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La grève des enseignants paralyse les universités

Le taux de participation a atteint 100%, selon Abdelkrim Madoun




La grève des enseignants paralyse les universités
Les enseignants-chercheurs ont observé, hier mercredi, une grève de 24 heures pour protester contre la politique du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Formation des cadres, Lahcen Daoudi.
Selon Abdelkrim Madoun, secrétaire général du Syndicat national de l’enseignement supérieur, la grève du mercredi a enregistré un franc succès puisque le taux de participation a atteint 100% dans tous les centres universitaires, à savoir ceux d’Oujda, Marrakech, Agadir,  Rabat,  Safi, Casablanca, etc.
Plusieurs raisons expliquent le ras-le-bol des professeurs de l’enseignement supérieur. La plus importante est, sans conteste, le projet du ministère de tutelle qui vise à « tuer » l’université publique marocaine. Prétextant qu’elle ne produit que des diplômés chômeurs, le gouvernement, entend, selon Abdelkrim Madoun, enterrer ces universités au profit des universités privées qui auront la possibilité d’octroyer des diplômes nationaux. «Cela signera l’arrêt de mort de l’université publique qui constitue pourtant la seule issue et le seul moyen pour la mobilité sociale pour les enfants issus des classes populaires et moyennes», a mis en garde le secrétaire général du Syndicat national de l’enseignement supérieur.
Les enseignants du supérieur protestent également contre l’indifférence dont le ministère fait montre concernant le cahier revendicatif du Syndicat national de l’enseignement supérieur. Celui-ci réclame que le ministère inclut les années passées au titre du service civil dans l’ancienneté, chose que le ministère de l’Enseignement supérieur refuse d’appliquer jusqu’à présent. «Il est inconcevable que ce département prive les enseignants-chercheurs du fruit des efforts qu’ils ont consentis dans l’enseignement et la recherche au titre du service civil en ne les prenant pas en considération dans l’ancienneté. Ce qui est contraire à la loi», a souligné ce responsable syndical  en précisant que ce problème concerne aussi les enseignants détenteurs de doctorats français. Madoun a, par ailleurs, ajouté que le SNESup proteste également contre les tergiversations du ministère concernant l’adoption du décret portant sur l’abrogation des quotas et des concours relatifs à l’avancement du grade d’enseignant habilité à celui de professeur de l’enseignement supérieur. «Et pourtant, on avait abouti à un accord avec le ministère de tutelle à ce propos, mais tant que le décret n’a pas encore vu le jour, cet accord restera lettre morte», a-t-il martelé.
Le Syndicat veut également que fin soit mise à une tradition qui subdivise les formations post-baccalauréat en deux types : des universités dépendant du ministère de l’Enseignement supérieur et des institutions dépendant d’autres départements ministériels.
A rappeler que le choix du 19 février pour observer la grève n’était pas fortuit ; il coïncide, d’après Abdelkrim Madoun, avec la date de l’adoption du statut des enseignants-chercheurs qui a eu des répercussions négatives sur l’enseignement supérieur.
 

Mourad Tabet
Jeudi 20 Février 2014

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