majorité actuelle. « Ce gouvernement entrave les initiatives des parlementaires », a-t-elle assuré.
Lors de cette session, précise-t-on, le Parlement se penchera également sur les lois régissant les prochaines échéances électorales du 7 octobre 2016.
Pour Rachida Benmasoud, l’USFP a, il y a quelques mois, adressé un mémorandum aux partis politiques et au chef du gouvernement dans lequel il a défini les conditions et les mesures qui doivent être prises par l’Exécutif pour que cette échéance se déroule dans la transparence la plus totale et que le scénario des élections du 4 septembre 2015 ne se reproduise plus en 2016.
Elle a également affirmé que cette session parlementaire sera marquée par les derniers développements de l’affaire du Sahara marocain suite aux agissements et dérives du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon. Pour elle, la diplomatie parlementaire doit jouer un rôle actif en vue de déjouer les manœuvres des ennemis du Maroc et de faire preuve de vigilance pour y faire face.
Cette session sera aussi marquée par les divisions, les divergences et les luttes entre les partis composant la majorité gouvernementale à l’approche des prochaines élections et chacun de ces partis se positionne en perspective de ces dernières.
Quel l’impact ces divisions auront-elles sur le travail parlementaire? «Un constat qui s’impose, c’est que nous sommes en pratique devant un gouvernement minoritaire après les crises répétitives qui ont secoué l’Exécutif surtout depuis le clash entre Benkirane et Akhannouch, entre Benkirane et Mezouar et enfin entre Benkirane et son ministre de l’Economie et des Finances, Mohamed Bousaid», nous a précisé Manar Selimi, professeur de sciences politiques à l’Université Mohammed V à Rabat.
Il nous a précisé que la situation actuelle affaiblira la majorité gouvernementale et renforcera, par ricochet, l’opposition au sein du Parlement qui sera peut-être appuyée par des partis composant la majorité gouvernementale comme le RNI et le MP. «Dans ce contexte marqué par l’effritement de la cohésion gouvernementale, ce gouvernement aura des difficultés à faire passer des lois comme celle concernant la réforme des caisses de retraite. Nous avons vu comment le PPS a rallié l’opposition lors d’une réunion de la Commission des affaires sociales. La même chose peut se reproduire lors des débats sur d’autres lois et surtout sur les lois électorales».

T. Mourad
Samedi 9 Avril 2016

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