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L’affaire Zalagh Holding fait des remous

Le ministère de l’Environnement appelle au respect de la santé des populations




L’affaire Zalagh Holding fait des remous
Il le fallait. L’affaire a atteint un seuil, au point de perturber la vie des citoyens. Le ministère chargé de l’Environnement ne pouvait pas rester indifférent à un dossier qui le concerne directement. Par voie de courrier officiel, le département chapeauté par Hakima Hiti a appelé le gouverneur de la province de Khemisset à intervenir pour arrêter une activité industrielle avicole. La raison invoquée dans le même courrier n’est autre que le «danger que ce genre d’activités représente pour les populations …». 
L’engagement du département chargé de l’Environnement s’est manifesté après la plainte adressée par un député de la région, sur une motion de plusieurs habitants relevant de la commune de Tiddas. Ces gens s’opposent farouchement à l’initiative de la société « Atlas Couvoirs », filiale du groupe Zalagh Holding, à travers laquelle, elle veut étendre ses activités industrielles avicoles, sur un terrain de football.
De quoi s’agit-il exactement ? C’est un projet que l’une des filiales de Zalagh Holding a créé près des modestes foyers des douars de Ristou et des Aït Boumska. Des pétitions sont signées par des centaines de personnes pour protester contre la pollution de l’air et de l’eau, ainsi que les nuisances sonores et la mortalité du bétail.
Les odeurs dégagées par l'unité de production située au milieu du village à quelques dizaines de mètres de l'école primaire, provoquent une grande gêne pour les habitants et les enfants, affectent leur santé et les empêchent d’avoir une scolarité normale dans un environnement sain. 
Une Coalition associative est déjà mise en place, et revendique l’arrêt immédiat des nouvelles unités et le réexamen de l'ensemble du projet en vue de préserver la santé et la sécurité des enfants et de la population, et de s’assurer que ni la qualité du sol de la région ni ses eaux souterraines n’en seraient affectées. 
Mais pourquoi les habitants ont-ils tardé à protester contre un tel projet ? Mohamed Ajerrare, porte-parole de la Coalition civile,  explique que « l’on avait laissé entendre que la région allait connaître l’installation d’un projet de «mortadelle» et que les autorités avait fait comprendre aux habitants que ledit projet n’avait aucun impact négatif sur la santé, d’où l’approbation générale ».
Le grand projet comporte 24 unités de production. Jusqu’à présent, l’entreprise a mis en place 9 unités, et 6 autres sont en cours d’installation mais suscitent polémique.
En 1997, l'OMS (Organisation mondiale de la santé) tire la sonnette d'alarme: "L'utilisation excessive des antimicrobiens, notamment pour stimuler la croissance des animaux destinés à la consommation humaine, expose l'homme à un risque sanitaire croissant qu’il faut diminuer. [...] L'utilisation excessive des antimicrobiens dans la production des animaux d'élevage a pour conséquence en santé publique l'apparition d'agents pathogènes résistants susceptibles d'être transmis à l'homme par la chaîne alimentaire".
Une étude française publiée en 2011 dans la revue américaine Journal of Infections Diseases avait averti de l'existence dans certaines unités avicoles marocaines, d'une nouvelle race de bactéries plus coriaces que les salmonelles. Les chercheurs français ont exprimé la crainte de la propagation de la salmonellose aviaire qui pourrait avoir pour origine l’usage d'antibactériens appelés fluor quinolones, utilisés dans la production de poulet et de dinde. 
Si la loi marocaine régissant le secteur (49/99) ne fixe pas de distance qui doit séparer ce type d’unité de production des agglomérations d’habitation et des établissements scolaires, d’autres pays ne prévoient pas moins de 10 km. D’ailleurs, la FAO recommande l’implantation des unités d’élevage intensif d’animaux et des unités avicoles dans des zones éloignées des agglomérations.
 Il convient de rappeler qu’à la suite de la publication, sur nos colonnes, le lundi 7 avril 2014,  d’un article sur la question, Zalagh Holding nous avait adressé, une semaine plus tard, un courrier dans lequel il avait précisé qu’«aucun élément probant n’a permis de conclure» que ses activités «ont un effet nocif sur la santé des populations avoisinantes et sur l’environnement de la région». Ces activités, a ajouté la même source, «sont conduites conformément aux conditions techniques, hygiéniques, sanitaires et environnementales liées à la production avicole, telles que régies par les législations et réglementation  marocaines en vigueur, mais aussi selon les exigences internationales relatives au mode de gestion des activités avicoles préconisées par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)». Ce qui semble faux au regard de la lettre que le ministère délégué auprès du ministre de l'Energie, des Mines, de l'Eau et de l'Environnement, chargé de l'Environnement,  vient d’adresser  au gouverneur de la province de Khemisset pour qu’il intervienne en vue d’arrêter l’activité de cette entreprise. 

Mustapha Elouizi
Samedi 24 Mai 2014

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