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L'homme moderne est bien plus vieux qu'on ne croyait




L'homme moderne est bien plus vieux qu'on ne croyait
Selon des éléments découverts en Afrique du Sud, la culture moderne (impliquant l'émergence des activités de chasse et de cueillette) est plus ancienne que l’on ne pensait: non pas vieille de 10.000 à 20.000 ans, mais de 30.000 ans plus tôt, annoncent deux articles scientifiques publiés récemment.
Des trouvailles datant en effet d’il y a 44.000 ans, et caractéristiques de la population des chasseurs-cueilleurs San sont présentes en Afrique du Sud, rapporte le Christian Science Monitor. Les descendants des San vivant aujourd’hui en Afrique du Sud, ces trouvailles peuvent clairement être liées à la culture moderne. Lucinda Backwell, chercheuse sud-africaine, a précisé que ces trouvailles étaient les traces les plus anciennes du «comportement humain tel qu’il se manifeste aujourd’hui».
Les trouvailles sont en l’occurrence des bijoux, mais aussi des outils de chasse. L’AFP précise:
 «Le recours à des objets et techniques sophistiqués, comme de petits arcs et des flèches aux pointes en os enduites d'un poison à base d'acide ricinoléique, marque une profonde transition technologique et le passage de l'âge de pierre moyen à l'âge de pierre tardif, entre 44.000 et 42.000 ans en arrière.»
L’agence française explique que les trouvailles attestent d’une transition culturelle résultant «d'un processus interne à la communauté qui vivait dans la grotte et non de l'arrivée soudaine d'autres groupes humains».
La découverte renforce aussi une hypothèse, qui fait débat dans la communauté scientifique, rappelle le New York Times: celle selon laquelle l’homme moderne viendrait d’Afrique du Sud. Le quotidien interroge:
 «Des découvertes récentes établissent que les groupes d’Homo Sapiens arrivés en Europe il y a 45.000 ans avaient déjà atteint le degré de conscience, de créativité et de technologie des premiers peuples modernes.
Ce comportement venait-il d’Afrique après un développement progressif, ou était-ce une transition abrupte, passant par une transformation évolutionnaire profonde, peut-être causée par des changements de communication difficiles à prouver?»
Le paléoanthropologue Richard G. Klein, de Stanford University aux Etats-Unis, estime que les nouvelles recherches vont dans le sens d’un développement progressif venant d’Afrique (thèse qu’il soutient depuis le début). «Et je demeure convaincu, ajoute-t-il, que le changement de comportement, ou son évolution, souligne l’expansion réussie des Africains modernes vers l’Eurasie.»
Francesco d'Errico, chercheur du Centre national français de la recherche scientifique qui a mené l’équipe internationale de chercheurs lors des dernières recherches en Afrique du Sud, estime de son côté que ces trouvailles n’abondent dans le sens ni d’un scénario gradualiste, ni révolutionnaire, mais penche pour «un processus d’évolution non-linéaire».

Libé
Lundi 6 Août 2012

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