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La Suisse n’est pas à l’abri d’un tsunami




La Suisse n’est pas à l’abri d’un tsunami
C'est une conclusion inattendue qu’a  dévoilé un article publié par la revue scientifique Nature Geoscience. Celle-ci montre que des régions enclavées dans les terres, sans risque de séisme majeur, ne sont pas à l'abri de leurs effets destructeurs. Ainsi, bien que privée de façade maritime, avec ses nombreux lacs, la Suisse n'est pas à l'abri d'un tsunami. C’est ce que prouve l'étude suisse qui rapporte l’épisode de la vague dévastatrice qui a balayé le lac Léman, le plus grand lac naturel d'Europe de l'Ouest, en l'an 563. Un événement connu sous le nom de catastrophe du Tauredunum.
Ce tsunami fait suite à un éboulement survenu dans la montagne en Valais, à plus de 70 kilomètres de Genève, là où le Rhône entre dans le lac Léman. Il a inondé la rive, emportant villages, troupeaux et habitants, détruisant le pont de Genève et pénétrant dans la ville où plusieurs personnes furent tuées. Mais pour en savoir plus, une équipe de l'Université de Genève spécialisée en limnogéologie (étude des sédiments lacustres), conduite par Katrina Kremer, a mené l'enquête au plus profond du lac. Les sondages réalisés ont alors mis en évidence un dépôt de sédiments géant sous le lit du lac, qui pour les chercheurs s'est déposé d'un seul coup.
D'après les résultats dévoilés, le dépôt s'étend sur plus de 10 kilomètres de long et 5 kilomètres de large, avec une épaisseur moyenne de 5 mètres et un volume minimal estimé à 250 millions de mètres cube (l’équivalent du contenu de 100 000 piscines olympiques). Plus épais au sud-est, ce dépôt a pour origine la région du débouché du Rhône dans le lac. Or, les échantillons biologiques analysés valident une datation du dépôt entre l'an 381 et l'an 612. Aujourd'hui, le déroulement exact des événements qui relient l'éboulement du mont Tauredunum et le tsunami du lac Léman reste incertain.
Néanmoins, les chercheurs émettent l'hypothèse que l'impact de l'éboulement sur des sédiments meubles a déstabilisé les terrains de la zone d'entrée du Rhône dans le lac. En s’effondrant, la zone a alors provoqué le tsunami à la surface du lac Léman. Des simulations informatiques ont montré qu'à la suite d'un tel effondrement, une vague de 13 mètres a été observée à Lausanne dans le quart d’heure qui suit et une vague de 8 mètres à Genève 70 minutes après. Une reconstitution de la ville de Genève d'après sa configuration au VIe siècle révèle qu'une vague de 8 mètres serait bien passée au-dessus des murs de la cité. Elle aurait frappé le pont et les moulins, comme l'ont décrit les historiens contemporains de la catastrophe, Grégoire de Tours et Marius d'Avenches.
Mais ce n’est pas tout car, selon les chercheurs, cet événement pourrait très bien se reproduire. La catastrophe serait encore plus grave de conséquences puisque, aujourd'hui, les rives du lac Léman sont peuplées par plus d'un million de personnes, dont 200 000 à Genève. Les chercheurs soulignent d’ailleurs que la ville est particulièrement vulnérable, à la fois par sa faible altitude par rapport au niveau du lac et par sa localisation à l'extrémité du lac en forme d'entonnoir, une configuration qui amplifie fortement l'amplitude des ondes.
"Dans notre étude, nous n'avons pas quantifié le risque associé à un tsunami sur le lac Léman. Mais nous voulons montrer que les vagues d'un tsunami peuvent potentiellement toucher les villes autour de ce lac, aussi bien que d'autres grands lacs dans le monde", a expliqué Katrina Kremer citée par l'AFP. Bien que connu par les géologues, le risque est "sous-estimé", a-t-elle ajouté, "la plupart des gens ignorant tout simplement que des tsunamis peuvent se produire dans des lacs".

Maxisciences
Vendredi 2 Novembre 2012

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