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La grande Mosquée de Samarra en Irak : Une des plus importantes œuvres architecturales de l’Islam




La grande Mosquée de Samarra en Irak : Une des plus importantes œuvres architecturales de l’Islam
La Grande Mosquée de Samarra, ou mosquée al-Mutawakkil, est une des plus importantes œuvres architecturales de l’Islam. Elle fut la plus grande mosquée de la civilisation islamique pendant des siècles dans l’éphémère capitale des califes abbassides à Samarra durant le IXe siècle et demeure un joyau de l’art abbasside. Son minaret en spirale hélicoïdale (Malwiya1) en fait aussi un exemple unique, inscrit ainsi que l’ensemble de la vieille ville arabe au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Les califes abbassides créaient fréquemment de nouvelles demeures princières pour se démarquer de leurs prédécesseurs imitant le pouvoir et le cérémonial de cour perse sassanide. Certains califes faisaient construire de nouveaux sites en dehors des villes existantes voire fondaient de nouvelles villes. Au IXe siècle, la dynastie des califes Abbassides créa ainsi une nouvelle ville qui devint en 833 la nouvelle capitale du califat en Irak, sur les bords du Tigre à 125 kilomètres au nord de Bagdad : Samarra. Une première mosquée y fut construite en 836 par le calife Al-Mutasim qui devint sous son successeur la plus grande mosquée du monde musulman.
Jafar al-Mutawakkil, calife abbasside de Bagdad de 847 à 861, construisit à Samarra plusieurs palais et deux mosquées : la mosquée Abu Dulaf et la Grande Mosquée de Samarra sur le site de la première mosquée. Elle fut construite entre 849 et 852 et fut utilisée jusqu’au XIe siècle puis abandonnée au fur et à mesure du déclin de la ville quand Bagdad redevint capitale des califes dès la fin du IXe siècle. Le site archéologique est aujourd’hui inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 20072.
De plan rectangulaire, elle mesure environ 239 mètres sur 156; ces proportions de 3/2 respectant les plans traditionnels de la plupart des mosquées.
 Elle a été construite en brique cuite et mortier de gypse, caractéristique de l’architecture abbasside. Elle est entourée d’un mur d’enceinte bastionné de 444 mètres sur 376, d’une hauteur d’environ 10,5 mètres, renforcé de 44 tours semi-circulaires qui la font ressembler à une forteresse. Le mur est couronné dans sa partie supérieure d’une frise de brique décorée de stuc. Cette enceinte extérieure permettait d’accueillir plus de fidèles pour la grande prière du vendredi. 16 portes ouvraient sur la mosquée composée d’une grande cour intérieure, ouverte et entourée d’arcades couvertes, dont celles du mur de la qibla sont les plus profondes. Ce plan hypostyle a clairement été inspiré par les premières mosquées du monde islamique, comme celle de Damas. La cour était initialement bordée de galeries à colonnades aujourd’hui disparues.
La salle de prière se compose de 17 nefs. Des centaines de piliers massifs en briques et pierre brute soutenaient le toit plat en bois. Son plan « en T » est original ; on le retrouve à la Grande Mosquée de Kairouan. Elle était décorée de carreaux de céramique bleus et lustrés, de sculptures en stuc et de mosaïques de verre et d’or flanqué de deux paires de colonnes de marbre rose; cette décoration à motifs floraux et géométriques est un des plus beaux exemples d’art décoratif abbasside. Il y avait de chaque côté de la salle de prière une ouverture; l’une par laquelle entrait l’imam, l’autre donnant sur un débarras où était entreposé le minbar transportable. Un autre bâtiment derrière le mihrab servait probablement à accueillir le calife.
Il s’agit du plus original minaret du monde musulman, qu’on retrouve deux fois dans l’art islamique, datant également de la période abbasside. Séparé de la mosquée de 27 mètres au nord à laquelle il est relié par un pont, il est formé d’une base carrée de 32 mètres de long et sa structure hélicoïdale composée d’une rampe en spirale à 5 étages le fait culminer à 54 mètres de haut. Pour corriger l’illusion d’optique afin que tous les niveaux présentent visuellement la même hauteur vu du sol, la pente de la rampe augmente au fur et à mesure que le diamètre de la tour se rétrécit Au sommet, large de 3,5 mètres, des traces de pavillon de bois laissent supposer un abri pour le muezzin. Le calife Al-Mutawakkil y serait monté au sommet à dos d’un âne blanc.

Libé
Mercredi 24 Juillet 2013

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