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La gestion des déchets médicaux pose problème


La moitié des broyeurs-stérilisateurs souffre de problèmes de maintenance



La gestion des déchets médicaux pose problème
El Houssaine Louardi avoue son incapacité à traiter le problème des déchets médicaux. Selon lui, le ministère de la Santé manque d’expertise et de ressources humaines qualifiées pour faire face à ce problème. Un aveu qui en dit long sur l’échec de l’application du décret relatif à la gestion des déchets médicaux et pharmaceutiques publié le 18 juin 2009 au Bulletin officiel en vertu de la loi 28-00 relative à la gestion des déchets et à leur élimination.
Intervenant lors de la séance des questions orales à la Chambre des conseillers, mardi dernier, le ministre a expliqué que le Maroc dispose de seulement 18 broyeurs-stérilisateurs, machines permettant d’éliminer le caractère infectieux des déchets avant leur dépôt dans des décharges contrôlées. Neuf d’entre eux souffrent de  problèmes de maintenance. Des chiffres qui témoignent de la lenteur du processus d’équipement des établissements de soins en broyeurs-stérilisateurs puisque jusqu’à 2010, seuls 13 hôpitaux ont pu en disposer sur les quelque 140 que compte le pays et qu’en 2011, le nombre total d’unités équipées a atteint 21 établissements hospitaliers.
Une situation appelée à se compliquer davantage vu que les opérateurs privés spécialisés dans la gestion des déchets hospitaliers sont au nombre de cinq seulement.
Une aberration au regard du lot de déchets hospitaliers produits par les centres sanitaires et les hôpitaux. En effet, un lit occupé produit en moyenne 3 kg de déchets, soit 21.000 tonnes par an  dont 20% sont infectieux, soit 6.000 tonnes.
Des déchets définis par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme susceptibles de contenir des agents pathogènes (bactéries, parasites, virus, champignons) en quantité ou en concentration suffisante pour causer des maladies qui peuvent atteindre le personnel soignant des établissements de soins comme le personnel des services annexes (blanchisserie, manutention, transport) ou les patients, les visiteurs et le grand public.
Le principal risque est la contamination par des germes pathogènes susceptibles de conduire à une infection. Certains déchets médicaux peuvent être vecteurs de virus ou de bactéries et être responsables de contamination interhumaine, notamment par le virus du sida, de l’hépatite B et C. C’est le cas des dispositifs médicaux souillés par des liquides biologiques (urines, matière fécale, sang) ou des objets piquants et tranchants usagés, ces derniers présentant par ailleurs le risque de blessure multipliant le risque d’une contamination.
Certains déchets médicaux présentent également un risque de toxicité pour l’organisme. C’est le cas des déchets de nature chimique, cytotoxique ou radioactive pouvant provoquer des brûlures, des irritations, un empoisonnement ou encore des dérèglements physiologiques.
Autre aberration : El Houssaine Louardi estime que le problème des déchets médicaux ne concerne pas seulement les moyens financiers. Selon lui, les fonds nécessaires existent  mais il y a manque de personnel qualifié. Des propos qui nous poussent à nous interroger sur les actions programmées depuis 2009 et concernant l’élaboration d’une stratégie nationale de gestion des déchets médicaux et pharmaceutiques, la formation, l’information et la sensibilisation du personnel de la santé ainsi que l’externalisation du traitement de ces déchets.
Des mesures que le ministre a préféré passer sous silence puisqu’aucun chiffre sur le nombre de sessions de formation réalisées et le nombre d’hôpitaux ayant mis en place un système approprié de gestion des déchets n’a été révélé.

Hassan Bentaleb
Lundi 18 Février 2013

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