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L’amendement de l’article 475 du Code pénal va-t-il contribuer à changer les mentalités ?

Tant que des familles ou des victimes ne porteront pas systématiquement plainte contre les violeurs, la suppression de cet article ne servira à rien.




L’amendement de l’article 475 du Code pénal va-t-il contribuer à changer les mentalités ?
Un simple fait divers mais qui interpelle à plus d’un titre. Une jeune fille mineure a été admise récemment dans un hôpital à Marrakech après avoir été sauvagement violentée et blessée par son mari auprès de qui elle ne supportait plus de vivre. Leur mariage, datant d’une année, est intervenu suite à un viol. Tous ces éléments nous rapprochent indéniablement de l’article 475 du Code pénal. Après presqu’une année de l’abolition du 2ème alinéa de ce texte qui faisait scandale, puisque permettant au violeur d’épouser sa victime, les changements sont-ils perceptibles sur le terrain? «Pas tant que cela», s’est empressé de nous préciser Me Boubker Belmaati, avocat au barreau à Rabat. 
Selon lui, «l’application des textes juridiques souffre parfois de difficultés liées surtout aux mentalités» et d’ajouter que celles-ci « ne suivent pas toujours les changements de la loi. Elles demeurent ostensiblement sclérosées se nourrissant de tabous et se souciant du seul qu’en dira-t-on». Preuve en est, seules quelques affaires sont rapportées par les médias et présentées devant les tribunaux. Une situation que déplore profondément notre interlocuteur. Pour lui, « tant que des familles ou des victimes ne porteront pas systématiquement plainte contre les violeurs pour «éviter le scandale» ou la «honte», la suppression de cet article n’aura servi à rien. Le recours aux mariages de réparation est une alternative qui s’impose d’elle-même. Cette réalité est plus criante dans les campagnes qui constituent parfois le terreau de tous les maux : pauvreté, manque de conscience, analphabétisme. Résultat, on préfère laver son linge sale en famille. « Bien évidemment, ce sont ces jeunes filles qui sont les premières victimes à déplorer. Les seules à payer le prix de toute cette ignorance qui les accule à supporter le calvaire de leurs tortionnaires», n’a pas manqué de relever Me Belmâati.  L’occasion pour notre interlocuteur de saluer le travail des ONG. « Elles se constituent automatiquement partie civile dans ces affaires de viol ou de violence en général. Mais ce n’est jamais suffisant. Il faut redoubler d’efforts, sensibiliser les citoyens à leurs droits et lever toutes les ambiguïtés. C’est un travail de longue haleine  En somme, peut-on envisager de faire tomber les murs de cette «vaste prison» afin que les femmes puissent intégrer la société en tant qu’individus et non comme emblèmes de l’honneur de la famille? A méditer.  

Nezha Mounir
Mercredi 12 Novembre 2014

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