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La cause amazighe au Maroc, quelle perspective ?




La cause amazighe au Maroc, quelle perspective ?
A l’heure actuelle, le Maroc produit un fondamentalisme associé à de la violence des droits privés et collectifs sur une assez grande échelle. Les convulsions qui se produisent aujourd’hui peuvent être interprétées, non comme des manifestations d’une altérité radicale, mais comme les symptômes classiques d’une désorientation propre aux périodes de transition.
Il est  clair que dans les pays où cette transition arrive à sa phase terminale, la zone de danger est en général passée, cependant dans les pays comme le Maroc où la transition n’est encore qu’à ses débuts, le potentiel de  perturbation demeure  élevé et il convient de garder la grande vigilance.
Car l’analyse de la transition politique et sociale qui touche aujourd’hui le Maroc, débouche  sur une autre compréhension des désordres actuels. Elle en est pour cette raison  plus  qu’utile.
Néanmoins le processus poursuivi par le Maroc, à savoir la consolidation et le renforcement des institutions d’un Etat moderne, démocratique et pluriel après la révision constitutionnelle et la reconnaissance de la langue amazighe comme langue officielle de  l’Etat,  va-t-il bouleverser la donne ?
Bien que le mouvement amazigh ait très tôt investi le champ culturel, identitaire et linguistique, des mutations notables ont vu  le jour ces dernières années suite aux combats menés par les ONG et les acteurs  actifs. Ces combats vont se déplacer d’une question culturelle vers un sujet politique, en l’occurrence la constitutionnalisation de la langue amazighe en tant que langue officielle de l’Etat et patrimoine commun à tous les Marocains sans exception.
Le débat sur la cause amazighe ne sera donc plus une question culturelle, linguistique voire académique, mais plutôt un débat politique fondé sur le rôle historique de la civilisation, de la culture et de la langue amazighes  dans le façonnement de la personnalité marocaine.
Par ailleurs, une nouvelle vision de la politique amazighe est-elle possible ? Quelle stratégie politique doit-on mener pour le mouvement amazigh après l’officialisation de la langue amazighe? Le  combat culturel mené par le mouvement amazigh au Maroc a-t-il atteint son objectif? Est-ce que les courants  politiques du mouvement amazigh ont suffisamment de masses populaires pour mener des actions politiques? Enfin, quel est le projet de  société pour un Maroc alternatif pluriel, moderne et démocratique?
Le dilemme qu’ouvre la gestion politique de Tamazight, augure  des perspectives ambivalentes où espoirs d’une affirmation culturelle se mêlent aux craintes de mauvaises tournures.

Tilila Arehmouch Etudiante en sociologie à La Sorbonne –
Lundi 29 Avril 2013

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1.Posté par plékhanov le 29/04/2013 22:50
Et effectivement",les craintes de mauvaises tournures" sont bel et bien fondées ...
Voici un commentaire sur la question et qui n'est pas passé hier. J'espère qu'il aura plus de chance cette fois:
On ne le répètera jamais assez, les défenseurs de la langue et partant de la culture amazighe, cumulent les maladresses; c’est à se demander si certains sont aptes à mener à bien cette mission!
Au lieu de s'appliquer à montrer tout le bénéfice que la nation tirera de la richesse culturelle plurielle, ces messieurs m'ont tout l'air de travailler avec une certaine impatience, je dirais même fébrilité qui frise la provocation .On oublie l'impact de quatorze siècles et on veut brûler les étapes comme si le devenir d'une nation se limitait à quelques décades et qu'une fois passé un certain temps, les revendications tomberaient en désuétude. De quoi ont-ils peur au juste qui puisse justifier cet empressement ? J’ai déjà entendu l'un d'entre eux, avocat de profession ,argumenter comme un écolier et plutôt près d'en venir aux mains avec le premier contradicteur qui se trouverait sur son chemin! Jugez plutôt de la futilité de l'argument:
pourquoi dit-on "Maghreb arabe et non pas Maghreb amazigh"?
Et voici ,pour le comble que monsieur A.Assid ne trouve rien de mieux que de se frotter aux barbus !Non et mille fois non; nous n'avions nullement besoin de cette étourderie de plus. Et puis qu'il se garde de sous-estimer le danger que représentent dans ce pays l'action de ceux qu'il appelle "la minorité organisée"...
Pour ma part-je le dis parce ça m'est arrivé- j'ai dû faire appel à toute ma patience pour ne pas quitter la mosquée ,vendredi dernier, consterné que j'étais d'entendre un imam déformer de fond en comble une certaine intervention de ce Assid qu'il accuse sans le nommer d'avoir traité l'Islam de terroriste .Je laisse imaginer la portée de cette accusation sur un auditoire de cinq mille fidèles! Voilà donc où nous en sommes arrivés par la faute de gens qui ne savent même pas à quel danger ils exposent la" cause" amazighe en tenant à tout politiser!
Soit dit en passant, je n'aime pas parler de cause car c'est l'affaire de tout un peuple et le mot "cause" inspire, à tort ou à raison, des idées pour le moins subversives et donne l'impression que la nation est en peine confrontation interne. Le concept a une connotation provocatrice pour beaucoup "d'anti" bien sûr...
Un peu de patience, de la pédagogie et des gens compétents qui sachent faire passer le message : constitutionnellement, c’est largement gagné, cela représente un pas de géant en avant mais si on oublie que ce sont les mentalités qu’il faut apprivoiser, nous risquons gros dans ce dossier...

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