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L’abstentionnisme et Bouteflika principaux acteurs d’une présidentielle jouée d’avance

Les dés seraient pipés, un soupçon de fraude planant sur le scrutin




L’abstentionnisme et Bouteflika principaux acteurs d’une présidentielle jouée d’avance
Près de 23 millions d’Algériens sont appelés aujourd’hui aux urnes pour les élections présidentielles. Parmi les six candidatures validées par le Conseil constitutionnel, deux se dégageaient du lot : le président sortant Abdelaziz Bouteflika (FLN-RND) et Ali Benfliss, 69 ans et sans parti. 
Le premier, 77 ans et encore quelques dents contre certains, brigue un quatrième mandat et est bien parti pour se succéder à lui-même, malgré un état de santé fragile et invalidant qui lui confère le rôle d’une figurine burlesque articulée par l’ombre de la puissance militaire en Algérie. Qu’à cela ne tienne ! Il en est d’ailleurs, de tous les présidents passés, (Ben Bella, Boumedienne, Chadli, Boudiaf) celui qui détient le record de longévité à la tête du pays puisqu’il y est depuis 1999. C’est dire s’il fait l’affaire des généraux aux commandes du pays !
Le second, un ancien Premier ministre se présente en indépendant et à l’image des autres candidats, Louiza Hanoune (Parti des travailleurs), Abdelaziz Belaïd (Front El-Moustakbal), Moussa Touati (FNA) et Ali Faouzi Rebaïne (Ahd 54), il ne devrait faire que de la figuration et ce malgré une grande popularité et un statut de bon favori.  Mais voilà, la fraude électorale est le principal parti de l’Algérie. En favoriser le candidat du système fait partie du déroulement normal des scrutins. Selon toute vraisemblance, les opérations qui seront effectuées aujourd’hui, lors de l’élection, devraient donc, permettre à « Boutef » de prolonger un peu plus son déjà long séjour à El Mouradia sans souci aucun au risque qu’au-delà des frontières, la guignolade ne prête à une appréciation erronée de la démocratie en Algérie. 
Celles justement, fermées de l’Ouest, se sont invitées tout naturellement aux débats lors de la campagne électorale qui s’est achevée dimanche dernier. Deux candidats, Ali Benfliss et Louiza Hanoune ont ardemment réclamé leur ouverture. L’ex-Premier ministre ayant même, dans sa vision d’une construction du Maghreb, mis la priorité à la libre circulation de personnes avec des cartes d’identité et de passeports communs à l’instar d’autres ensembles régionaux. 
Une question que le président absent et pourtant si présent dans la campagne électorale, par « Pathé Marconi » interposé, balaye de sa main valide. Boutef place plutôt parmi ses actes prioritaires celui qui fâche, en promettant à qui saurait l’entendre que l’Algérie appuierait les séparatistes à bâtir un Etat au Sahara. 
On l’aura compris, le statu quo et l’entêtement du côté de l’Est sont de rigueur et croire à un changement pour nous autres, relève de l’utopie. 
D’ailleurs, les Algériens ne s’y trompent guère. Bon nombre d’entre eux désabusés et plus préoccupés par un quotidien difficile que par la politique s’abstiendront de voter ce jeudi, ni en Kabylie, ni dans la vallée du Mzab où l’absence d’un Etat de droit a plongé Ghardaïa dans la terreur.  

Mohamed Jaouad Kanabi
Jeudi 17 Avril 2014

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