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L’intense activité sismique à Al-Hoceima et Nador plonge la population locale dans le désarroi

La position sur la carte confère à l’extrémité Nord du Royaume une activité sismique relativement importante mais plus ou moins modérée




Depuis quelques mois, des secousses telluriques, plus ou moins légères, secouent pratiquement au quotidien, pour ainsi dire, le Nord-est du Maroc semant la panique au sein d’une population déjà profondément traumatisée par des précédents dramatiques et notamment par ce séisme mortel d’Al Hoceima et région (Imzouren et Ait Qamra) en février 2004.  
Selon les spécialistes, ce phénomène est dû au fait que géographiquement cette région du Nord du Maroc a la particularité d’être située sur une zone de rencontres de deux plaques tectoniques, eurasienne et africaine. Cette position sur la carte confère à l’extrémité Nord du Royaume une intense activité sismique, d’où la sismicité relativement importante en nombre mais modérée subie ces derniers temps.
Des secousses de différentes magnitudes y sont donc régulièrement enregistrées dont une a été puissante, au petit matin du lundi 25 janvier et qui d’une de magnitude 6,3 (épicentre situé  à une soixante de km en mer méditerranéenne) avait été fortement ressentie jusque dans le sud de l’Espagne causant de lourds dégâts à plusieurs bâtiments, plongeant du coup les populations dans un profond désarroi aussi bien en Andalousie (Grenade, Malaga, Gibraltar) que dans le Rif à Nador, Al Hoceima, Tétouan, Mellilia et l’effet de l’électrochoc ayant été ressenti jusqu’à Casablanca et Rabat. Le séisme a été aussitôt suivi de plusieurs répliques, dont une a atteint une magnitude de 5,3.
Si ce phénomène, quant aux dégâts humain et matériel, n’a pas eu, et heureusement, de conséquences fâcheuses, c’est parce que, selon les sismologues, il s’est produit en mer, ce qui a atténué sa force de frappe. Cela ne l’a pas empêché cependant de causer quelques dégâts collatéraux et émotionnellement, il a provoqué angoisse et panique au sein d’une population déjà meurtrie.
Cette dernière devant l’intensification de l’activité sismique ne sait plus à quel saint se vouer. Dernièrement, à Al Hoceima, elle est descendue dans la rue pour manifester et exprimer tout son désarroi devant cette situation pour le moins inquiétante.
Cela se comprend aisément car la population a été traumatisée par un évènement pour le moins dramatique dont ce fameux séisme qui, dans la nuit du lundi 23 au mardi 24 février 2004, avait emporté dans la mort quelque 629 personnes et fait plus d’un millier de blessés. L'épicentre était situé à une vingtaine de kilomètres d’Al Hoceima dans les localités d’Imzouren et Ait Qamra, en zone montagneuse et qui, à l’époque, d’ailleurs, en avaient payé le lourd tribut en subissant les plus graves dommages de cette catastrophe aussi bien sur le plan humain que matériel.
Le séisme d’une magnitude de 6,3 à 6,5 sur l'échelle de Richter avait mis à nu des dysfonctionnements pour la plupart d’ordre infrastructurel auxquels on aurait pu remédier. Au jour d’aujourd’hui, force est de constater que bien des défaillances demeurent et pour lesquelles peu ou prou de solutions y ont été apportées depuis.
Les normes parasismiques quant aux constructions d’habitats, si depuis la catastrophe de 2004, ont été quelque peu réglementées ne sont toujours pas respectées en zones rurales et notamment dans la région qui avait été gravement touchée à Imzouren. Cette localité soit dit en passant, à une vingtaine de kilomètres, rivalise aujourd’hui en nombre d’habitants et en grandeur avec Al-Hoceima mais sans réel développement urbain; tout y reste dans la limite de l’anarchie. A Ait Qamra, c’est pire encore, les constructions en pisé résistent à une réglementation imposée mais pas effective pour la moindre pelle.
Les infrastructures routières viennent toujours à manquer dans cette région montagneuse, ce qui rendrait d‘éventuels secours moins efficaces car faute de routes, seules quelques pistes ont été renforcées et des villages demeurent toujours isolés. Les pluies rendant souvent impraticables les voies, le risque de voir d’autres catastrophes pour peu que la nature reprenne ses aises, demeure réel.
En ces deux derniers siècles, les épicentres enregistrés ont fait que le Royaume a été dessiné et partagé en trois zones sismiques, réparties comme suit : la zone atlastique (Moyen et Haut Atlas) la zone en question qui touche le Rif et le sud espagnol, actives à souhait et enfin ce que l‘on a appelé la zone Atlantique plus ou moins calme et qui va des Açores en longeant nos côtes jusqu’à Gibraltar en allant vers la Sicile. Elle a provoqué des séismes de magnitude pouvant atteindre plus de 7 degrés. Le tremblement de terre et le raz-de-marée de 1755 et le séisme de 1969 illustrent sa grande dangerosité.

Mohamed Jaouad Kanabi
Mardi 22 Mars 2016

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