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L’immobilier fait grise mine dans la cité des fleurs





La demande a fortement diminué et les clients se font de plus en plus rares. Les prix n’ont pas chuté pour autant



Les grues sont partout. Les lotissements poussent à perte de vue et des dizaines de panneaux publicitaires  meublent les boulevards vantant les mérites de tout achat de logement à Mohammedia. 
Pourtant, la réalité est autre. Le secteur de l’immobilier dans la cité des fleurs fait grise mine. Marché atone, demande qui tourne au ralenti … Aux dires des professionnels, la ville est entrée dans une phase d’asthénie. 
«La situation est calme. Le potentiel des logements vacants dépasse de loin l’offre. Les prix sont en chute. La baisse est estimée entre 10 et 20%. Le secteur vit une vraie crise qui dure depuis près de 18 mois», nous a indiqué Lecorni, agent immobilier à Mohammedia. Même son de cloche de la part d’Ahmed Charkoui, un autre agent immobilier  de la ville, qui a souligné que le secteur stagne comme jamais auparavant. «Aujourd’hui, la demande a fortement diminué  et les clients se font de plus en plus rares. Pourtant, les prix n’ont pas chuté pour autant», nous a-t-il expliqué. 
 «Le haut standing et le logement économique sont les segments qui dominent le marché. Le logement de milieu de gamme, fortement recherché par la classe moyenne, fait défaut», nous a précisé ce dernier avant d’ajouter : «Aujourd’hui,  le mètre carré coûte 13.000 DH au centre-ville et entre 8.000 et 9.000 DH dans les quartiers périphériques. Même dans les quartiers populaires, comme Al Alya, les prix affichés restent élevés et jugés au-dessus des moyens financiers de la classe moyenne qui cherche à acquérir des logements à des prix ne dépassant pas les 400.000 DH, soit 6.000 DH le m2».
Une situation qui trouve son explication, selon notre source, dans la bulle immobilière qui s’est emparée du marché depuis 2006 et dont les conséquences sont  ressenties jusqu’à aujourd’hui. « La situation a carrément changé à partir de 2006-2007. Les prix se sont envolés et le marché a été  dominé par les spéculateurs », nous a confié Ahmed Charkaoui.   Un avis que partage Lecorni qui estime que les prix ont pris l’ascenseur depuis 2004 avec une nette augmentation au fil des ans. « Cette situation   a été stabilisée en 2012 et en 2013, mais pas pour longtemps, puisqu’une crise s’en est suivie », nous a-t-il indiqué.
Selon les professionnels du secteur, la demande de logement vient en grande partie de personnes étrangères à la ville notamment des localités lointaines comme Khouribga.  Et pour cause : Le calme de la ville et ses plages sont fortement appréciés. « La clientèle est à 90% marocaine. Il faut compter également quelques clients venus des pays du Golfe et des Européens, mais ces derniers restent peu nombreux. Concernant les MRE, il y a quelques acheteurs, mais avec des petits budgets. Beaucoup d’entre eux cherchent à vendre  leurs logements vu les difficultés financières qu’ils rencontrent dans leurs pays d’accueil », nous a expliqué Lecorni. Mais il n’y a pas que le calme et la beauté  qui font de Mohammedia une destination privilégiée pour les personnes désireuses d’y acquérir un logement. Sa situation géographique en tant que point de passage entre Rabat et Casablanca et sa proximité des zones industrielles la rendent plus attrayante. S’étendant sur une superficie de 277 km2, elle se situe au centre de l’axe stratégique Kénitra-El Jadida auquel elle est reliée par la route côtière  et la route secondaire en sus de l’autoroute et d’une liaison ferroviaire à double voie.
En effet, la croissance spectaculaire de la ville s’est basée sur une forte immigration. Mohammedia se distingue par une croissance due à 70% à la migration.  Ainsi et avec un solde migratoire annuel de près de 3.700 personnes et un supplément annuel dû au mouvement naturel de 1.800 naissances, la ville a évolué avec un taux annuel moyen d’accroissement de l’ordre de 4%, faisant passer la population de 105.000 habitants en 1982 à plus de 170.000 en 1994 avant d’atteindre 334.560 personnes en 2006 et 370.529 actuellement. 
Pour certains experts, Mohammedia a toujours été une ville satellite ou un prolongement de l’agglomération casablancaise accueillant les populations incapables de se loger dans la capitale économique, ce qui traduit la pression foncière sur la ville des fleurs. Une grande partie de ces personnes ont été contraintes de se loger par leurs propres moyens  en faisant de l’auto-construction sur des terrains à faible valeur foncière.
Aujourd’hui et selon les professionnels du secteur, la demande est de plus en plus orientée vers les zones limitrophes de la ville où les prix sont relativement bas. «Une forte demande est enregistrée au niveau des localités limitrophes comme Mansouria et Louizia où le mètre carré coûte 6.500 DH», nous a précisé Ahmed Charkaoui. 
Pourtant, ces professionnels restent confiants. Selon eux, la crise actuelle est passagère et non pas structurelle. «Le marché reprendra sûrement des couleurs les mois prochains. En fait, la confiance des opérateurs immobiliers dans le marché de Mohammedia n’a pas été  égratignée», nous a révélé l’un des opérateurs immobiliers de la ville. Un optimisme que partage Lecorni qui pense que le secteur de l’immobilier reste porteur vu la demande accrue; particulièrement des Casablancais. Mais cet enthousiasme perd de son allant en ce qui concerne Manssouria et Louizia. «De vraies questions s’imposent pour la première qui ressemble aujourd’hui, plutôt à une colonie de vacances qu’à autre chose.  Quant à la seconde, elle attire peu de  monde vu la mauvaise qualité de ses infrastructures et la rareté des moyens de locomotion», a-t-il conclu.  





 

Hassan Bentaleb
Mercredi 29 Juillet 2015

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