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La bavure du 23 janvier racontée par les enseignants stagiaires d’Essaouira




Les Marocains ne sont pas près d’oublier ou de pardonner la grande bavure de la nuit du 23 janvier 2016. Ce qui s’est produit devrait nous rappeler toujours à quel point nos droits et nos libertés sont menacés par le gouvernement Benkirane. Ce dernier, dépourvu d’alternatives et d’imagination, a tout simplement tenté d’interdire, à la source, la marche du 24 janvier 2016 des enseignants stagiaires qui réclament l’abrogation des deux tristes décrets.
Fidèle à ses ratages, le gouvernement leur a imposé une restriction de déplacement en leur interdisant de faire le déplacement à Rabat. Les gares routières de plusieurs villes du Royaume furent assiégées par les forces de l’ordre qui ne faisaient bien sûr qu’exécuter des consignes dénuées de toute légitimité.
A Essaouira, 34 professeurs stagiaires ont ainsi passé des heures pénibles à la gare routière  et au poste de contrôle à la commune rurale d’Ounagha.
«  Après avoir réservé nos 34 tickets deux jours auparavant, nous nous sommes dirigés au cours de la nuit du 23 janvier 2016 vers la gare routière d’Essaouira pour nous rendre à  Rabat. A notre grande surprise, les lieux étaient assiégés par les forces de l’ordre qui avaient pour consigne de nous empêcher de prendre l’autocar. Des collègues furent débarqués par force, et des ordres ont été donnés pour empêcher deux membres de la Coordination nationale de quitter la gare routière », raconte Khalid Abou Essabr, chargé de communication au sein de ladite coordination.
Les cinq enseignants stagiaires qui ont réussi à prendre le bus seront à leur tour chassés du bus à Ounagha, explique Khalid : «Les neuf collègues qui attendaient le bus à Ounagha furent à leur tour empêchés de voyager par les forces de l’ordre. Ayant manifesté notre solidarité avec elles, nous fûmes à notre tour chassés du bus par deux éléments de la police vêtus en civil. On a demandé, en vain, aux autorités une simple explication  de tout ce qui se passait. La réponse fut toujours la même : cette nuit vous ne ferez pas de déplacement à Rabat».
En l’absence d’arguments qui justifiaient pareille bavure, les 14 professeurs stagiaires bloqués à Ounagha décidèrent de barrer la route au bus.
«  Vers une heure du matin, la menace d’une intervention musclée de la part des forces de l’ordre était devenue plus sérieuse. Nous avons donc décidé à ce moment-là de céder pour protéger les onze femmes du groupe d’un éventuel usage démesuré de la force. Les autorités locales ont veillé au remboursement de nos 14 tickets comme elles nous ont aidés à trouver un moyen de transport pour regagner Essaouira», précise Khalid Abou Essabr en toute objectivé.
Dans la ville, la situation était toujours tendue, et les autorités barraient la route pour faire avorter toute  tentative de voyage des enseignants stagiaires qui refusèrent, à leur tour, de renoncer à leurs droits.
« Après plusieurs tentatives avortées par les autorités, nous avons enfin réussi à faire le déplacement à Marrakech puis à Rabat en grands taxis. Nous étions 60 participants à représenter la coordination locale d’Essaouira composée de 115 professeurs stagiaires. Le voyage nous a coûté le double sachant que nos conditions financières sont très critiques», précise Khalid Abou Essabr.
La nuit du 23 janvier 2016, le gouvernement a bafoué les fondements de l’Etat de droit en mettant à exécution une décision administrative illégale dans la forme et le fond. Il a, par ailleurs, essuyé un double échec puisque les professeurs stagiaires ont réussi à prendre part à la marche du 24 janvier 2016 qui s’est déroulée dans une ambiance  sereine et responsable.

Abdelali Khallad
Vendredi 29 Janvier 2016

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