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L’assainissement du climat politique au centre des consultations avec l’Intérieur : Elections anticipées : la date du 7 octobre semble compromise




Pas de quartier pour le personnel politique qui s’est interdit (ou presque) de prendre des vacances. Hormis quelques escapades –très courtes- programmées avant les festivités de la Fête du Trône pour les ministres, les politiques ne se sont pas arrêtés et multiplient les réunions avec Taïeb Cherkaoui, le ministre de l’Intérieur et grand ordonnateur des prochaines élections législatives anticipées.
Après un mois de juillet sur les chapeaux de roue, ce mois de Ramadan est résolument studieux pour les partis. « La préparation d’élections anticipées pour donner du sens et un contenu à la Constitution que les Marocains ont adoptée le 1er juillet dernier est loin d’être un long fleuve tranquille. Il faut aboutir à des accords, parvenir à des consensus. Ce qui est loin d’être une partie facile. A cela il convient d’ajouter le nécessaire assainissement du champ et du climat politiques qui se pose comme un préalable au rendez-vous électoral », explique ce dirigeant usfpéiste.
L’assainissement du champ politique était justement au cœur de la réunion tenue, vendredi, par le ministre de l’Intérieur, avec les partis. Des échanges aigres doux, « mais sereins », affirme un leader joint au téléphone, entre leaders de la majorité et de l’opposition sur l’amélioration du climat politique avant d’aller battre la campagne. « C’est aussi la volonté de l’Intérieur. Sans entrer dans le détail ou s’engager à opérer un quelconque mouvement de responsables territoriaux, Taïeb Cherkaoui défend lui aussi la thèse de l’assainissement du champ politique », confie un dirigeant politique de gauche présent à la rencontre du vendredi 5 août et au cours de laquelle les leaders politiques se sont vu remettre le projet de texte relatif à la révision des listes électorales.
 
« Sauter dans la piscine de la démocratie en djellaba ! »
 
Question : les élections législatives anticipées pourront-elles avoir lieu le 7 octobre prochain, une date qui avait été avancée par la presse sur la base de fuites plus ou moins organisées ? Officiellement, aucune date n’a jamais été avancée, y compris dans le discours du Trône où le Souverain avait appelé au renouvellement de la Chambre des députés dans les plus brefs délais tout en demandant aux partis d’adopter au plus vite un agenda. « Il y a une méthode Cherkaoui qui consiste à ne pas établir d’agenda, à demander l’accélération du rythme de la préparation des différents textes, à clarifier les zones d’ombre et résoudre les problèmes en suspens. En gros, le ministre de l’Intérieur veut que les partis convergent par la qualité du consensus vers une date de la tenue des élections qui est elle-même consensuelle. Après que la classe politique a admis le principe d’élections législatives, admis que de telles élections devraient avoir en lieu en tout cas avant la fin de l’année, nous sommes passés à la deuxième étape relative au rythme de préparation et à la qualité des textes et des mesures qui seront adoptés. En tout cas, pour moi, cette consultation électorale ne dépassera pas le mois de novembre. Nous sommes un pays agricole ! », fait valoir ce cacique du parti de la Rose.
Sur les bancs de l’opposition, on est formels : impossible d’organiser des législatives anticipées d’ici le mois d’octobre. Les délais sont trop courts. La loi est claire : l’organisation d’un scrutin électoral doit être annoncée 45 jours avant sa tenue. Autrement dit, si les législatives devaient avoir lieu le 7 octobre prochain, annonce devrait en être faite ce 21 août. Nous ne serons jamais prêts d’autant qu’il y a trop d’hésitation du côté du ministère de l’Intérieur qui n’a pas l’habitude de ces contraintes imposées par la nouvelle Constitution. On veut sauter dans la piscine de la démocratie en djellaba !  », s’exclame ce député du PJD avant de fustiger « un gouvernement et un premier ministre aux abonnés absents ».
C’est la même incertitude qui semble avoir gagné ce lundi matin plusieurs responsables de la majorité. Organiser des législatives avant la rentrée parlementaire est plus que compromis, nous ont affirmé des partis de la majorité gouvernementale. « Elles seront très probablement décalées de quelques semaines, en novembre. Il ne faut surtout pas perdre de pluie la saison des pluies. Les zones enclavées sont complètement inaccessibles en hiver », rappelle cet Uspéiste blanchi sous le harnais.
Une session extraordinaire du Parlement devrait avoir lieu dans les prochaines semaines pour adopter tous les textes devant conduire aux élections. Là encore, les partis donnent leur langue au chat : au jour d’aujourd’hui personne ne sait quand elle aura lieu. En attendant, une chose est pratiquement sûre. Ce deuxième vendredi d’octobre, la rentrée parlementaire aura lieu avec les députés sortants. « Selon une disposition de la nouvelle Constitution, les institutions actuelles assurent la transition jusqu’à l’élection de nouvelles», conclut ce parlementaire battant pavillon Rassemblement national des indépendants. 

Narjis Rerhaye
Mardi 9 Août 2011

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