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L’élection présidentielle en Turquie sans réel suspense

Victoire toute probable de Recep Tayyip Erdogan en fin de semaine




L’élection présidentielle en Turquie sans réel suspense
Recep Tayyip Erdogan, l'homme fort de la Turquie, a toutes les chances de remporter l'élection présidentielle, pour devenir un chef de l'Etat à poigne avec pour ambition de renforcer les prérogatives de la magistrature suprême. Le Premier ministre islamo-conservateur, au pouvoir depuis 2003, n'a jamais caché qu'il souhaitait transformer le système parlementaire actuel en un régime semi-présidentiel, voire présidentiel. 
Le Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste) qu'il dirige avait demandé une réforme des institutions pour instaurer un régime présidentiel. Cette tentative avait toutefois échoué l'an dernier de même que celle de l'élaboration d'une nouvelle Constitution. S'il est élu dimanche pour un mandat de cinq ans dès le premier tour, comme le pronostiquent les sondages, Erdogan (60 ans) devra composer avec la Loi fondamentale rédigée sous la houlette des généraux après le putsch de 1980. 
La Constitution, qui confère des pouvoirs essentiellement honorifiques au chef de l'Etat, l'autorise néanmoins à rejeter des lois votées au Parlement ainsi qu'à convoquer des élections nationales et des conseils de ministres. "Le poste de président n'est pas un poste fait pour se reposer (...) Le peuple veut voir un président qui s'active et qui transpire", a lancé le candidat pendant sa campagne, affichant clairement qu'il entendait contrôler entre autres l'Exécutif. 
Cependant l'opinion publique turque semble largement hostile à un renforcement supplémentaire des prérogatives d'un dirigeant qui a remodelé les institutions de son pays, contrôlant le système judiciaire et les médias, et devenant ainsi le maître absolu de la Turquie. Pour l'en empêcher, les partis de l'opposition ont présenté un candidat commun: un érudit de l'islam au ton conciliant, Ekmeleddin Ihsanoglu, 70 ans, qui défend le système parlementaire et l'indépendance de la magistrature suprême. 
Les Kurdes, dont le vote pourra être décisif pour Erdogan qui négocie depuis deux ans une solution politique au conflit avec cette minorité, a aussi son candidat : le député Selahattin Demirtas. Selon le dernier sondage publié par la société privée Konda, Erdogan est en tête avec 55% des voix, suivi par Ihsanoglu 38% et Demirtas 7,5%. 
Bien qu'ébranlé au printemps 2013 par la fronde de nombreux Turcs qui lui reprochent son "autoritarisme" et sa "dérive islamiste", suivie en décembre par le scandale de corruption, Recep Tayyip Erdogan a réussi à remonter la pente en remportant les élections municipales de mars dernier. 
En douze ans, son gouvernement a remis le pays sur la voie de la croissance, obtenu le triplement du revenu moyen, ouvert aux classes populaires l'accès au système de santé, réorganisé les transports et mis au pas l'armée. 

AFP
Mardi 5 Août 2014

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