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L'émir du Qatar peine à s'affranchir du lourd héritage de son père




L'émir du Qatar peine à s'affranchir du lourd héritage de son père
Le Qatar, au centre d'un scandale lié à l'attribution du Mondial-2022 et mis à l'index pour sa politique de soutien aux islamistes arabes, peine à redorer son blason un an après l'abdication inattendue le 25 juin 2013 de l'émir Hamad Ben Khalifa Al-Thani et l'accession au trône de son jeune émir, Tamim Ben Hamad Al-Thani. Mais ce pays, toujours courtisé pour sa richesse gazière, pourrait à moyen terme rebondir en adoptant une politique "plus pragmatique" et en capitalisant sur l'expérience de sa diplomatie et de son levier médiatique, Al-Jazeera, dans un contexte régional en pleine mutation, selon des analystes. Ce richissime Etat gazier de près de deux millions d'habitants s'était imposé en acteur incontournable dans les crises régionales et en interlocuteur écouté en Occident, notamment à la faveur de son soutien aux islamistes propulsés au pouvoir par le Printemps arabe. A titre de rappel, une semaine à peine après l'accession au pouvoir du nouvel émir, le président égyptien, Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans et "soutenu politiquement et financièrement par le Qatar", était renversé par l'armée, alors qu'en Tunisie, le parti islamiste Ennahda, "un autre protégé du Qatar", se retirait du gouvernement après une expérience tumultueuse du pouvoir.
Or ce soutien a provoqué la colère de l'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, deux partenaires du Qatar au sein du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui voient dans la confrérie une sérieuse menace capable de renverser les monarchies de la région. En mars, ces deux pays et Bahreïn ont rappelé leurs ambassadeurs à Doha, dans une initiative collective sans précédent.
Cet isolement avait été précédé dès l'été 2013 par la reprise de l'initiative saoudienne dans le conflit syrien aux dépens du Qatar, principal financier de l'opposition armée en Syrie. Dans la foulée, l'image du petit émirat a été ternie par de virulentes campagnes dénonçant de mauvais traitements des migrants asiatiques sur des chantiers du Mondial-2022 et des soupçons de corruption concernant l'attribution en 2010 à Doha de l'organisation de la Coupe du monde. "Tant que le Qatar n'aura pas favorisé une entente avec ses voisins du CCG et tant qu'il continuera de parier sur un retour des Frères musulmans, il va encore payer le prix", prévient Abdelkhaleq Abdallah. Selon des experts, Cheikh Tamim est, depuis son accession au trône à l'âge de 33 ans, "dans une position inconfortable". "Il est tiraillé entre sa volonté d'avoir son propre style du pouvoir et la continuité de la politique de son père". 

AFP
Jeudi 26 Juin 2014

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