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L'économie d'une Catalogne indépendante, au cœur de la campagne électorale




La Catalogne s'enorgueillit d'être la plus riche des régions d'Espagne, celle qui exporte le plus et reçoit le plus de touristes. Une séparation de l'Espagne serait cependant sanglante économiquement, alertent certains, tandis que les indépendantistes assurent l'inverse.
Une Catalogne indépendante aurait, selon ses partisans, un PIB par habitant supérieur à la moyenne européenne, un excédent budgétaire de 11,5 milliards d'euros, une fiscalité plus légère et un meilleur système social.
Ces arguments semblent convaincre une grande partie des électeurs qui voteront lors des élections régionales du 27 septembre, destinées à renouveler le Parlement catalan et qui sont présentées par le chef de l'exécutif catalan Artur Mas comme un plébiscite pour ou contre l'indépendance.
Selon les derniers sondages, ils donneraient la majorité parlementaire aux partis scissionnistes, assez selon eux pour lancer le processus qui conduirait la région à quitter l'Espagne en 2017 au plus tard.
Mais la question divise les entreprises de cette région représentant 19% du PIB espagnol.
La principale organisation patronale, Foment del Traball, a émis des réserves "devant ce débat politique remettant en question l'appartenance à l'Union européenne".
D'autres associations, en particulier celles des patrons de PME, ont en revanche publié un manifeste pour l'autodétermination de la Catalogne, rejetant les "peurs, craintes et ingérences" des milieux économiques.

L'impact sur
les exportations

Jusqu'ici, la plupart des entrepreneurs restaient silencieux face aux projets indépendantistes du gouvernement régional. Mais à l'approche du scrutin du 27 septembre, des voix ont commencé à s'élever.
Ainsi, José Luis Bonet, directeur des caves Freixenet, leader mondial des vins mousseux, a affirmé à l'AFP : "Une déclaration unilatérale d'indépendance serait un désastre pour l'économie catalane".
Une sortie de la Catalogne de l'UE obligerait son entreprise, qui exporte 80% de sa production, à payer des droits de douane. "Cela veut dire des prix plus élevés, un risque clair de perte de marchés", résume-t-il en s'inquiétant pour le sort de ses 1.200 salariés.
Mais Ramir de Porrato, fondateur d'une PME technologique qui exporte la plupart de ses produits, ne croit pas à une sortie de l'UE car "l'Espagne serait la première touchée".
Pour lui, l'indépendance "est une énorme opportunité". "Actuellement, nous avons un manque criant d'infrastructures, ce qui affaiblit les exportations. Beaucoup de vols passent par Madrid, les impôts qu'on verse partent tous ailleurs en Espagne. Et nous alors ?", se plaint-il.
Un nouvel État catalan investirait dans ces infrastructures réclamées depuis longtemps dans la région, comme les chemins de fer ou les autoroutes, assure-t-il.
"Mes produits arriveront plus vite et pour moins cher, je serai plus compétitif, je pourrai gagner plus et créer plus d'emplois".

Le désastre
de la dépendance

Le dynamisme de l'économie catalane vient en grande partie de ses exportations, principalement automobiles, chimiques, agroalimentaires et de biens d'équipement.
En 2014, elles se sont élevées à 60,2 milliards d'euros (25,1% du total espagnol). Mais elles dépendant beaucoup du marché espagnol (41,3% de ces ventes).
L'économie catalane pourrait pâtir d'une éventuelle sécession, avertit un rapport du ministère des Affaires étrangères espagnol, chiffrant les pertes à 10 à 20% du PIB catalan.
Et ces estimations ne tiennent pas compte des effets "sur la sortie de capitaux et l'instabilité financière", prévient le rapport.
Les craintes contrastent avec l'optimisme des indépendantistes, mus par un sentiment d'injustice fiscale et de délaissement par Madrid, aggravé par la crise, résumé par un lapidaire "L'Espagne nous vole".
Selon les comptes du gouvernement régional, la région perd chaque année 15 milliards d'euros en impôts payés à l'État qui ne lui reviennent pas en investissements et prestations sociales. D'autres études parlent de seulement 3 milliards.
La coalition d'Artur Mas, Junts pel Sí (Ensemble pour le oui), est persuadée que la Catalogne pourra rester dans l'Union européenne, a minima, de l'Espace économique européen, puisque cette sortie serait aussi néfaste pour l'Espagne et l'Europe.
"N'oublions pas que 70% des marchandises espagnoles qui partent en Europe par voie terrestre passent par la Catalogne", a rappelé Oriol Amat, économiste et candidat de cette coalition.

Mardi 15 Septembre 2015

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