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La Banque mondiale joint l'acte à la parole au Maroc




Des projets ont aidé des travailleurs non-qualifiés à renforcer leurs compétences et
à se reconvertir dans des secteurs à plus haute valeur ajoutée, tels que les nouvelles technologies et la maintenance


Dans la Banque mondiale, sa nouvelle directrice des opérations pour les pays du Maghreb, en l’occurrence Marie Françoise Marie-Nelly a, décidément, les dents longues. Ainsi, elle serait, bel et bien, déterminée à quitter le confort de son bureau pour en apprendre davantage sur les défis auxquels le Maroc est confronté en s'entretenant directement avec ses habitants.
«Je ne risque pas d'apprendre grand-chose sur le Maroc et de savoir ce que la Banque mondiale peut faire pour aider le pays à relever les défis auxquels il est confronté en restant assise derrière mon bureau toute la journée», a-t-elle déclaré à ses collègues dès les premiers jours qui ont suivi sa prise de fonction.
En effet, lors de sa première visite sur le terrain, Mme Marie-Nelly a été accueillie par une organisation de la société civile et a eu donc l'opportunité de s’entretenir avec diverses personnes de ce qu'il faudrait faire pour appuyer le développement du pays.
Au cours de son voyage, la nouvelle directrice des opérations pour les pays du Maghreb a ainsi pu écouter un large éventail de témoignages individuels pour comprendre ce dont les gens ont besoin pour résoudre leurs problèmes personnels spécifiques.
Dans ce sillage, le fondateur du Réseau marocain de l'économie sociale et solidaire, Abdeljalil Cherkaoui a expliqué : «L'un de nos objectifs est d'aider des organisations telles que la Banque mondiale à entendre ce que les gens disent sur le terrain concernant les obstacles au développement ainsi que sur l'efficacité des politiques mises en œuvre, lesquelles sont bien souvent décidées de manière très centralisée».
Et ce n’est pas tout. Un immigré subsaharien qui participe actuellement à un programme de coaching du REMESS pour créer sa micro-entreprise, programme également appuyé par la Banque mondiale, vient confirmer la donne en indiquant : « Nous avons besoin de davantage d'aides concrètes de ce type sur le terrain pour améliorer nos conditions de vie».
Dans la foulée, Mme Marie-Nelly a également visité une coopérative de femmes employées de maison. Ainsi, par le biais d'une formation professionnelle et de services de conseil, le REMESS a aidé ces femmes à créer une coopérative pour établir des normes de qualité et défendre leurs droits. «En tant qu'employée de maison, je me sentais isolée et je n'avais aucune structure vers laquelle me tourner lorsque j'étais victime d'abus ou d'exploitation », a fait savoir R'kia, l'une des membres de la coopérative soulignant qu’aujourd'hui, elle se sent plus en sécurité…
Mme Marie-Nelly a, aussi, partagé avec les membres de la coopérative et du REMESS un certain nombre d'exemples de réussites tirés de ses expériences passées en Afrique subsaharienne. Elle leur a ainsi parlé de projets qui ont aidé des travailleurs non-qualifiés à renforcer leurs compétences, ce qui leur a donné l'opportunité de se reconvertir dans des secteurs à plus haute valeur ajoutée, tels que les nouvelles technologies et la maintenance. «J'ai l'impression que nous avons beaucoup à apprendre les uns des autres », a-t-elle signalé tout en ajoutant: «Nous pouvons contribuer à généraliser à grande échelle les projets qui fonctionnent bien au niveau local, et ainsi bâtir un modèle de développement innovant, susceptible de constituer une source d'espoir, surtout pour les jeunes, qui cherchent par tous les moyens à mobiliser l'énergie et la créativité dont ils débordent.»
En outre, il est à préciser que les membres du Conseil d'administration du REMESS, qui représentent les différentes régions du pays, ont ensuite rencontré Mme Marie-Nelly pour lui parler de quelques-unes de leurs activités et des difficultés qu'ils rencontrent au niveau local. Cette réunion a été donc propice pour les deux parties d'échanger leurs points de vue et un certain nombre d'idées pour rendre leur collaboration plus efficace. Pour sa part, Mme Marie-Nelly a fait ressortir l'importance de donner la parole aux jeunes et de trouver des solutions pour favoriser leur participation à la vie économique et sociale du pays. « Les jeunes représentent une part importante de la société marocaine et ils méritent une plus grande attention de la part des acteurs de développement. Nous devons travailler main dans la main pour élaborer des programmes visant à leur donner plus de visibilité et davantage de perspectives », a-t-elle conclu.
Pour mémoire, le REMESS regroupe des associations nationales qui aident des populations marginalisées telles que les femmes n'ayant pas reçu d'éducation, les jeunes et les immigrés à s'intégrer dans le tissu socioéconomique du pays. Il collabore, dans ce sens, avec des coopératives, des centres de formation et d'autres initiatives locales à travers le pays pour bâtir des réseaux et fournir des formations à ces personnes, l'objectif étant de renforcer leurs capacités et, en fin de compte, leur influence au sein de la société.

Meys.B
Samedi 22 Août 2015

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