Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

La Banque mondiale fustige l'insuffisance de la réponse à Ebola




La Banque mondiale fustige l'insuffisance de la réponse à Ebola
La "réponse catastrophiquement inadéquate" apportée par le monde à l'épidémie de fièvre Ebola en Afrique de l'Ouest est responsable de nombreux décès qui n'auraient pas dû se produire, accuse le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, dans une tribune publiée lundi par le Washington Post.
"La crise qui se déroule sous nos yeux est moins liée au virus lui-même qu'à des préjugés mortels et mal informés qui ont conduit à une réponse catastrophiquement inadéquate à l'épidémie", affirme-t-il.
Plus de 1.500 personnes ont été tuées par la maladie en Afrique de l'Ouest, et l'épidémie en cours depuis février est la plus meurtrière depuis que le virus a été découvert en 1976 près de la rivière Ebola, sur le territoire de l'actuelle République démocratique du Congo.
Plus de 3.000 personnes ont été contaminées, essentiellement en Sierra Leone, en Guinée et au Liberia. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que le virus pourrait au final infecter 20.000 personnes de plus.
Le virus ne se transmet que par contact avec les fluides corporels d'une personne contaminée, mais des mesures drastiques sont nécessaires à son confinement.
"Un nombre inutilement élevé de personnes en meurent", ajoute Jim Yong Kim dans cette tribune co-écrite avec un professeur de l'Université de Harvard, Paul Farmer. Les deux hommes ont créé Partners In Health, une fondation qui se consacre à l'amélioration de la santé dans les pays pauvres.
La déliquescence des systèmes de santé publique a exacerbé la gravité de l'épidémie. Le Liberia, un des trois pays les plus touchés, ne comptait ainsi que 50 docteurs pour une population de 4,3 millions d'habitants avant la flambée épidémique, et de nombreux employés du secteur de la santé ont succombé à la maladie.
Les pénuries de biens de première nécessité et d'équipements médicaux se sont aggravées du fait de la décision prise par certaines compagnies aériennes de ne plus desservir les pays les plus touchés. Les fermetures de frontière ordonnées par des pays voisins de même que le rapatriement des expatriés de nombreuses organisations internationales ont également désorganisé le secteur de la santé.
Jim Yong Kim et Paul Farmer estiment que si les pays riches et les organisations internationales mettaient sur pied une réponse coordonnée avec les nations ouest-africaines basée sur les recommandations de l'OMS, le taux de mortalité du virus pourrait chuter à 20%, contre 50% aujourd'hui.
L'OMS a dévoilé la semaine dernière un plan d'action qui nécessiterait près de 490 millions de dollars (370 millions d'euros) pour mettre fin à l'épidémie. Ce plan comprendrait l'implication de personnel de santé par milliers et d'environ 750 experts internationaux. 
"Nous sommes à un moment dangereux. Des dizaines de milliers de vie, l'avenir de la région et les avancées difficilement obtenues de l'économie et de la santé de millions d'autres sont en jeu", écrivent-ils.
Illustrant le danger posé par des mesures inadéquates, un homme s'est échappé lundi d'un centre de quarantaine à Monrovia, la capitale du Liberia, et a provoqué la panique à son arrivée sur un marché alimentaire, a rapporté un journaliste de Reuters.
Le patient, qui avait un badge indiquant qu'il était porteur du virus, a finalement été maîtrisé par une équipe médicale en tenue de protection.
Au Nigeria, les autorités ont confirmé un dix-septième cas, le troisième à Port Harcourt, centre pétrolier où le virus a été acheminé par un homme qui a lui aussi échappé aux mesures de quarantaine mises en oeuvre à Lagos, première ville du pays touchée par la maladie le 20 juillet dernier. 
Le Sénégal est devenu vendredi le cinquième pays africain frappé par la maladie, avec la découverte d'un étudiant guinéen porteur du virus s'étant soustrait aux mesures de confinement dans son pays pour se rendre à Dakar.
"Les gens doivent savoir que ce garçon, n'eût été son été de santé, se trouverait devant un tribunal. On n'a pas le droit d'être porteur d'une maladie et de l'amener dans d'autres pays", a dit le président sénégalais Macky Sall à la télévision.
 

Reuters
Mercredi 3 Septembre 2014

Lu 92 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs