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La démocratie autocratique à la Benkirane : Le patron du PJD a eu la haute main sur la nomination de nombreux candidats aux législatives




Le PJD véhicule et propage, depuis toujours, l’image d’un parti où règne la démocratie intérieure, mais la réalité est tout autre et les faits contredisent cette assertion.
A preuve, nombre de dirigeants, ministres et parlementaires qui figurent sur les listes  des candidats de ce parti  aux élections législatives du 7 octobre prochain n’ont pas été choisis par des commissions locales ou provinciales du parti. A commencer par Mohamed Yatim, membre du secrétariat national du PJD, auquel les militants pjdistes de Sidi Bernoussi à Casablanca ont infligé un cinglant revers en refusant de le désigner comme candidat dans cette circonscription. Seule une intervention de la direction nationale voire une intervention personnelle de Benkirane peut lui permettre de sauver la face et l’imposer soit dans la circonscription de Sidi Moumen-Sidi Bernoussi au détriment de l’avis contraire de la base du parti, soit lui trouver une autre circonscription comme ce fut le cas lors des élections législatives en 2011. Au cours de ce scrutin, Mohammed Yatim avait été imposé dans la circonscription de Sidi Moumen dont les militants avaient choisi à la majorité absolue Abdelghani Marhani comme candidat. Lequel a été contraint de quitter le PJD et de se présenter sous les couleurs du Parti renaissance et vertu (PRV), fondé par Mohamed Khalidi en 2005 suite à une scission au sein du PJD. Ce à quoi, le MUR (mouvement qui constitue le bras idéologique du PJD) a répliqué en l’expulsant de ses rangs pour avoir contesté la décision de la direction nationale du parti de la Lampe et s’être présenté aux élections sous les couleurs d’une autre formation politique, décision qui a été d’ailleurs qualifiée d’absurde par Abdelghani Marhani.
Abdelihah Benkirane se trouve également devant un autre dilemme. Un autre dirigeant proche de lui, à savoir Souleiman El Amrani qui était tête de liste dans cette circonscription depuis 2002, s’est heurté au veto des militants de Khouribga qui lui ont préféré un autre candidat, en l’occurrence Cherqui El Gholmi. Reste à savoir si la direction nationale du parti respectera cette décision souveraine de la base du parti à Khouribga ou si elle imposera  El Amrani au risque de provoquer des dissensions au sein du parti dans cette province.
La direction du parti doit également trancher d’autres cas épineux. Il s’agit en l’occurrence de Bassima Hakkaoui, ministre de la Femme, de la Solidarité et du Développement social, de Jamila El Moussali, ministre déléguée chargée de l'Enseignement supérieur, de l'ex-ministre Soumia Benkhaldoun et de la députée Nouzha El Ouafi.
Un fin connaisseur des rouages de l’appareil du PJD nous a précisé que cette pratique a  toujours été monnaie courante au sein du parti de la Lampe. Benkirane y recourt pour évincer des rivaux ou imposer ses ouailles ou  proches collaborateurs. « Benkirane  est une personnalité très complexe. Malgré le discours moralisateur qu’il tient, il ne recule devant rien pour mater ou faire taire ses opposants. Il recourt parfois  à la cooptation pour arriver au même résultat comme il l’a fait concernant Abdelali Hamieddine ».
La même source a souligné qu’en 2009, Hassan Benjaâfar était secrétaire de la section locale du parti à Moulay Rachid et Abdellah El Ghwassem, secrétaire provincial du parti à Moulay Rachid-Sidi Othman. Tous deux étaient partis favoris pour être désignés par la base du parti en tête de liste, mais Benkirane a fait des mains et des pieds pour les écarter. Hassan Benjaâfar a démissionné et Abdellah Ghwassem est encore un simple militant du parti.
La même source cite un autre exemple qui éclaire la personnalité du secrétaire général du PJD. Lors du congrès régional de son parti à Casablanca en 2008, il avait pesé de tout son poids pour faire élire son propre candidat, à savoir l’ingénieur Abdelaziz El Omari (actuel maire de Casablanca) alors que  le favori était Mustapha El Haya, soutenu à l’époque par la base du parti. En fin de compte, la volonté de Benkirane s’est imposée à tous. «Lors du premier et du second tours de l’élection du secrétaire régional, précise notre source, les deux candidats ont recueilli le même nombre de voix. Mais l’intervention personnelle de Benkirane a fait  pencher la balance en faveur de son propre candidat surtout après qu’il s’est adressé à El Haya en ces termes: «Tu ne gagneras pas ». Les militants ont vite compris son  message et ce dernier a donc perdu au troisième tour.

T. Mourad
Vendredi 19 Août 2016

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