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La Direction des impôts se trouvant à Tiznit : Les Tafraoutis parcourent 100 km pour payer leurs vignettes




La Direction des impôts se trouvant à Tiznit : Les Tafraoutis parcourent 100 km pour payer leurs vignettes
On a beau pérorer sur le rapprochement de l’administration des citoyens, l’amère réalité infligée aux administrés finit toujours par  trahir l’inanité des beaux discours. Si la Taxe spéciale annuelle sur les véhicules automobiles (TSAVA) est une simple redevance payable sans histoire au bureau des impôts, pour des centaines d’automobilistes tafraoutis, cette opération a quelque chose de très spécial ! Pour s’en   acquitter, ils sont acculés à parcourir un trajet de 107 km. Le bureau de paiement relevant de la Direction des impôts, est domicilié à Tiznit. De quoi convaincre les éventuels investisseurs que la province cherche à attirer à travers une action de com’ lancée tout dernièrement,  ironise-t-on.    Une contrainte qui revient au mois de janvier et qui est vécue par ces nombreux contribuables comme un calvaire fait d’invivables  désagréments. A commencer par les ennuis liés  au déplacement et les frais supplémentaires y afférents. « C’est aberrant : pour régler la redevance d’une vignette auto, on est obligé de dépenser entre 150 et 200 DH,  comme charges pour l’aller-retour entre Tafraout et Tiznit », tonnent les contribuables  tafraoutis. Pour eux, tout laisse croire que l’administration se fait un malin plaisir  de les voir  souffrir. « On dirait  que la taxe déjà élevée, ne suffit pas. On en rajoute ainsi pour mieux nous saigner à blanc », renchérit un commerçant de la ville qui vit de son véhicule pour vendre du pain dans les villages. Outre ces vicissitudes pécuniaires, les désagréments se comptent aussi en perte de temps.
En effet,  ne serait-ce que pour se rendre à Tiznit, cela  prend pour chaque contribuable tafraouti près de 2 heures de route, et, autant pour rentrer. Mais, même arrivé au bureau de paiement, on n’est pas sorti de l’auberge !  Surtout, lorsqu’on sait que le guichet de paiement de la vignette en question ne désemplit pas depuis l’annonce de la  date de l’acquittement. Des milliers d’automobilistes prennent d’assaut le local, d’autant plus qu’il se trouve être  le seul bureau mis à la disposition de tout ce beau monde au niveau de la province de Tiznit. Il faut comprendre par là que les milliers d’automobilistes en provenance des cercles de Tiznit, Tafraout, Anzi, Idawsmlal, Rsmouka, Aît Jerrar, Aît Brayyim …tous passent par là pour régler leur vignette auto ! Les bousculades et les interminables queues font, tout au long du délai imparti, le décor des espaces de cette administration. Et l’opération peut prendre ainsi jusqu’une journée d’attente.  Cela laisse imaginer l’état de dépression et de surmenage dans lesquels se trouvent les préposés audit bureau, tout au long de cette opération de recouvrement, à cause des débordements et des ingérables flux dans ces lieux et qui doivent être servis en un temps limité. Surtout que la plupart des contribuables ont pris la mauvaise habitude d’attendre les derniers jours pour chercher à avoir leur vignette. Que faire alors pour être servi ? Pour la plupart des contribuables, il faut trouver une astuce pour se placer dans les premiers rangs, ou faire comme cet automobiliste de Tizghrane, qui a dû passer la nuit à Tiznit.  « Sinon, on peut passer toute la journée à attendre son tour qui n’arrive jamais », déclare-t-il.
D’autres préfèrent une autre débrouillardise. Ils recourent aux services de certains Khettafa (transporteurs clandestins) ou chauffeurs de taxis opérant dans les régions relevant de la province. Lesquels,  profitent de l’occasion pour proposer de vous procurer votre fameuse  « Labinette », comme on l’appelle en contrepartie d’une somme d’argent entre 100 et 300 DH, déterminée à la tête du client.  Une solution qui, malgré tout, connaît un grand engouement, permettant d’épargner à ces contribuables, longs déplacements, pertes de temps et désagréments des attentes. Bref, les automobilistes  qualifient cette situation d’anachronique. D’autant plus, arguent-ils, que les NTI, facilitant  les transferts de données administratives et permettant la décentralisation des traitements de telles opérations de paiement au niveau local, ne donnent aucune excuse aux responsables concernés. Sinon,  se demandent-ils, à quoi bon de procéder à l’informatisation  des administrations  centrales et régionales des impôts, à coups de grands efforts financiers pour cette opération ? Avant d’ajouter :«Pourquoi ne pas autoriser au bureau de perception des impôts  à Tafraout et dans les autres petites villes de la province,  d’encaisser cette taxe, comme les autres impôts perçus, tel l’IGR ? » Cela contribuera ainsi à décongestionner la direction des impôts à Tiznit et éviter aux contribuables tout ce calvaire.

IDRISS OUCHAGOUR
Lundi 24 Janvier 2011

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