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“La Isla”, un film inspiré de la crise de l’îlot Perejil

Le tournage se poursuit jusqu’au 28 mai courant, dans les villes de Casablanca, Salé et Ksar Sghir




“La Isla”, un film inspiré de la crise de l’îlot Perejil
Ahmed Boulane, qui frise allégrement la soixantaine, n’a certainement pas sa langue dans la poche. Mais ceux qui le connaissent de près  vous diront  que l’homme a du caractère, sans  pour autant  être caractériel. Seulement voilà : son franc-parler décapant est loin de plaire à tout le monde. Ce qui lui a valu d’être qualifié d’enfant terrible du cinéma marocain.  Mais qu’importe, puisque ses films sont largement appréciés, aussi bien des critiques et des cinéphiles chevronnés, que du large public. 
Le réalisateur de “Ali, Rabéa et les autres” a débuté dans le métier, en tant qu’acteur, à l’âge de 16 ans,  dans la fameuse troupe nationale de la radio et de la télé. Au bout de quelque temps, il décide de traverser la Méditerranée, pour faire des études cinématographiques en Italie. Mais il ne tardera pas à rentrer au Maroc, pour reprendre ses activités d’acteur, doublé d’un technicien, au cinéma comme à la télévision, avant de devenir assistant réalisateur. Et il  ne lui faudra pas moins de 25 ans, en tant qu’assistant, pour accéder au titre de réalisateur.
Dans les années 90, il tourne des courts-métrages de fiction, des documentaires vidéo, et même des  spots publicitaires. Quant à son premier long-métrage, “Ali, Rabéa et les autres”, il sort en 2000. C’est l’histoire d’un homme qui, ayant retrouvé sa liberté, après vingt longues années en prison, a du mal à admettre que tout a changé autour de lui.  En 2003, Boulane réalise “Jawhara, fille de prison”. En 2007, il  crée l’événement avec son long-métrage “Anges de Satan”. Film inspiré de l’histoire vraie de 14 jeunes hard-rockers marocains, arrêtés et condamnés à des peines de prison, allant de 3 mois à 1 an, après un procès kafkaïen, pour “satanisme” et “ébranlement de la foi musulmane”.
Actuellement, notre bouillonnant artiste, dont les films ont toujours un côté politique, quoiqu’il refuse d’être qualifié de “politicien”, a décidé de revenir sur une affaire qui avait défrayé la chronique, en 2002: l’affaire, ou plutôt la crise de “Jaziret Leila”. Ce petit  îlot marocain, qui fut l’objet d’une démonstration de force intolérable, de la part du  gouvernement Aznar. Dans le film inspiré de cette crise politique, Ahmed Boulane retrace l’histoire d’un soldat marocain (incarné par Abdallah Ferkouss) qui se retrouve sur cette île, et qui n’a d’autre compagnon que Mamadou, un Subsaharien, miraculeusement rejeté par la mer. En plantant le drapeau marocain, notre vaillant soldat ne peut réaliser l’ampleur de la crise que son geste spontané  allait déclencher entre le Maroc et l’Espagne. 

Mehdi Ouassat
Lundi 12 Mai 2014

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